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LA PORTE

La porte romano-ogivale ne connaissait que le plein cintre. La porte gothique primaire ne connaît que Tare en ogive. Occupant toute l’épaisseur du mur, elle va en s’ébrasant de l’intérieur vers l’extérieur et est ornée de colonnettes avec chapiteaux, bases et socles.

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

Fig. 127. Arcature et écoinçons ornés du portail d’entrée du transept sud de l’église de Sainte- Gudule (fin du xiii® s.).

Les portes gothiques primaires sont extrêmement rares en Belgique.

Il en existe cependant une à Bruxelles qu’on remarque rarement, parce qu'elle est masquée par un porche élégant. C’est la porte d’entrée primitive de la collégiale de Sainte- Gudule vers le transept sud (fig. 129). On sait que non seulement le chœur, mais aussi la partie du transept formant équerre avec les murs du chœur, appartiennent à la construction gothique primaire et datent par conséquent de la seconde moitié du xiii^ siècle.

La porte d’entrée est intéressante par sa structure d’abord, par sa décoration florale ensuite. Elle est prise tout entière dans l'épaisseur du mur et l’architecte en a accentué le caractère monumental en la recouvrant, non d'un linteau et d’un tympan massif, mais d'une voûte élégamment construite qui en fait un véritable portail. Quatre colonnes la délimitent et sur ces colonnes retombent les nervures de la voûte. Si les colonnes ont une base à double tore et un socle circulaire qui rentrent complètement dans la catégorie des bases que nous trouvons dans le chœur, la décoration du chapiteau des feuilles stylisées et

s’éloigne sensiblement enroulées traditionnelles. Elle marque un progrès sensible dans la sculpture. Cette fois, l’artiste s’est plu à sculpter sur la corbeille un élégant feuillage.

Les parois du portail sont décorées d’une arcature qui fut malheureusement tronquée au

Fig. 128. Chapiteau de la colonnette d’angle de la porte du transept sud de l’église de Sainte-Gudule, vers l’intérieur (fin du xiii^ siècle).

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

xv® siècle, lorsqu’on construisit devant le transept le superbe porche que nous y voyons aujourd’hui (fig. 127). A’Icette époque remonte aussi, sans doute, la reconstruction de la voûte, dont les moulures affectent la forme prismatique. Les retombées assez maladroites de l’ogive sur les chapiteaux des colonnettes d’angle prouvent que l’arc doit avoir été refait.

L’ogive de l’arcature est faite d’un tore et dans les écoinçons le sculpteur a semé, d’un côté, une série de feuilles de

Fig. 130. Vue intérieure de la porte du transept sud de l’église de Sainte -Gudule (fin du xiii® siècle).

trèfle, de l’autre, des roses. Un corbeau placé dans l’angle reçoit la retombée de l’ogive.

esila vue intérieiire de cette porte du XI siècle. Deux ogives la recouvrent, s’appuyant d’un côté, sur des colonnettes d’angle, de l’autre sur un montant ou piédroit central qui a disparu. Ce détail nous permet de reconstituer la forme primitive de la porte, qui était divisée par un trumeau en deux parties (fig. 130). Le chapiteau est fleuri (fig. 128) et dans les écoinçons un élégant feuillage.

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