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II. CONTREFORT ET ARC-BOUTANT

I® Le contrefort. Comme c’était le cas déjà dans le style gothique secondaire ou rayonnant, le contrefort est extérieur ou intérieur.

A. Le contrefort extérieur. Le contrefort ressemble, au point de vue de sa structure générale, à celui du style gothique rayonnant. Comme celui-ci, il se compose de plusieurs étages, légèrement en retraite l’un sur l’autre, mais il est plus riche de décoration. Il a sa face antérieure ornée de niches, de socles, de dais et de pinacles, et cette ornementation devient d’autant plus abondante que le style flamboyant entre plus avant dans la phase fleurie.

L’église du Sablon nous offre des exemples remarquables de contreforts extérieurs du type flamboyant, au chœur d’abord, à la façade principale ensuite. Celui du chœur appartient à la première époque du style gothique tertiaire (fig. 209), celui de la façade principale à la dernière époque (fig. 210).

Le contrefort de la fig. 209 compte cinq étages. A partir du deuxième étage, il se rétrécit considérablement et sur le ressaut l’artiste a établi une élégante niche avec colonnettes d’angle, pinacles, trilobé intérieur, gable à rampants surmonté d’un fleuron puissamment modelé. Le quatrième étage, plus étroit encore que le troisième, a sa face antérieure ornée d’une sorte de pinacle à parois épannelées, soutenant une niche plus petite que la première. Tout en haut, à la naissance de la balustrade, deux gargouilles, et enfin, comme couronnement suprême, un gracieux clocheton, dont l’aiguille est décorée de feuilles de chou frisé et le sommet d’un fleuron.

L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE

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La fig. 163 donne une vue d’ensemble du chœur et de ses contreforts.

La façade principale de l’église du Sablon est flanquée de contreforts d’une très grande J richesse [(fig. [186 pour la vue d’ensemble et fig. 210 et 21 1 pour les détails). Ils appartiennent au début du xvi® siècle (1520 environ), par conséquent à une époque où l’architecte prend plaisir à multiplier les dais, les niches, les socles, les arcatures et les pinacles.

La fig. 21 1 donne une idée de la décoration maniérée des masses.

On y trouve des niches simulées, recouvertes d’un arc fait de courbes et de contre-courbes, orné de feuilles de chou frisé aux contours tourmentés, d’un immense fleuron et de festons qui forment à l’intérieur une sorte de lambrequin, prélude des guirlandes de fleurs et de fruits qui orneront l’intérieur des arcs Renaissance.

Dans la partie inférieure, un socle épannelé et entouré d’une couronne de feuillage délicatement ouvragé. D’autres niches se succèdent tout le long du contrefort, les pinacles se multiplient et tout en haut domine un pinacle unique, véritable clocheton aux parois ajourées, à la flèche richement ornée.

Fig. 209. Contrefort du chœur de l’église N.-D. des Victoires au Sablon.

(Début du XV® siècle.)

LE STYLE GOTHIQUE TERTIAIRE

B. Contrefort intérieur. Nous avons expliqué plus haut (p. 139) le système des contreforts intérieurs. Ceux - ci ne sont rien d’autre que les murs séparatifs des chapelles qui bordent les bas-côtés. A l’extérieur, il n’y a plus qu’un simple pilastre. Au xiv® siècle, ce pilastre part de la base et se termine à la naissance des gâbles (fig.

150). Au siècle suivant, à la période flamboyante , sa saillie n’occupe plus toute la hauteur du mur.

Elle ne se manifeste qu’à partir du glacis des fenêtres, comme le collatéral gauche de Sainte- Gudule nous en fournit un exemple frappant (fig. 212), ou bien même, toute trace extérieure a disparu, comme à l’église de N.-D. de la Chapelle 214).

La fig. 213 reproduit une travée de l’église de N.-D. au Sablon. On y reconnaît aisément la nef centrale délimitée par des colonnes cylindriques, les collatéraux marqués par des colonnes en fais-

Fig. 210. Contreforts de l’entrée principale de l’église de N.-D. des Victoires au Sablon. (Première moitié du xvi® s.)

ceau, enfin les bas-côtés extrêmes. A la différence de l’église de Saint e-Gud nie (fig. 149) et de l’église de la Chapelle (fig. 57), les murs séparatifs des chapelles latérales ne sont pas pleins, mais évidés et recouverts d’un arc, de sorte que ce bas-côté extrême ressemble à une galerie. Du côté extérieur, un pilastre, peu marqué au rez - de - chaussée, plus saillant aux trumeaux des fenêtres (fig. 167).

Comme le contrefort, le pilastre est surmonté d’un pinacle (fig. 212).

2® L’arc-boutant. Partie essentielle de la construction gothique primaire et secondaire, l’arc-boutant tend à disparaître, ou tout au moins perd de son importance dans les édifices du XV® siècle. Dans beaucoup de monuments de cette époque, même de premier ordre, on s’est contenté de construire des contreforts puissants et massifs, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur, comme à l’église

Fig. 21 1 (v. p. 194). Détail de la paroi épannelée du contrefort de l’entrée principale de l’église de N.-D. des Victoires, au Sablon. (Première moitié du xyi^ siècle.)

Fig. 212. Pilastre-contrefort du collatéral gauche de l’église de Sainte-Gudule. (Seconde moitié du|xve ^siècle.) Comparer à la fig. 150.

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de N.-D. de la Chapelle qui fut achevée dans la seconde moitié du xv® siècle. Elle ne connaît plus le système des arcs-boutants (fig. 92). A l’église du Sablon, des arcs-boutants relient encore, il est vrai, les bas-côtés à la nef centrale, mais ils n’ont déjà plus l’importance des arcs-boutants de la période antérieure.

Fig. 213. Travée de l’église de N.-D. des Victoires (xv® siècle).

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