TOIT, CORNICHE, BALUSTRADE, GARGOUILLE, PINACLES, CRÊTE
La disposition de la toiture est la même que dans la période précédente.
Les balustrades ou garde-corps sont d’un dessin riche et varié, surtout dans la dernière période du style flamboyant, à la fin du xv® et au début du xvi® siècle.
La balustrade du chœur de l’église de N.-D. des Victoires au Sablon est un modèle du genre. Chacune de ses divisions est ornée d’un dessin différent (fig. 163, p. 146 et détail à la fig- 235)-
Les balustrades que nous présentent les fig. 235 à 237, nous permettent de juger de leur élégance et de leur variété. Si la fig. 229 rappelle encore la balustrade du style gothique rayonnant, la fig. 235 offre un dessin flamboyant déjà nette-
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Fig. 229. Balustrade flamboyante de l’église de N.-D. de la Chapelle (xv® siècle).
Fig. 230. Porte centrale, de style flamboyant, de la façade principale de l’église de Sainte-Gudule (vers 1490).
Fig. 231. Porche flamboyant du transept sud de l’église de Sainte-Gudule. . (Fin du xv® siècle.)
Fig. 232. Le porche sud de l’église N.-D. au Sablon Fig. 232bis. Même porche après la restauration
avant la restauration (xv® siècle). par M. Van Ysendyck en 1907.
Fig. 233. Église de N.-D. de la Chapelle. La nef et les collatéraux sont du XV® siècle. La tour fut élevée de 1504 à 1508, avec clocher de 1708.
Fig. 234. Sacrarium de l’église du Sablon (1549). Type de style gothique fleuri. Dessin géométral par Maurice Van Ysendyck.
LE STYLE GOTHIQUE TERTIAIRE
Fig. 235. Balustrade flamboyante de l’église N.-D. au Sablon (xve siècle).
ment accusé. Le type de la fig. 236 est curieux. On y voit la lettre K. C’est l’initiale de Karolus, prénom de l’archiduc Charles qui devint empereur sous le nom de Charles- Quint. Cette balustrade appartient à la toiture de la nef centrale de l’église de Sainte- Gudule. Le trèfle de la balustrade de la chapelle du Saint- Sacrement de la même église est d’une rare élégance (fig. 237).
Fig. 236. Balustrade flamboyante, décrivant la lettre K (Karolus) de la grande nef de l’église de Sainte-Gudule (Début du xvi® siècle).
Les garêouilles, entièrement allongées, offrent la même variété que les balustrades. Comme précédemment, elles ont l’aspect d’animaux fantastiques.
Les pinacles, que les constructeurs du xv^ siècle se plaisent à multiplier, sont plus ornés que dans le style gothique
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
Fig. 237. Balustrade flamboyante de la chapelle du Saint-Sacrement à l’église de Sainte-Gudule (1539).
rayonnant. Ils se distinguent de ceux de l’époque secondaire par les dimensions et l’abondance des feuilles rampantes et déchiquetées qui garnissent les arêtes de leur aiguille, et aussi par la grandeur du fleuron qui leur sert d’achèvement. Leurs parois sont épannelées, à trilobé gothique ou même cintré déjà (fig. 241). Chaque face est surmontée d’un petit gâble triangulaire et aux quatre angles s’élèvent quatre pinacles en miniature. A la dernière période du style flamboyant, les gâbles du pinacle sont, non plus triangulaires mais en accolade (fig. 242).
Les pinacles sont isolés ou appliqués. Isolés, ils surmontent les contreforts, les balustrades et les niches; simulés ou appliqués, ils décorent les murs et aussi les contreforts.
Fig. 238. Frise extérieure du sacrarium avec la date ano XVo XLIX.
comme nous le remarquons à la façade principale (fig. 186) et au transept sud (fig. 233) de l’église du Sablon.
Les culs-de-lampe et les dais constituent un autre ornement familier à l’architecture ogivale flamboyante.
La niche est un enfoncement plus ou moins profond, pratiqué dans l’épaisseur d’un mur ou d’un contrefort dans le but d’y placer une statue. Rare au xiii® siècle et même
LE STYLE GOTHIQUE TERTIAIRE
encore au xiv®, elle se multiplie au xv® siècle et fait partie intégrante du système décoratif de cette époque.
Les culs-de-lampe sont destinés à soutenir des statues, dans l’espèce des statues de saints et non de personnages laïques. Ils sont d’une très grande variété. Au xv® siècle, on y voit figurées de préférence des scènes historiées, des personnages accroupis portant des banderoles ou des emblèmes. A la fin de la période flamboyante, des feuillages fortement fouillés ou de simples moulures.
Les dais, c’est-à-dire les couronnements saillants, placés audessus de la tête des saints, sont finement sculptés et surmontés de pinacles ou de pyramides qui ressemblent à une véritable dentelle.
Ceux qui décorent la façade principale de l’église du Sablon sont remarquables, tant ils sont refouillés à l’excès et couverts d’ornements ajourés d’un travail délicat.
Enfin, comme dernier ornement apparaît la crête. On nomme ainsi le couronnement en plomb, en terre cuite ou en pierre, qui surmonte le faîtage du toit. La plupart des grands édifices du moyen âge étaient ornés d’une crête. Malheureusement, au cours des siècles, le crétage des monuments gothiques primaires et secondaires disparut et pour s’en faire une idée il faut s’en rapporter aux belles châsses de cette époque h II n’en est pas de même des édifices de
Fig. 239. Cul-de-lamp de la façade de l’églisej du Sablon (xvie siècle).
Fig. 240. Crête de la toiture de l’église de N.-D. des Victoires au Sablon (xvi® siècle).
I. La châsse de Sainte-Gertrude de Nivelles, par exemple, est un modèle de toute beauté.
L’ARCHITECTURE DU MOYEN AGE
style gothique flamboyant, où très souvent la crête, de forme trilobée et fleuronnée, a été conservée. L'église du Sablon nous fournit à cet égard un intéressant exemple (fig. 240).