Multiplication des nombres rationnels ou Irrationnels
— Considérons deux nombres quelconques, a et i, définis par les deux suites infinies, rationnelles et convergentes,
«47 «ai » «p
336 NOMBRES INCOMMENSURABLES OU IRRATIOî^NELS
nous allons montrer que la suite
est aussi rationnelle et convergente
Coînme elle est évidemment rationnelle, îî suffit d'établir le èecond point.
Pour cela, nous désignerons par a la différence entre a^» et Ojj^, par p la différence entre b^> et b^, dételle sorte que Ton ait
V = S+* et . 6^. = 6j,+ p,
ou a^' = (i^—* et b^. = b^'\-^,
ou a^'^a^-^-a et 'b^' = b^—?,
ou a^. = a^^cL et i^t,' = b^—^\
alors la différence \a^'b^' — o^b^\ sera égale à
«^ii+P«{x + «P ou à "M^t + ap— P^jxl
ouà |paj, + «P — «^txl oui |aôj^4-paj,-ap|.
On aura donc toujours
Cela posé, désignons par y le plus grand des deux nombres a et p, ou un nombre supérieur à a et p, et les dépassant d'ailleurs d'aussi peu que l'on veut ; appelons, en outre, A:, un nombre rationnel supérieur aux nombres des deux suites a^ et b^. Nous aurons nécessairement
or on peut rendre 3k^ plus petit qu'un nombre quelconque,
e J il suffit de prendre y < ;r7 • Nous voyons donc qiic si
ok
on prend a et p moindres que -71 on a
on
IV*h-'"~Vh^'<^*'
d'ailleurs, comme les deux suites a„ et 6„ sont converçentes, les deux nombres a et p sont moindres que ^» dès
NOMBRES mCOMMENSURABLES OU IRRATIONNBLS 337
que fx et fi' dépassent un certain nombre entier, p; donc, à partir d'un certain rang, p, Tinégàlité précédente est toujours satisfaite et la suite a^b^ est convergente.
Cette suite définit donc un certain nombre, c; nous ap* pellerons ce nombre le produit de a par b et nous le représenterons par a6, de sorte que ab = c.
La multiplication est une opération uniforme^ c'est-à-dire que quels que soient les modes de représentation adoptés pour deux nombres a et b^ elle ponduit toujours au même résultat.
Car soient
û'n «il ^1 1 «^1
deux suites infinies, rationnelles et convergentes, définissant le même nombre, a, et
*ii *2i • V »
*n *8» f *Ji,
deux suites de même nature définissant le même nombre b ; les deux suites
fli&j, a,6„ t ajj^éjj^, ,
définissent le même nombre, ou, ce qui revient au même, la différence la^6^ — a^b^\ est moindre qu'un nombre quelconque, c, dès que fx dépasse un certain nombre entier, p. Ceci se démontre par un raisonnement complètement semblable à celui employé .dans la définition du produit ab,
La multiplication est une opération commutative^ c'est-àdire que dans un produit de deux facteurs on peut échanger entre eux les deux facteurs, ou que l'on a ab = ba.
Supposons, en effet, que les deux nombres a et é soient définis par les, suites convergentes) et rationnelles
ARITHM. HUMB. 22
alors les deux nombres ab et ba sont définis par les dem suites identiques
a^éj, a,6„ , a^^^ij^^, . ...,
Ml» Mil » *,iV ;
donc ces deux nombres sont égaux.
La multiplication jouit des deux propriétés A X i = A et A X 0 = 0.
En effet, les deux nombres i et 0 peuvent se définir, dans le mode actuel de représentation, par les suites
soit alors a^^ a,, , a^, , la suite qui définit le nombre a ; les deux nombres a X i et a X 0 sont définis par les deux suites
a, Xi, flfXi, , a^Xi, ,
fliXO, a,XO, , a^XO,
et Ton obtient ainsi les deux nombres a et 0.
, Pour définir un produit de plusieurs facteurs, on procède de proche en proche : ainsi le produit a. b.c ....l s'obtient en multipliant d'abord a par A, puis le nombre obtenu; par c, puis le nouveau résultat par d; et ainsi de suite. Si Ton représente par
«1» «tï 1 %i t
*1» *i» » *jJLf f
Ci • Cm* •••••• C,
les suites qui définissent les nombres, a, ^, c, ....,/, le
nombre ab sera défini par la suite
Mil «Al • %^^^ ;
le nombre abc par la suite
Mi^u ûtVi» t «ii^piV '
etc., et enfin le nombre abc. . . 2 par la suite
«iVi--«'tf <i%b^c^, . .1^, , a^b^c^...l^,
Cette suite n'est pas altérée si Ton change Tordre des facteurs d'une façon quelconque ; elle n'est pas altérée davantage si l'on réunit certains facteurs entre eux, en effectuant leur produit. Donc :
!• Dans un produit d'un nombre quelconque de facteurs on peut écrire les facteurs dans P ordre que l'on veut;
2* La multiplication est une opération associative.
Enfin la multiplication est une opération distributive par rapport à Vaddition^ c'est-à-dire que le produit d'une somme par un nombre a est la somme des produits des diverses parties par a.
Bornons-nous à démontrer que l'on a
a(b'\-c) = ab-hac\ pour cela, désignons par
«11 «8» f «jii
^11 ^a. 1 *ji»
les suites infinies, rationnelles et convergentes qui définissent les nombres a^ b, c\ alors les suites
Û|C|, ûfjCj, , «ji^fji» •••••»
ft| -i- Cj, Aj -t- C„ , b^-^rC^, .....
sont rationnelles et convergentes et définissent les nombres ab^ ac, 6 4- c. Les deux nombres a{b -l- c) et aô -h ac sont définis par les deux suites infinies, rationnelles et con-
vei^entes,
^i{ài'^c^\ a,(6,-|-c,), ...... a^{b^-^e^), ,
a^éj + a^Cj , a,é, -+- a,c,, , a^b^ H- a^j^Cj^^, ;
or ces deux suites sont identiques ; donc elles définissent des nombres égaux.
On démontrerait de môme que les deux nombres a{b'^C'{' -hl) et ab-^^ac-h- -Hn/ sont égaux.
Lorsqu'on écrit le nombre ab-hac-h 4- a/ sous la
forme a{b -hcH- -+-^ on dit que Pon met a en facteur (*).
Telles sont les principales propriétés de la multiplication.