CHAPITRE XV
stades au quart du méridien : il ne s’agissait plus que d’avoir exactement sa longueur. Les savons français l’ont conclue de celle de l’arc qui traverse la France depuis Dunkerque jusqu’aux Pyrénées, et qui fut mesuré en 174 °" Mais une nouvelle mesure, d’un arc plus grand encore, faite avec des moyens plus exacts, devant inspirer, en faveur du nouveau système des poids et mesures, un intérêt propre à le répandre , on résolut de mesurer l’arc du méridien terrestre entre Dunkerque et Barcelone. Les opérations que Delamlre et Méchain ont faites, et que Biol et Arago ont coutinuées jusqu’à Pile de Formentera , donnent le quart du méridien égal à 5 i3o 74<> toises, longueur dont on a pris la dix-millionième partie pour le mètre ou l’unité des mesures linéaires. La décimale au-dessus eût été trop grande , et la décimale audessous trop petite. Le mètre dont la longueur est de o*,5i3o 74 remplace avec avantage la To.se et l'Aune de France dans les mesures les plus usuelles.
Toutes les mesures dérivent du mètre de la manière la plus simple; les mesures linéaires en sont des multiples et des sous-multiples décimaux.
L’unité des mesures superficielles pour le terrain , est uu carré dont le côté est de dix mètres: elle se nomme Are ou Perche carrée.
L’unité des mesures de capacité est le cube de la dixième partie du mètre : on lui a donné le nom de Litre.
O 11 a nommé Stère un volume de bois de chauffage égal à un mètre cube.
L’unité de poids , que l’on nomme Kilogramme ou Livre décimale, est le poids de la millième partie d’un mètre cube d’eau distillée, considérée dartS le vide, et à son maximum de densité. (°)
(*) Par une singularité remarquable, ce maximum ne répond point a« degré de congélation, mais un peu au-dessus j en se refroidissant audessous de cette température , l'eau commence à se dilater de nouveau ,
28 o ARITHMÉTIQUE,
Les étalons du mètre ne le représentent qu’à un degré déterminé de température, qui est celui de la glace fondante. Les étalons de la livre décimale ne représentent son poids que dans le vide, ou sous une pression insensible de l’atmosphère.
Pour retrouver le mètre dans tous les temps, sans être obligé de recourir à la mesure du grand arc qui l’a donné, il importait de fixer sou rapport avec la longueur du pendule. Cet objet a été rempli par Borda de la manière la plus précise : ce géomètre a trouvé à l’Observatoire de Paris, o m , 741887 pour la longueur du pendule qui fait roo mille oscillations jpar jour.
Toutes les mesures étant sans cesse évaluées en argent , il était sur-tout important de diviser la monnaie en parties décimales: on a donné à son unité le nom de franc d’argent. Sa dixième partie s’appelle décime ; et sa centième partie centime. On a rappbrté au franc les valeurs des pièces de cuivre et d’or.
Pour faciliter le calcul de l’or et de l’argent fin contenus dans les pièces de monnaie, on a fixé l’alliage au dixième de leur poids , et l’on a égalé le poids du franc à 5 grammes (Pag. 188). Ainsi Iç franc étant un multiple exact du millième de l’unité de poids , comme on le verra bientôt, peut servir à peser les corps, ce qui est utile au commerce.
Enfin, l’uniformité du système entier des poids et mesures, a exigé que le jour fût divisé en dix heures; l’heure eu cent minutes; la minute en cent secondes. A la vérité , celte division qui va devenir nécessaire aux astronomes est moins avantageuse dans la vie civile , où l’on a peu d’occasions d’employer le temps comme
et se prépare ainsi A l’accroissement de volume qu’elle éprouve dans son passage de l’état fluide à l’état solide. On a préféré l’eau comme étant l'une des substances les plus homogènes et celle qu’on amène le plus facilement à l’état de pureté.