CHAPITRE X
( res-de-change à escompter, et où ces effets sont reçus à un prix, d’escompte modéré, pourvu cependant qu’ils soient garantis par un certain nombre d'endosseurs, ou de cautions notoirement solvables.
Une banque d’escompte ne pouvant répondre h l’objet de son institution, sans avoir ù sa disposition un capital considérable, il est ordinaire que ce capital soit fourni par une réunion d’associés en commandite , entre lesquels les profits annuels sont répartis sous le nom de dividende.
La modicité du prix: de l’escompte , constitue un des grands avantages de la banque. Mais si la banque escomptait en espèces les effets qui lui sont présentés, et qu’elle employât directement son capital à ce service , il est clair qu’elle n’aurait d’autre profit que l’intérêt ou l’escompte retenu sur les effets escomptés , insuffisant pour l’indemniser des frais d’un tel établissement. Aussi la banque n’escompte-t-elle pas en espèces , mais en billets au porteur et à vue, qui, au moyen de la confiance qu’inspire la banque, se soutiennent dans la circulation , et y remplissent une partie du service que l’argent faisait auparavant. Ainsi les profits de la banque sont en raison , non du capital effectif dont elle est propriétaire, mais bien de la quantité de billets circulans qu’elle peut soutenir. Si donc , avec un capital de dix millions en espèces, elle vient à bout de soutenir dans la circulation quarante millions de ses billets à vue , la masse de ses escomptes roulera sur 4° millions et nou sur xo, et par conséquent ses profits seront réglés sur un capital fictif de 4° millions.
En supposant donc que la banque escompte le papier de commerce au prix d’escompte de 4 pour g par an , ou de | pour % par mois, elle retirera ce prix d’escompte sur un capital de 4° millions, quoique, dans la réalité, son capital ne soit qne du quart de cette somme; ainsi chaque million en espèces supportant quatre millions
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de billets circulons, rendra quatre fois le profit de l’escompte: d’où il suit que la banque, en escomptant au taux de 4 pour | par an, se trouve par le fait, placer son capital réel à l’intérêt énorme de i et § pour | par mois, ou de 16 pour g par année. Telle est la source des grands profits attachés à ces établissemcns sur lesquels les bornes et la nature de ce traité ne nous permettent pas de plus grands détails.
Comme on escompte ailleurs que dans ces établisse- «nens, nous ajouterons quelques observations.
L’escompte étant fixé à 4 pour g , par exemple , lorsque le prêteur retient 4 f sur ioo f pour l’escompte, il ne donne en argent que g6 f , et peut se faire faire un billet de ioo francs , et se faire payer, en effet, ioo f à l’échéance.
Ou bien le prêteur donne en argent les ioo f qu’on lui emprunte, et reçoit au terme convenu io4 f , ou il se fait faire un billet de pareille somme payable à cette époque.
Dans le premier cas , l’escompte prélevé est dit escompte en dehors: dans le second cas, il est dit escompte en dedans , parce que le billet fait par le débiteur, comprend le capital et l’escompte.
Lorsqu’on ne dit pas expressément que l’escompte est en dedans , il faut entendre qu’il est en dehors,
Escompte en dehors.
i.' re Question. Quel est l’escompte d'un billet de 6ooo f à 4 pour g ?
On est conduit & la proportion
ioo f : 6ooo f = 4 : x i d’où a: = a4°f en sorte que pour 6ooo f , on ne recevrait que 5760 *.
a.' Question. Ayant eu a 4 o f d'escompte sur un bdlet de Cooo f , on demande quel serait, au meme taux, l’escompte pour xoo f ?