‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 101 sur 156 · Sur plusieurs routes à peu près parallèles · texte numérisé non relu

Sur plusieurs routes à peu près parallèles

do. Sur plusieurs routes convergentes ;

5o. Sur plusieurs routes divergentes ;

60. Eatin, parillèlement à la frontière, ce que l’on appelle une retraite latérale on parallèle.

Nous examincrons successivement chacune de ces méthodes.

On peut opérer une retraite sur une seule direction et avec toute

l'armée réunie.

Ces retraites ne sont possibles que pour de petites armées et de petites distances, |

Comme nous lPavons dit précédemment, en parlant des marches stratégiques de front, une grande armée est obligée de former

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Si elle n’en formait qu’une seule, le déploiement serait long et jificile. Il y aurait de grandes difficultés pour trouver des vivres. L'ordre et la régularité seraient presque impossibles à obtenir. Les bagages, que lon ne pourrait mettre qu’au milieu de la colonne, gêueraient beaucoup les mouvements des troupes. Enfin, ‘ennemi pourrait facilement menacer à la fois les derrières et les flancs de la marche.

Cette première méthode ne s'emploie donc que pour de petites wmées.

La seconde méthode consiste à marcher sur une seule direction, mais en plusieurs échelons.

Les échelons sont furmés de corps d'armée ou de divisions. Ils marchent à une certaine distance les uns des autres, à quelques heures de marche, par exemple ; à une journée au plus.

Il y a alors plus de facilités pour vivre que dans le cas précédent. Le soldat se fatigue moins.

Les bagages peuvent être placés dans un échelon intérieur. La marche est plus rapide et plus régulière.

Mais d’un autre côté les flancs de l’armée deviennent extrêmement longs et l’ennemi peut profiter de l'intervalle qui se trouve entre les échelons pour les couper.

Le troisième système de retraite consiste à suivre plusieurs routes parallèles, comme dans les marches stratégiques de front.

Les flancs sont alors beaucoup moins longs. L’ennemi, pour menacer simultanément l’un des flancs et les derrières de la marche, est obligé à des mouvements plus larges qui permettert de lui résister avec plus de facilité.

Les bagages peuvent être placés dans une colonne centrale et sont mieux couverts.

La marche est plus rapide, les déploiements plus faciles et plus 1romptis.

On embrasse plus de terrain, et par suite, l’on trouve plus de essonrces pour nourrir les troupes.

Les débouchés que l’on suit alors doivent remplir les diverses onditions indiquées pour les marches d2 front. Ils doivent être aciles à parcourir pour toutes les armes, bien liés entre eux, et

jamais séparés par de trop grandes distances on des obstcales infranchissables.

Ce système est supérieur aux précédents. On en trouve de nom. breux exemples.

La quatrième méthode consiste à marcher sur plusieurs colonnes et sur plusieurs routes concentriques.

Ce genre de retraite implique l’idée que l’on se retire d’une position étendue sur une position plus étroite.

On y trouve à peu près les mêmes avantages que lorsque l’on marche sur plusieurs routes parallèles.

Nous voyons un exemple de cette espèce de retraite dans la campagne de Portugal, en 1810.

Wellington, abandonnant la ligne du Mondégo, marche sur trois colonnes.

La cinquième espèce de retraite comprend celles qui ont lieu sur des directions divergentes.

Il y a alors dislocation de l’armée, ou tout au moins séparation en plusieurs parties.

Ces retraites offrent de grands dangers, car chaque corps peut être accabié isolément.

Elles ent lieu pour les armées coalisées, quand, après une défuite, leurs diverses parties ont des intérêts différents.

Elles ont lieu encore dans une guerre défensive, quand chaque fraction de l’armée va servir de moyer à une insurrecticn locale, comme en Espagne, en 1808.

Enfin, la sixième espèce de retraite comprend les retraites latérales ou parallèles à la frontière.

Elles consistent à aller prendre une nouvelle position sur le flanc de l’ancienne, en marchant parallèlement à la frontière et en changeant de ligne et de zône d’upérations.

Ces retraites sont dangereuses en ce sens qu’elles découvrent les lignes primitives de retraite et d’approvisionnements. Muis elles sont avantageuses en ce qu’elles en imposent à l’ennemi et en ce qu’elles permettent de menacer ses communications. On les emploie surtout dans son propre pays, parce qu’on est a'ors assuré de trouver des ressources sur le point où l’on se porte.

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Dans toute opération, il est bon de préparer la retraite, car le succès est toujours incertain.

Supposons donc une armée obligée de battre en retraite.

S'il s'agissait d’une retraite volontaire, le commencement de la retraite ne présenterait pas de difficultés particulières. Les principes à appliquer seraient à peu près les mêmes que ceux d’une marche stratégique.

S'il s'agissait d’une retraite forcée, l’ennemi étant encore à une certaine distance, le grand talent serait alors de gagner une ou deux journées de marche.

Mais s’il s’agit d’une retraite forcée à la suite d’une bataille perdue, les difficultés sont considérables.

Il faut d’abord donner l’ordre de retraite et retirer les troupes du champ de bataille.

Le moment de donner l’ordre de la retraite n’est pas indifférent.

Trop tôt, on renonce peut-être à des chances favorables qui eussent amené la victoire. Trop tard, on peut arriver à un immense désastre, comme à Waterloo.

Ordinairement on combat jusqu’à la nuit, en cherchant à disputer des positions successives et à contenir l’ennemi.

On emploie à cet effet les réserves que l’on a dû conserver mtactes pour ce moment décisif. On y emploie encore de Partillerie bien attelée et toute sa cavalerie.

L'ensemble des manœuvres que l’on exécute alors appartient à la tactique et constitue une marche tactique rétrograde. Ce sont

des opérations du champ de bataille.

Mais bientôt l’armée sort des limites de ce champ de bataille pour rentrer sur le théâtre d’opérations, et alors commence véritablement la retraite.

On profite des premiers moments d’obscurité pour rétablir l’ordre dans les troupes, pour rallier les corps épars.

Puis on s'arrête généralement à deux ou trois lieues du champ de bataille, sur une position défensive préparée à l’avance, sur laquelle, par exemple, on a pu laisser les parcs.

Les deux armées alors sont ordinairement épuisées. On a besoin

de part et d’autre, de queiques heures de repos.

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On prend donc position. Et l’armée battue s’occupe de préparer sa retraite de même que l’armée victorieuse s’occupe de préparer sa poursuite.

C’est ainsi que les choses se passent ordinairement, à moins d’une défaite tout à fait absolue, comme à Waterloo. Et encore faut-il alors que l'ennemi ait des troupes toutes fraîches pour les jeter sur l’armée qui se retire et pour commencer immédiatement la poursuite. A Waterloo, la cavalerie prussienne n'avait pas encore combattu, quand elle fut lancée à la poursuite des débris de l’armée française. Sans elle, les français se ralliaient à Genappe, où ils avaient laissé leurs parcs.

Après quelques heures de repos, après avoir allumé des feux qui doivent servir à tromper l'ennemi, l’armée battue commence donc sa retraite.

Les équipages, les prisonniers, les blessés, filent d’abord sous l’escorte de quelques détachements d'infanterie et de cavalerie légère.

Puis les différentes colonnes se mettent en route, dans l’ordre qui leur a été prescrit et sur les débouchés désignés.

Chaque colonne a une petite avant-garde, des flanqueurs et une arrière-garde.

L’arrière-garde de chaque colonne se compose des troupes d’infanterie qui ont été le moins éprouvées, d'artillerie bien attelée, de toute la cavalerie disponible. Celle-ci peut contenir l’ennemi par des charges à”courte distance et peut ensuite se retirer rapidement. On met aussi à l’arrière-garde des compagnies de sapeurs, pour faire sauter les ponts, couper les routes ; et enfin on y met quelques pièces de gros calibre et des obusiers qui tiendront l’ennemi à distance.

Indépendamment de larrière-garde particulière de chaque colonne, on forme une arrière-garde générale.

C’est ordinairement le‘corps qui a le moins souffert qui est composé des troupes les plus solides.

Le rôle de cette arrière-garde générale est important et difficile.

Elie doit contenir l’ennemi et couvrir la retraite.

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