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De considérations topographiques

Les considérations tactiques se rapportent à la disposition de l’ordre de bataille et à celle des troupes.

Le point que l’on examine peut appartenir au centre, à l'aile droite ou à l’aile gauche de l’ordre de bataille.

Considéré de cette manière, il est évident que ce point sera d'autant plus fort qu’il sera plus central, puisqu’ulors, indépen. damment des troupes qui l’occuperont, il faudra encore tenir compte de l’effet indirect de: autres troupes placées à droite, à gauche et en arrière.

Les considérations topographiques sont relatives à la constitution même de ce point et à le natnre de l'obstacle naturel qui s'y trouve, Cet obstacle sera une hauteur, une ferme, un village, un bouquet de bois ; et il sera d'autant plus fort qu’il se rapprochera davantage des conditions établies pour les ouvrages de fortification, c’est-à-dire qu’il aura une enceinte continue et solide, que cette enceinte présentera des flanquements, que l’intérieur de l’obstacle offrira des abris, que les abords seront bien découverts, que le commandement sur le terrain environnant sera favorable, etc.

Voilà les éléments de force de chacun des points d’une position militaire.

Chacun de ces points a une importance différente, suivant ses relations avec les lignes stratégiques qui viennent aboutir à la position.

Parmi ces différents points, il y en a un plus important que tous les autres, on l’appelle la clef de la position.

Diverses parties d’une position, —On distingue sur une position cinq parties principales :

Les abords;

Le front ;

Les flancs ;

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Et les derrières.

Les abords d’une position s'étendent en avant du front, comme les glacis d’une place forte ; ils doivent être découverts, aller en pente douce vers l’ennemi, ce qui favorise l’effet des feux ; ils pré-

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Les abords présenteront encore d’autres obstacles ; ce seront des fermes, des maisons isolées, des châteaux, des villages, que l’on xcupera en avant de la position et qui serviront de postes détachés u de postes avancés.

Les premiers, situés sur l'extrême limite des abords et hors de à portée des armes pour les troupes qui occupent la position, serviront à empêcher les premières reconnaissances de l’ennemi, à le enir éloigné de l’armée, à donner avis de son approche, à défendre un passage important. Ils joueront le même rôle que les ouvrages détachés dans les places fortes.

Les seconds joueront le rôle des ouvrages avancés. Ils sont situés sur les abords mêmes de la position ; ils en tirent des flanquements ; ils sont destinés à retarder la marche des colonnes d'attaque de l’ennemi; ils doivent être tels que l’ennemi, après s'en être emparé, ne puisse pus s’y établir. Dans le cas où l’on voit l'impossibilité de les reprendre, on les brûle en les évacuant.

Au-delà des abords, nous trouvons le front de la position. Il correspond au front de l’ordre des batailles. Il est dessiné par la crête d’une chaîne de hauteurs,comme à l’Alma ; ou par une série d'obstacles naturels et artificiels, villages, fermes, châteaux, hauteurs, etc., comme à Caldiero. Dans tous les cas, c’est une ligne drisée, présentant des saillants et des rentrants. La forme la plus avantageuse est celle qui se rapproche le plus du tracé bastionné.

Les villages, fermes, hauteurs, etc., forment les points saillants où les bastions, et laissent entre eux des intervalles vides qui représentent les courtines par lesquelles on peut déboucher.

Les obstacles placés sur les saillants de la position s’appellent es points d’uppui du front.

Le front d’une position doit remplir trois conditions principales :

Il doit être suffisamment fort ;

11 doit être en rapport par son étendue avec j’effectif de l’armée qui l’occupe ;

Ernfin sa direction doit être telle qu’il couvre bien les lignes stratégiques de l’échiquier.

Les flancs de la position correspondent aux flancs de l’ordre de bataille. Ils doivent être appuyés par des obstacles naturels, tels que l’ennemi ne puisse pas les tourner. Dans le cas où ces obstacles naturels n’existeraient pas, il faut y suppléer par des dispositions de troupes ou par des ouvrages de fortification passagère.

L'intérieur de la position doit présenter une profondeur suffi. sante pour pouvoir contenir les différentes lignes de bataille.

Il faut encore qu’il offre des communications faciles pour pouvoir porter rapidement les troupes, particulièrement les réserves, sur les différents points de la position. L'intérieur de la position doit remplir une dernière condition. Il faut qu’il présente des couverts. replis de terrain, villages, revers de hauteurs, etc., derrière lesquels on tient à l’abri les troupes de deuxième ligne et les réserves, jusqu’au moment de les faire entrer en action.

Enfin, nous arrivons sur les derrières de la position.

Ils doivent présenter les débouchés nécessaires pour retirer Parmée du champ de bataille en cus d’échec, en même temps un certain nombre de points forts où d’obstacles, dont l’occupation couvrira le mouvement de retraite et qui formeront une série de positions successives, sur lesquelles les troupes en désordre pourront se rallier, et où les réserves de l’armée pourront tenir ferme et arrêter momentanément la poursuite, Enfin, à deux ou trois lieues plus loin, les derrières de la position devront offrir un emplacement favorable pour l'établissement des parcs et des bagages de l’armée, et une ligne de défense où celle-ci pourra reprendre haleine, en cas de malheur.

Telles sont les différentes parties d’une position militaire et les conditions particulières qu’elles doivent remplir.

L’ensemble de la position doit remplir les conditions générales suivantes :

10. La position doit bien couvrir les lignes stratégiques de l'armée, et particulièrement la ligne de retraite, qui est généralement la ligne principale.

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La meilleure position pour cette ligne est d’être perpendiculaire sur le milieu du front.

Quelquefois elle est oblique ; d’aut:: fois parallèle. Et elle se rattache à l’une ou à l’autre des deux extrémités ; elle est alors plus difficile à couvrir. |

A Vittoria, la ligne de retraite était parallèle au front de la position et venait aboutir en arrière de l’aile droite. Cette circonstance contribua beaucoup au désastre ;

20. Il faut que la position ne soit pas dominée à portée de canon ; car alors l’ennemi pourrait en déloger l’armée, sans tenter d'attaque;

30. Il faut que l’eau et le bois soient à proximité, ainsi que les tEMORENS nécessaires en vivres et en fourrages, sans quoi l’on pourrait être chassé de la position par la famine ;

4o. Enfin, il faut que l’étendue de la position soit proportionnée au nombre des troupes qui doivent l’occuper. Quand la nésttioi est à limites tranchées cette dernière condition surtout est indispensable. Quand elle est à limites vagues, on peut faire Véues les dispositions de l’ordre de bataille et corriger, de cette manière les défauts que lon rencontre. Cependant, il doit toujours y droit > RE rapport entre l’étendue de la position et l’effectif de

armée.

Occupation et mise en état de défense obstacles naturels qui se trouvent où une position.

On appelle obstacles naturels ceux que l’on trouve tout créés sur la position au moment où l’on vient s’y établir.

Ce sont des villages, des fermes, des châteaux, des hauteurs des bouquets de bois, etc. |

Parmi ces iii les uns sont situés au delà des abords de la

position, à plusieurs milles en avant. Ils forment, comme nous l’avons dit précédemment, des postes détachés. Les autres, situés sur les abords de la position, forment les postes avancés. | D’autres encore, situés sur le front, forment les points d'appui de la ligne de bataille. qu Enfin, il y a des obstacles naturels sur les flancs, dans l’intérieur et sur les derrières de la position, qui ont de l’importance et qu jouent un certain rôle.

Examinons successivement ces différents points.

Les postes détachés ont pour objet d’étendre l’action de l’armée, de donner avis de l’approche de l’ennemi, de l’arrêter pendant quelque temps, d'occuper un point favorable, de surveiller et de maintenir une communication, etc.

Une armée occupe des postes détachés non-seulement en avant d’elle, mais encore sur ses flancs et sur ses derrières.

Quand il s’agit de créer, d’organiser et de mettre en état de défense des postes de cette espèce, on choisit parmi les obstacles naturels que présente le terrain ceux qui offrent les conditions les plus favorables.

Puis on organise leur enceinte ; on y crée un réduit ; on perce des créneaux dans les murailles ; on creuse des fossés ; on ferme les trouées par des palissades ; on élève des tambours devant les portes ; on fait des abatis. Enfin, l’on tire parti des eaux s’il y en a dans le pays, et l’on s’efforce d’obtenir des inondations au moyen de quelques barrages. | "

On transforme ainsi un obstacle déjà existant sur la position, une ferme, un château ou un village, en un poste détaché. |

On jette dans ce poste une garnison dont la force varie depuis une compagnie jusqu’à plusieurs bataillons.

Généralement la garnison d’un poste détaché comprend : de l'infanterie, quelques pièces d’artillerie, quand le poste est important, enfin, quelques cavaliers pour avoir des nouvelles et pour pousser des reconnaissances dans les environs.

On calcule ordinairement la résistance de manière à permettre au corps principal de venir au seeours.

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La garnison est permanente et reste la même pour toute la durée de l’occupation de la position ; elle n’est pas relevée tous les jours comme les grand’gardes.

Elle éclaire avec soin les alentours du poste, au moyen de rondes, de patrouilles, de reconnaissances ; de plus elle établit des redoutes sur les points élevés, des sentinelles dans les clochers, etc.

Passons aux postes avancés.

Les postes avancés sont situés sur les abords mêmes de la position, eten dedans, par conséquent, du système des avant-postes ; ils servent de soutiens aux grand’gardes, en même temps qu’ils sont destinés à retarder les premières attaques de l’ennemi et à prendre en flanc ses colonnes.

Ils se lient à la position ; ils en tirent leurs flanquements. Ils sont toujours formés, comme précédemment, par des fermes, des châteaux, des hauteurs, des villages, etc.

Pour les mettre en état de défense, on prend les mêmes dispositions que pour les postes détachés.

Seulement, dans la constitution de l’enceinte, on la laisse ouverte à la gorge, de manière à empêcher l’ennemi de s’y établir après s’en être emparé.

Quelquefois on prépare d'avance leur destruction, ou bien l’on prépare des retours offensifs pour les reconquérir dans le cas où lon tiendrait à les couserver.

Par rapport au front de la position, nous y trouvons les obstacles principaux du champ de bataille, des espèces de bastions, qui forment les points d’appui du front.

Ce sont toujours des hauteurs, des fermes, des châteaux, des bouquets de bois, des villages, etc.

On y exécute des travaux de défense analogues à ceux dont nous avons parlé précédemment, c’est-à-dire que, sur chacun de ces points, on constitue une enceinte, on perce des créneaux dans les murailles, on établit des flanquements, etc.

Puis on donne à chacun d’°ux une garnison proportionnée à son importance, à son étendue et :ux nécessités de la défense. Cette

garnison se compose d’infanterie et d’artillerie ; elle constitue la 19 *

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force directe du point occupé. On donne ensuite au même point une force indirecte par des dispositions de troupes en arrière, par exemple, au moyen d’une ou deux lignes d’infanterie qui reprendront l’obstacle en cas de malheur ; ou bien au moyen d’escudrons de cavalerie, masqués aux vues de l’ennemi et qui déboucheront au galop sur les troupes qui attaquent ; enfin encore au moyen de batteries d’artillerie, disposées à droite et à gauche, et croisant leurs feux sur les abords.

C’est ainsi que l’on organise la défense de chacun des points du front de la position. Autant que possible,on proportionne la force de chaque point à son importance, de manière que la clef de la position, qui en est le point le plus important, en soit aussi le plus fort.

Tout ce qui s'applique aux obstacles naturels situés sur le front d’une position s'applique également à ceux qui sont situés sur les flancs.

Quant aux obstacles naturels que l’on rencontre sur la position même, dans son intérieur, ces obstacles pourront servir à appuyer un mouvement rétrograde, un changement de front.

Ils peuvent aussi favoriser les manœuvres défensives ; il y « donc lieu de les étudier à l’avance, et si on a le temps, de les organiser en vue du rôle qu’ils peuvent jouer.

C’est ordinairement sur ces points que l’on installe les divers quartiers généraux ; ceux des corps d’armée, autant que possible, derrière le centre de ces corps ; le grand quartier général derrière le centre de l’armée. Chaque quartier général a sa garde particulière. Quand on doit rester plusieurs jours sur une position, ces divers quartiers généraux s’établissent dans ïes lieux habités, parce que les généraux, les états-majors, les chefs de service, doivent être à couvert pour leurs travaux de cabinet.

Parmi les divers points situés dans l’intérieur de la position, le général en chef détermine celui où il setiendra pendant la bataille. Ce point est généralement une hauteur d’où l’on peut apercevoir l’ensemble du champ de bataille : c’est là qu’on adressera au général en chef tous les rapports et que l’on viendra prendre se” ordres.

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A Waterloo, Napoléon s'était établi en avant de la ferme de Rossomme, auprès de la maison d’Ecosse, sur un tertre élevé à gauche de la grande route et d’où il dominait l’ensemble du terrain.

On établit entre ces différents points des communications faciles, afin d’assurer les mouvements des troupes dans tous les sens. On répare à cet effet les mauvais pas, on perce des murs et des haies,

on jette des ponts sur les ruisseaux, ete.

Enfin, il nous reste à jeter un coup d’æil sur les derrières de la position et à voir comment on utilise les obstacles naturels que lon y rencontre.

On s’en sert pour deux objets :

10. Pour l’établissement des parcs et des bagages, que l’on cherche à mettre à l’abri des coureurs de l’ennemi, au moyen de quelques abattis etc., et que l’on installe toujours à proximité de l’eau et du bois pour subvenir aux besoins du grand nombre d'hommes et de chevaux qu’ils comprennent.

On utilise les obstacles naturels situés sur les derrières d’une position pour préparer la retraite et pour organiser en arrière de la position principale une nouvelle position, sur laquelle en cas d’échec l’armée battue pourra s’arrêter et reprendre haleine.

Emploi des retranchements de campagne,—De tous temps, les retranchements ont été employés en campagne pour renforcer les positions des armées.

Les Romains ne s’arrêtaient jamais en pays ennemi, sans se couvrir de leurs palissades et de leurs fossés.

Les armées du moyen-âge, celles des Anglais, par exemple, à l'époque de Crécy et de Poitiers, s’entouraient fréquemment de pieux ferrés et d’abattis.

Pendant la guerre de trente ans, les Suédois et les Impériaux remuèrent souvent de ia terre.

À Fribourg, Nordlingen, on trouve des retranchements de campagne.

Sous Louis XIV, on abuse de ces fortifications : on en fait un usage exagéré. On multiplie alors tellement les ouvrages que les

troupes ne sont plus assez nombreuses pour les défendre, De plus,

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