XX VI
Des batailles en général.
La dernière partie de la grande tactique comprend les engagements.
Il y a deux espèces d'engagements: les batailles et les combats.
Une bataille est le choc de deux armées qui se disputent de grandes questions de politique et de stratégie.
Un combat est l’engagement de deux brigades, ou de deux divisions, c’est-à-dire de corps moins considérables. De plus, les ‘onséquences d’un combat sont moins importantes que celles d'une bataille.
De sorte qu’un combat se distingue d’une bataille par le nombre des troupes engagées et par l’importance des résultats poursuivis.
Une bataïlle est ordinairement la conclusion, le dénoûment de
tonte une série d’opérations stratégiques et quelanefois de toute une campagne.
On cherche à atteindre un but, on veut occuper une capitale, s'emparer des communications de l’ennemi, etc....
On manœuvre en conséquence, mais les manœuvres sont insufi. santes, alors on livre bataille.
“ Il ne faut cependant livrer bataille, dit le maréchal Marmont, “ que quand il n’y a pas moyen d’obtenir autrement le résultat “ que l’on poursuit. Car le hasard joue un grand rôle dans les “ batailles. Quels que soient les avantages que l’on ait su mettre “ de son côté, il y a toujours des chances imprévues qui peuvent ‘“ enlever la victoire.”
A Marengo, si Kellzrmann avait chargé quelques minutes plus tard, si Desaix avait tardé de quelques heures, la victoire restait aux Autrichiens.
Le duc de Rohan, dans son traité de la guerre, dit que le général qui vent livrer bataille doit regarder à sept choses principales :
10. De ne se laisser jamais forcer au combat contre sa volonté ;
20. De choisir un c'iamp de bataille en rapport avec le nombre de ses tronpes, leur qualité et le genre d’engagement qu’il veut livrer ;
30. De ranger son armée en bataille de manière à pouvoir renouveler plusieurs fois l’engagement avec des troupes en ordre Il ne faut pas compter de rallier immédiatement les troupes qui ont combattu ; elles sont en désordre, très-émues, incapables | d’entendre les commandements. Il faut donc des troupes qui n’ont pas encore donné ;
40. D’avoir de bons chefs à la tête de chaque corps principal ;
5o. De placer les différentes lignes de telle manière qu’elles puissent facilement se soutenir, sans que le renversement de l’une entraîne le renversement des autres ;
60. De mettre ses meilleures troupes aux ailes et d’attaquer avec l’aile où l’on est le plus fort ;
70. De ne permettre ni poursuite, ni pillage, avant que l’ennemi ne soit complètement battu.
Viennent les batailles de rencontre, quand deux armées en marche se trouvent inopinément en présence l’une de l’autre, comme
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Magenta et Solferino, où les armées se sont rencontrées étant lune et l’autre en pleine merche, en pleines opérations, et ne s’atiendant à une bataille tout au plus que pour le lendemain.
Ces batailles deviennent des luttes de vitesse,
Les différents corps arrivent les uns après les autres sur le champ de bataille. Chacun cherche à accélérer la marche des siens. Par suite, ces batailles peuvent donner des avantages aux troupes qui sont les plus mobiles et les meilleures marcheuses.
Considérant maintenant les batailles au point de vue de l’objet que l’on se propose en les livrant, nous trouvons :