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Des places d’alarmes.—La place d’alarme est l’endroit où une troupe qui est dans un village doit se rassembler en cas de surprise ou d’aproche de ennemi. Il faut reconnaître tout ce qui l’environne, et examiner soigneusement tous les débouchés qui y conduisent en partant du poste principal. Son étendue sera relative à la force du détachement qui doit s’y mettre en bataille ; ses communications avec les petits postes et en arrière doivent être faciles et sûres.
Dans un pays coupé, on établit de préférence la place d’alarme, tant pour le jour que pour la nuit, derrière un défilé par où l’ennemi ne pourrait s'empêcher de passer.
Pendant la nuit, la place d’alarme doit être en arrière du village et du côté où l’on peut être secouru le plus facilement, autrement l'ennemi pourrait empêcher le ralliement des petits postes. Pendant le jour, elle peut être prise en avant du village, non pour y attendre l’ennemi, mais pour soutenir les postes avancés, examiner ce que l’on doit faire, et se replier en arrière si l’on se voit menacé par des forces supérieures ; alors, et suivant la force du détachement, on pourra ne rassembler qu’une partie de la troupe en avant du village et le surplus, en arrière de tout défilé, sur la place d’alarme de nuit. Si l’on se trouve trop pressé par lennemi, on se retire en ordre derrière le village et l’on opère sa retraite.
Il faudra toujours faire connaître aux petits postes, ainsi qu'aux hommes du détachement, le lieu de la place d'alarme et les chemins qui y conduisent.
De l’attaque des postes, —Un officier étant plus souvent chargé de la garde d’un poste que de Pattaque, attendu que celle-ci exige des connaissances qui appartiennent aux officiers d’un grade supérieur, nous m’entrerons pas dans le développement des principes
à suivre à cet égard ; nous nous bornerons ici comme dans la
défense, à en donner les notions les plus essentielles. Bien que
l'enlèvement d’un poste avancé soit toujours difficile, on y réussit néanmoins quelquefois en Pattaquant par surprise. L’obscurité et le vent qui accompagnent ordinairement les nuits d’hiver, favorisent ces sortes d'attaques, pourvu qu’il ne tombe pas trop de pluie. Une nuit que la lune éclaire jusqu’au moment ou l’on est proche
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de l’endroit qu’on veut surprendre, est celle que l’on doit choisir de préférence ; la clarté que la lune répand rend la marche facile, et la grande obscurité qui suit le coucher de cet astre est avantageuse pendant l'attaque. Des brouillards épais qui empêchent de distinguer les objets un peu éloignés, sont encore très favorables aux surprises.
Le chef du détachement commandé pour attaquer ou surprendre un poste avancé de l’ennemi, aura avec lui des hommes de bonne volonté et d’une bravoure reconnue. Dans sa marche, il examinera tous les endroits par où il passera, 1l évitera les grandes routes et les villages, il cherchera à se glisser à travers les gorges, les vallées. Il profitera de tout ce dont il pourra se céuvrir, et épiera de toutes parts le chemin que l’ennemi pourrait prendre. Comme la nuit est de tous les temps le plus propice pour marcher sur un poste, il recommandera le plus grand silence à sa troupe, surtout lorsqu'on aura à passer entre deux sentinelles. Lorsqu'il sera à une certaine portée du poste, il divisera sa troupe en trois parties, se tiendra à celle du centre, recommandant bien aux deux autres de m’agir de concert que lorsqu'il aura donné le signal ; ce qu'il fera aussitôt qu’il sera arrivé sur les derrières du poste : alors ies hommes des deux divisions s’éparpilleront en tirailleurs sur le poste, fonceront sur lui à la course, et seront soutenus par le chef du détachement, qui donnera un second signal pour emmener les prisonniers et exécuter la retraite.
Si, loisqu’on est en chemin pour aller attaquer un poste où qu’on est embusqué dans les environs, il survenait une patrouille ennemie, il ne faudrait pas pour cela s’en aller, ni faire le moindre mouvement, parce qu’on ferait par là manquer l’entreprise ; muis on doit en pareil cas demeurer en silence jusqu’à ce que cette patrouille soit passée sans rien apercevoir, et suivre ensuite son dessin. Si le poste qu’on veut emporter était une flèche ou une redoute à fossé sec, avec parapet en terre, on se munirait de pelles et de pioches et on ferait porter les fusils en bandoulière. Le lieu ayant été reconnu, ainsi que les environs, on y marchera de nuit avec toutes les précautions possibles. Le chef -divisera sa troupe en plusieurs parties et, à un signal convenu, toutes marcheront avec
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célérité pour sauter dans le fossé ; lorsque les hommes munis de pelles et de pioches y seront, ils s’occuperont de suite à saper les angles de lescarpe et le parapet, pour en faciliter lescalade ; ensuite, les autres qui se seront blottis sur le glacis, sauteront peu d’instants après de tous les côtés dans le fossé, ayant soin de ne pas tomber sur les épaules les uns des autres ou sur les baïonnettes. Par une attaque prompte et vive on parvient facilement au parapet, et on fonce sur l’ennemi étonné. Lorsqu'on marche sur un ouvrage en terre, il faut de suite chercher à couper toute communication, attenda que des hommes qui se voient attaqués
sans espérance de retraite et de secours se rendent à bon marché.
Si les approches d’un pgste étaient défendues par un abattis, il
faudrait le brûler avec des fascines bien sèches qu’on allumerait par un bout et qu’on Jetterait ensuite au milieu de Pabattis ; on se retirerait alors à quelque distance pour que lennemi ne pût fusiller les hommes à la clarté du feu.
On s'empare des approches d’une maison comme de celles d’un poste isolé et, lorsqu'elle a été bien reconnue, on profite de la nuit pour jeter autour beaucoup de fascines sèches avec des fagots allumés enduits de résine, pour tâcher d’y mettre le feu et d’y enfumer lennemi. S'il faisait du vent, on en profiterait pour porter les flammes contre ja maison, et on tâcherait de fermer, avec des sacs remplis de terre, les créaeaux d’en bas, afin de saper l:s coins. On peut aussi, pour enfoncer les portes, se servir d’un tronc d'arbre suspendu par une corde à trois barres posées en triangle ; on Je pousse avec violence contre une porte ou contre le mur et on y fuit bientôt une large brêche : il faut pour cela que la nuit soit entièrement obscure ; on l’escalade ensuite de tous les
côtés à Ja fois.
Un chef de détachement, qui veut se signaler par l’enlèvement ou Ja défaite d’un poste qui occupe un village, doit commencer par se procurer une connaissance exacte du village où l’ennemi est posté et de ses environs ; savoir si le chef qui commande est un homme prudent et habile, qui fasse faire régulièrement le service, ou si c’est un jeune homme sans expérience, négligent et qui dédaigne de consulter ceux des anciens soldats qui ont fait la
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guerre ; car un homme de cette espèce croit être suffisamment en sûreté lorsqu'il a placé ou fait placer ses gardes tant bien que mal et disposé le reste de son monde sans faire attention à la situation du terrain.
Celui qui commande l'attaque doit être instruit des moyens de précaution et de défense que lennemi a pris dans la village, de quel côté 1] a logé son détachement, s’il est retranché et de quelle manière, quelle place il Jui a fixé en eas d'alarme, si sa troupe est composée de recrues ou d'anciens soldats ; si en cas d'alarme il la réunit près de lui dans une ou deux maisons, ou s'il la laisse dispersée chez les habitants.
il doit examiner si l’ennemi est à portée d’être se:ouru, en combien de temps, et de quel côté peut lui venir le secours ; il doit savoir de quelle façon sont placées les gardes avanctes de nuit et de jour, par où et à quelle heure les patrouilles sont en mouvement.
Lorsqu'il sera suffisamment instruit de toutes ces choses il se disposera à l'attaque.
Si le poste qu’on veut surprendre est éloigné, on se mettra en marche à la nuit -close ou à la faveur d’un brouillard, et on ira
se poster dans un lieu couvert à proxiaité de lPennemi ; il faut.
calculer sa marche pour y arriver avant le jour et sans être rencontré par les patrouilles, et n’omettre aucune des précautions indiquées au chapitre des reconnaissances, pour s'assurer du passage des défilés dans la retraite. On s’urrêtera en attendant le jour, ainsi que le moment où les patrouilles ennemies seront rentrées. Si on n’a pas été découvert, le rapport des patrouilles sera qu’elles n’ont rien vu; en conséquence, le chef du poste fera probablement rentrer sa troupe qui, fatiguée d’avoir veillé et passé la nuit, se livrera au sommeil, croyant être en sûreté. On divisera alors la troupe en quatre parties: la première composera lavantgarde avec ses flanqueurs ; cette avant-garde foncera à la course sur la garde avancée pour l’empêcher de se reconnaître, ou pour s’introduire avec elle dans le village ; elle tirera quelques coups de fusil dans les fenêtres pour augmenter la terreur. On désignera le logement de l’oflicier à quelques hommes intelligents pour se
saisir de lui. Il vaudrait cependant mieux pouvoir pénétrer dans le village sans entamer les postes avancés, parce que ceux-ci
voyant déjà l'ennemi au village, ne se hasarderont pas d’y aller ;
ils aimeront mieux se sauver, et ce sera autant d’ennemis de moins.
La seconde portion entrera à la suite de l'avant-garde et se dirigera, sans perdre de temps, sur la place d’alarme ; elle ne fera, non plus que l’avant-garde, aucun prisonnier, jusqu’à ce que l’ennemi soit mis hors de combat et qu’elle ne rencontre plus de résistance ; la troisième portion suivra les deux autres comme leur réserve : le chef du détachement sera avec cette portion pour empêcher le pillage et donner les ordres nécessaires. La quatrième restera en bataille, hors du village, pour observer les hauteurs et le côté par où le poste attaqué pourrait recevoir du secours, afin d’en prévenir le détachement. Le tambour, s’il y en a un, doit rester avec cette dernière partie, pour avertir de l’arrivée de ennemi s’il se présentait.
Le chef du détachement fera connaître par un signal le moment de faire des prisonniers. On les conduira, sans perdre de temps, à la troupe qui sera en position : il est essentiel que les hommes ne s’amusent point à les mener de côté et d’autre pour les fouiller, ce qui affaiblirait le détachement et empêcherait d’en faire d’autres ; après cela il fera battre le rappel pour rassembler son monde, et tout le détachement se formera en dehors, à l'exception des sentinelles du côté d’où il pourrait arriver du secours, qui se réuniront à l’arrièregarde, avec laquelle marchera le chef qui fera prendre le chemin le plus court et le plus sûr.
Dans une pareille attaque, on doit faire attention au temps qu’on peut avoir avant l’arrivée d’aucun secours, sans quoi on manquerait son entreprise et on courrait le risque d’être pris.
Il n’est pas nécessaire que le détachement soit divisé en parties égales en force, cette disposition dépendant des circonstances. Si l’on a pu éviter les gardes avancées et arriver par les derrières du poste, il sera plus facile de se saisir de l'officier, et d’empêcher l'ennemi de se former: de tous les points d’attaque celui-là est le plus avantageux. Si, au contraire, on doit surprendre un pareil poste pendant la nuit, on s’en approchera ensilence, et, s’il se peut,
nétrer dans [ue ceux-ci s d’y aller ; iis de moins.
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à Ja suite d’une patrouille qui rentrerait. Au moment où l’on sera découvert, l’avant-garde foncera à la course sur la garde avancée ; la seconde partie la suivra de près, ira droit au logement de l’officier, et se dispersera en tirailleurs dans le village, afin d’empêcher l’ennemi de courir aux armes et de se rassembler. La troisième se portera là où l’ennemi résistera le plus. La quatrième restera en position dans le village et enverra quelques hommes en patrouille.
Il est nécessaire dans ces entreprises nocturnes de donner un signal ou de choisir un mot afin de se reconnaître.
Enfin, comme il peut arriver que dans l’attaque d’un poste, soit de jour, soit de nuit, l’ennemi ne fasse qu’une molle résistance tout en se retirant, il faut, en pareille circonstance, ne le poursuivre qu’avec infiniment de précaution ; car il est à présumer qu’il est soutenu à peu de distance et qu’il veut vous attirer dans une embuscade. Ces sortes d’expéditions servent à former les hommes, à leur donner de l’audace et à développer l'intelligence des officiers de troupes légères.
On sent bien qu’il n’y a point de règles certaines à donner pour la surprise des postes : l’intelligence et l’occasion sont ce qui donne souvent lieu à l’exécution de ces sortes d’actions. Aux stratagèmes que l’on peut employer joignez la force et la bravoure. Partagez la nuit le détachement comme nous l’avons dit, parce que, dans l’épouvante que causent les surprises, il est difficile à l'ennemi de se reconnaître lorsqu'il se voit assailli de tous côtés, qu’il est obligé de se partager et ne sait conséquemment à quel endroit courir de préférence : il est alors presque certain, qu’étonné d’une attaque générale et soudaine, le découragement s'empare de lui ; car il se représente alors les objets plus grands qu’ils ne le sont, surtout dans une nuit obscure.
Moyens de se garantir de toute surprise.—Ce n’est point assez de veiller à la sûreté intérieure du poste que l’on garde, il faut aussi veiller à sa sûreté extérieure, afin de n’être pas surpris ou enlevé à l’improviste, Le seul moyen de se mettre à l’abri des surprises M: dans les précautions qu’on prend contre tout ce
qu’il est possible à l’ennemi d’ertreprendre et dans une attention continuelle à prévoir tout ce qui peut arriver de fâcheux.
Un chef de poste doit donc rappeler souvent à ses soldats leurs devoirs lorsqu'ils sont en faction, ou lorsqu'ils sont 5n patrouille, et les prévenir sur ce qu’ils auraient à faire en cas que l’ennemi vint les attaquer. Il leur montrera aussi la manière de lui résister par telle ou telle manœuvre, selon qu’il viendrait attaquer le poste de tel ou tel côté. S'il occupe un retranchement, il leur fera voir la difficulté de le franchir, et par conséquent l’avantage qu’a uae troupe retranchée sur celle qui attaque à découvert : c’est ainsi qu’il ies préparera à résister à l’ennemi.
Le moment le plus propice pour surprendre un poste et auquel on doit être le plus vigilant, c’est le matin, une heure ou deux avant le jour. Il faut donc avoir soin de tenir les soldats éveillés, et, comme nous l’avons déjà dit, de faire rapprocher du poste, pendant la nuit, toutes les sentinelles et de les faire doubler aux endroits dangereux.
On devra prendre les armes une heure avant le jour et attendre la grande clarté et le rapport des découvertes pour faire rentrer son monde.
Lorsqu'on est vis-à-vis de l’ennemi et qu’on présume être attaqué, on fait alors avancer pendant la nuit un ou deux détachements de trois hommes à 100 ou 150 pas du poste ; ils se placent un peu en avant des sentinelles et se cachent dans les endroits par où l’on pense que l’on pourrait venir. Au premier coup de fusil, l'ennemi étonné croit tomber dans une embuscade, il s’enfuit laissant souvent de son monde.
On donnera un signal muet aux sentinelles et à ces détachements.
Si l’on garde un village ou un hameau, on doit avoir soin d’empêcher qu'aucune personne suspecte ne puisse s’y glisser ou que des habitants ne vous trahis:ent : dans ce dernier cas, on s’assure de la personne du maire et d’un notable qu’on rend responsables de tous les accidents qui pourraient arriver. Au coucher du soleil, on ne laisse plus entrer ni sortir qui que ce soit, et on embarasse tous les passages. On a soin de visiter de jour tous les charriots qui entrent,
1e attention
oldats leurs n patrouille, ue l’ennemi > lui résister quer le poste il leur fera antage qu'a uvert : C’est
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On fera reconnaître pendant le jour, à chaque chef d’escounde, la place d’alarme et le chemin le plus court pour s’y porter avec célérité. Siles chemins étaient embarrassés par des charriots ou autres choses, on les ferait déblayer et on se servirait de ces obstacles pour couvrir ses flancs.
L’éloignement de l’ennemi ne doit jamais faire négliger toutes ces précautions.
Dans tous les cas, il faut choisir, pour loger un détachement, le côté du village le moins exposé, celui où il peut être rassemblé le plus facilement et se trouver le plus promptement en état de défense.
On se garantit encore par des sentinelles volantes qui ont ordre de se promener le long des ruisseaux, autour des villages, des ravins, et qui font feu dès qu’elles voient quelques gens arriver à elles.
Des embuscades,—On forme une embuscade soit pour arrêter un convoi, soit pour enlever des patrouilles, soit pour battre une troupe qui vient assaillir un poste, soit enfin pour arrèter un courrier.
Le secret est l’âme de ces sortes d’entreprises.
Quand on va dresser une embuscade, il faut prendre toutes les précautions que la prudence suggèrera. On dirige sa marche d’après les principes détaillés pour les reconnaissances.
Dans les embuscades, la règle la plus diflicile à suivre sans doute, c’est de placer le corps embusqué assez près du lieu où l’on veut attaquer l’ennemi pour que le combat soit engagé si subitement qu’il nait pas le temps de s’y préparer, et assez loin pour que, marchant avec toutes les précautions, il ne puisse découvrir la troupe embusquée. En général, la distance la plus ordinaire et la plus convenable est de deux à trois cents pas. ;
Le succès dépendant d’une apparition soudaine et imprévue, il faut combiner sa marche de manière à n’arriver au lieu de l’embuscade que quelques instants avant le moment où on doit attaquer, afin de prendre ses précautions et de r’être point découvert.
Les défilés entre des bois, des collines, des marais, sont très-
propres aux embuscades ; on les tend encore avec succès dans des 28 *
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jardins, des parcs, des ravins, derrière des haies épaisses, des muisons, des villages, proches des rivières dont les bords sont escarpés, remplis de joncs, et enfin dans les champs couverts de hautes moissons.
L'endroit le plus favorable pour l’attaque d’un convoi est celui où un pont, un défilé, un bois, une chaussée à travers un marais, des chemins mauvais et étroits, empêchent les différents détachements qui escortent le convoi de se sécourir mutuellement ; toutes choses égales d’ailleurs, on doit donner la préférence à un endroit très-éloigné des postes ennemis, parce que l'attaque est plus facile et la retraite plus sûre. Les jours pluvieux sont les plus favorables,
Si on veut s'emparer d’un courrier, on placera l’embuscade dans ur lieu où le chemin sera difficile où même gâté. 11 faut choisir de préférence le penchant d’une colline ou un terrain qui ne permette pas au courrier d'échapper par lu vitesse de sa marche.
Autant qu’il sera possible, on entrera dans le lieu de l’embuscade par les derrières où au moins par les flancs, pour que les traces du détachement ne le décèlent point. La nuit est le moment le plus favorable pour y entrer ; les jours de brouillard sont encore, par la même raison, trës-bons pour les embuscades.
Aussitôt quon est entré dans l’embuscade, on place des sentinelles sur des arbres ou sur des endroits élevés ; celles-ci doivent, par leur position, découvrir tout ce qui marche vers le détachement ; on établit ensuite deux petits postes vers les extrémités de l’embuscade et on les pose en dehors des sentinelles pour arrêter toute personne qui passerait près de l’embuscade.
Une embuscade placée dans un défilé doit y laisser entrer autant d’ennemis qu’elle croit pouvoir en battre. Aussitôt qne la tête du détachement ennemi est proche, celle-ci se montre et ferme la sortie du défilé ; une seconde partie sépare ce qui est entré dans le défilé d'avec ce qui n’y est pas encore ; une troisième enfin tombe sur ce qui est compris entre les deux premières parties.
Quand le défilé est formé: par des montagnes, on place l’embuscade sur le derrière de la hauteur ou sur le penchant qui domine le défilé. Dans tous les cas, le détachement qui doit
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fermer la sortie du défilé doit être le plus voisin de l’endroit où il doit combattre ; les autres ne doivent se montrer que lorsque celui-ci a commencé l’attaque.
Un bois qui borde u;, chemin est favorable pour létablissement d’une ambuscade : on se gardera bien de placer les troupes trop près de la lisière du bois, parce que l’ennemi ne muuquerait pas de les découvrir.
De toutes les espèces de bois les taillis sont les plus favorables aux ambuscades ; les haies peuvent aussi servir lorsqu'elles sont hautes et bien fonrnies. Un jardin, un verger où un pare n’y sont propres qu’autant qu’ils offreut, par les murs ou les haies qui les enseignent ou par l’épaisseur des bosquets qui les composent, une cloison que l’œil ne peut percer.
Lorsqu'on est averti que l’ennemi doit tenter pendant la nuit de surprendre le poste qu’on occupe, on peut espérer, en lui dressant une ambuscade, de le battre ou de lui ôter l’envie de poursuivre son entreprise : pour cela, on se placera dans un endroit favorable, et une fois qu’on y sera rendu, on partagera sa troupe en trois ou quatre détachements, laissant à l’ennemi le chemin de la retraite ouvert et se ménageant le moyen de se retirer soi-même en sûreté, en cas qu’on n’ait pas le succès dont on se serait flatté. On place le plus fort détachemement au travers du chemin que l’ennemi doit tenir et le plus près du ste: les autres sont sur le flanc de la marche et du côté de la ‘etraite; l’ennemi approche et passe devant les deux premiers ‘iétachements sans que ceux-ci se découvrent ; il marche et dorne devant celui qui lui barre le chemin; celui-ci fait feu, alors les autres se montrent, et marchent à lui en faisant une décharge.
Une troupe ainsi attaquée au milieu d’une nuit obscure sur le bord d’un bois et ignorant par qui elle est assaillie, est bientôt mise en fuite. Dans cette circonstance, onse gardera bien de poursuivre les fuyards et on songera à faire sa retraite.
Si deux chemins peuvent conduire l’ennemi à un poste, on se portera sur celui qu’il devra naturellement suivre et on placera sur l’autre un détachement, afin d’être averti à temps pour rentrer dans son poste avant qu’il soit attaqué.
On lève une ambuscade tontes les fois que le grand avantage que vous eût donné la surprise aura été rendu nul, ou par la force très-supérieure de l’ennemi, ou par la découverte qu’il aura faite de vos projets par un déserteur ou par des paysans.
Le moyen le plus sûr de ne pas donner dans les ambuscades est d’être persuadé que l’ennemi a profité de tout ce qui pouvait lui être favorable, et a marché avec toutes les précautions que la prudence peut suggérer. On redoublera d’attention et de soins quand on marchera la nuit et pendant des brouillards épais : on ne passera jamais au pied d’une montagne ou d’une colline sans en avoir fait reconnaître les penchants et la hauteur; auprès d’un bois, sans l’avoir fouillé ; dans un chemin creux, sans que les éclaireurs en aient examiné les environs ; d’une maison où d’un village, sans s’être assuré que l’ennemi ne loccupe pas. Pour que toutes ces reconnaissances ne ralentissent pas trop la marche, on aura soin de pousser les éclaireurs en avant et de prendre la précaution de les lier avec le détachement par le moyen de quelques postes intermédiaires. Si, avant de quitter un poste, on est assez heureux pour découvrir que l’ennemi a dressé une ambuscade, il faut, ou
différer l’exécution de l’entreprise qu’on a méditée, ou prendre un autre chemin, ou augmenter le nombre de la troupe pour ne point craindre une attaque, ou enfin dresser soi-même une ambuscade à l'ennemi.
1 avantage ar la force | aura faite
iscades est ouvait lui que la prusoins quand 1ne passera n avoir fait . bois, sans >laireurs en illage, sans > toutes ces aura soin de tion de les ostes interez heureux , il faut, où prendre un bur ne point
buscade à