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Les chemins de fer

En faisant le rapport d’une reconnaissance topographique, relati. vement aux routes, on doit signaler les accidents de son parcours.

Ces accidents sont les suivants :

Les villages que la route traverse ;

Les rivières qu’elle coupe et les moyens employés pour les franchir ;

Les hauteurs qui la dominent ;

Les routes où chemins qui viennent s’y embrancher;

Les encaissements, les pas dangereux, ainsi que les réparations qui peuvent y être nécessaires ;

La voie des voitures du pays, leur nature et le nombre que l’on pourrait en réunir par réquisition ou par marché ;

Enfin on signale les pentes des parties inclinées.

Il faut joindre encore à cette description de la route, l’indication des moyens à employer pour la détruire.

Ces moyens sont les suivants :

On peut faire sauter une arche de pont.

On peut creuser, sur une grande longueur et de distance en distance, des tranchées larges et profondes en travers de la route.

En pays de montagne, on détruit les talus de soutènement, où bien l’on fuit sauter des rochers.

Généralement on choisit, pour intercepter une route, un pont où il y a des travaux d’art.

Tels sont les principaux détails à donner dans la reconnaissance d’une route.

On doit y ajouter quelques mots sur le rôle militaire que cette route peut jouer.

On étudie alors sa direction générale, ses points de départ et d'arrivée, etc. Cette route peut devenir suivant sa direction une ligne d'opérations ou une ligne de communications.

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Après les routes viennent les chemins ; ces chemins diffèrent des routes par leurs dimensions, par leur mode de construction et var leur état d’entretien.

Généralement ils sont bons en été et médiocres en automne.

En plaine ils sont praticables aux voitures. EE

En pays de montagne, ils ne servent qu’aux bêtes de somme.

Dans les reconnaissances de chemins, on doit indiquer :

Leur direction ;

Leur largeur ;

La nature du sol sur lequel ils sont établis ;

Les mauvais pas qu’ils présentent et les travaux à faire pour les réparer ;

Enfin le rôle qu’ils peuvent jouer dans les opérations. Ce rôle sst souvent très-important ; d’autant plus important quelquefois que l’on croit le chemin moins praticable aux armées.

Les sentiers, qui viennent après les chemins, jouent parfois aussi un grand rôle dans les opérations.

On donne sur les sentiers les mêmes détails que sur les routes et les chemins.

On remarque particulièrement les pas difficiles et l’on indique a manière de les réparer et de les franchir.

Indépendamment des routes, chemins et sentiers, les armées se servent encore de débouchés tactiques.

On appelle débouché tactique une direction praticable à travers des champs, indiquée par un arbre,un clocher, une hauteur, etc., et conduisant de la position occupée par une armée à la position qu'occupe en face d’elle l’armée ennemie.

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Dans les reconnaissances d’un débouché tactique, on indique sa nature, sa largeur, sa direction, les points de repère qui doivent guider les troupes ; les mauvais pas que l’on y rencontre ; les réparations que l’on doit y faire ; les obstacles qui pourront servir à couvrir les troupes pendant leur marche ; enfin les travaux matériels à exécuter à l’avance, pour l’organisation du débouché,

Ces travaux consisteront en wmèrs ou haies à percer, en ponts à jeter sur les ruisseaux, en rampes à établir, signaux à installer, ete.

Reconnaissances des chemins de fer.—Les chemins de fer ont une origine toute récente. [ls ont été employés d’abord dans les usines et dans les forges. nour le transport du minerai et du charbon. On se servait de bandes de fer sur lesquelles glissaient les roues. La traction était opérée par des chevaux, et l’effurt de ces animaux produisait un effet huit fois plus grand que sur des routes ordinaires horizontales.

Bientôt, on se servit de la vapeur comme moyen de traction. On employa d’abord une machine fixe, avec une chaîne sans fin : puis on employa des locomotives.

Les locomotives se sont perfectionnées d’une manière remarquuble depuis l’origine des chemins de fer. Elles se perfectionnent tous les jours. Elles augmentent de puissance et de vitesse.

Les premières locomotives ne faisaient, au maximum, que 8 ou 10 lieues à l’heure. Elles ne déplaçaient que 60 tonnes. Aujo'trd’hui elles font généralement 12, 15 et même 20 lieues à l’heure. Elles déplacent facilement 150 tonnes ; il y a même des machines à marchandises à trois roues couplées, qui traînent 400 tonnes.

Evidemment les chemins de fer joueront un rôle considérable dans les opérations futures.

Les chemins de fer serviront au transport des troupes, remplaçant avec avantage les marches en poste et accélérées. Ils serviront encore au transport du matériel et des approvisionnements,

Par suite il y aura lieu d’en faire la reconnaissance.

On indiquera d’une manière générale :

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On étudiera le tracé général et l’on développera les considérations stratégiques qui s’y rattachent.

On indique le nombre de locomotives disponibles, leur force, leur

état d'entretien, les endroits où elles doivent s’arrêter pour faire de l’eau et du charbon.

Puis le nombre de voitures dont on pourrait disposer pour le transport des différentes armes : voitures à voyageurs, voitures à bagages, voitures pour les chevaux, plates-formes pour l'artillerie.

Enfin, les gares et stations, avec leu:5 moyens d'embarquement.

On présentera l’indication des mécaniciens, des chauffeurs, des surveillants de la voie, des employés de toute espèce.

Reconnaissances des défilés. —Les routes, les chemins, les sentiers, les défilés, etc., en un mot, toutes les voies de communication, présentent certains endroits où les troupes ne peuvent passer que sur un front rétréci.

Ce sont les défilés.

On en rencontre à tout instant, dans les villages, dans les gorges de montagne, à travers les bois, au milieu de prairies maréca-

geuses, enfin au passage des rivières, soit sur des ponts, soit à des gués,.

On divise les défilés en deux classes :

10. Ceux dont les flancs sont découverts et inaccessibles ; 20. Ceux dont les flancs sont couverts et accessibles.

Cette distinction est nécessaire, parce que, suivant la nature du défilé, on emploie des moyens diflérents pour le défendre ou pour attaquer.

Dans la reconnaissance d’un défilé, on étudie d’abord le terrain enavant du défilé, c’est-à-dire le terrain par lequel doit arriver l'ennemi.

Puis on étudie le terrain e arrière, celui par lequel on peut avoir à se retirer.

On examine ensuite le défilé lui-même. On indique sa largeur,

sa longueur, pour savoir si, d’un bout à l’autre du défilé, on peut en

flanquer la tête ; puis son intérieur, pour connaître les points fav.

rables ou contraires.

Pour les défilés de la deuxième espèce, on indique la nature des flancs, les communications qui les traversent, et parmi celles-ci celles qui viennent aboutir dans le défilé lui-même.

L’on termine par des considérations militaires sur le rôle que peut jouer le défilé dans les opérations, et sur les moyens à employer pour le défendre ou pour l’attaquer.

Pour la défense on se place généralement en arrière du défilé, quand on veut seulement en interdire l’accès à l’ennemi. Onse place en avant, quand on veut en conserver l’usage.

Pour les défilés à flancs inaccessibles, comme les ponts, les digues, les gués, etc., s’ils ne sont pas trop longs, on cherche à tirer des flanquements de la voie que l’on occupe. Sinon, on fait des coupures derrière lesquelles on se retire successivement. On dis pose ensuite la masse de ses forces concentriquement autour du débouché du défilé, de manière à y écraser l’ennemi en l’enveloppant.

Si le défilé est à flancs accessibles, comme une gorge de montagne, comme une route dans les bois, uu à travers un village, etc., on organise la défense des flancs en même temps que celle de l’intérieur.

On dispose dans le défilé plusieurs réserves successives, particulièrement aux points où il y a des changements de direction.

Quand il s’agit d’attaquer un défilé, on dispose des batteries d’artillerie qui croisent leurs feux sur les abords, éteignent celui de l’ennemi et préparent l’attaque de linfanterie.

Des tirailleurs soutiennent ces batteries, et cherchent à démonter les canonniers opposés.

| Reconnaissances des cours d’eau.

Les eaux réduites en vapeur dans l’atmosphère se précipitent sur la terre sous forme de pluie ou de neige.

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Une partie de ces eaux, provenant de pluies où de la fonte des neiges, coule à la surface du sol et se rend directement dans les vallées.

Une autre partie filtre à travers les terrains perméables et descend dans l’intérieur de la terre jusqu’à ce qu’elle rencontre une couche qu’elle ne puisse pénétrer. Elle glisse alors sur cette couche, elle en suit les sinuosités et elle vient jaillir sous forme de sources, à la surface du sol, dans les endroits peu élevés, ou bien, si elle ne trouve pas d'écoulement immédiat, elle forme des grands réservoirs intérieurs.

Les éaux qui glissent à la surface de la terre, ou qui pénètrent dans son intérieur pour former les sources, descendent toujours dans les vallées, s’y réunissent et y forment des masses d’eau courantes ou stagnantes. |

Les eaux courantes sont : les ruisseaux, les torrents, les rivières et les fleuves.

Il faut y ajouter les canaux, cours d’eau factices, créés par la main des hommes pour les besoins du commerce et de l’industrie.

Les eaux stagnantes sont des lacs, des étangs, des marais, des tourbières.

Il faut y ajouter les innondations, qui diffèrent des marais en ce

qu’elles ne sont généralement qu’éventuelles, peu profondes et :

souvent artificielles.

Telles sont les différentes formes sous lesquelles se présentent les exux à la surface de la terre. Nous allons les examiner successivement et voir les détails de leur reconnaissance.

Des sources.—On peut avoir à reconnaître une source quand celle-gi est destinée à fournir de l’eau à un camp ou bivouac.

Il y a alors deux choses principales à examiner : lo. La nature des eaux ; 20. Leur volume.

La nature ou la qualité des eaux se reconnaît par une analyse sommaire ; leur volume par un jaugeage que l’on fait également au moyen des procédés les plus expéditifs.

On doit indiquer encore dans la reconnaissance d’une source, sa 11*

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position par rapport à l’emplacement des troupes, la nature de ses abords et les travaux que l’on peut avoir à y exécuter.

Des ruisseaux, — Les ruisseaux sont de petites rivières. Ils pro. viennent généralement d’une ou plusieurs sources. Ils se gros. sissent des eaux de pluie.

Ils jouent un rôle dans les opérations militaires. Ils servent d'obstacles, et les hauteurs de droite et de gauche qui forment leurs vallées coi:'::e1.' à rendre plus fortes les positions qu’ils défendent.

Dans la recsanaiss 1ce d’un ruisseau, on indique sa direction, sa largeur, sa profondeur, sa vitesse, la nature de ses bords, la largeur de son bassin, les affluents de droite et de gauche, les points de passage qu’il présente, gués, ponts ou points favorables à l’établissemeit des ponts militaires.

I1 faut noter encore les usines ou moulins que le ruisseau met en mouvement, ainsi que les crues auxquelles il est sujet.

On termine en examinant la nature des services qu’il peut rendre, d’après l’ensemble de l’opération que l’on doit exécuter. Par exemple, il peut servir à couvrir le front ou le flanc d’une position, d’un camp, d’un cantonnement, d’une marche, etc.

Dans le cas où les troupes doivent utiliser les eaux, il faut recon-

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cavalerie.

les torrents. — Les torrents sont les ruisseaux des pays de mortagnes.

Ils sont alimentés par des sources et surtout par la fonte des neiges.

Les reconnaissances des torrents portent sur les mêmes objetsique celle des ruisseaux. Cependant on examine particulièrement la: nature du fond sur lequel ils roulent, ainsi que les époques de leurs crues.

Ces tpoques sont généralement périodiques et correspondent à la fonte des neiges.

Enfin on indique le rôle qu’ils peuvent jouer dans les opérations.

Des rivières. —Les rivières sont formées par la réunion de sources et de ruisseaux fournissant un volume d’eau assez considérable.

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Les fleuves sont formés par la réunion de plusieurs rivières, et l'on fait généralement remonter le noin du fleuve jusqu’à la source la plus importante.

Les détails de la reconnaissance d’une rivière ou d’un fleuve étant les mêmes, nous les réunissons dans un même paragraphe.

On doit indiquer :

lo. Le nom du cours d’eau ;

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