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La statistique s’exprime généralement par des chiffres que lon groupe dans des tableaux de forme différente.
La première condition que doivent remplir ces reconnaissances est évidemment l'exactitude.
€ Le plus souvent, elles ont pour objet le logement et les vivres Dans ce cas, pour être exact, l’officier chargé d’une reconnaissance statistique doit visiter lui-même les maisons et les écuries, et s'assurer de ieur contenance ainsi que de leur état. Il doit chercher un endroit pour le magasin à fourrages, un autre pour la forge, un Ni troisième pour l’abreuvoir, etc.
Quant aux vivres, on apprécie les approvisionnements visibles, on recherche ceux qui peuvent être cachés. On se procure les | mercuriales des marchés pour connaître la’ valeur des denrées,
Enfin on prend des renseignements auprès des habitants et des autorités, renseignements que l’on vérifie, autant que possible.
Voilà les principes généraux des reconnaissances statistiques.
Je Des espions, des déserteurs, des guides et (e des cartes.
Les reconnaissances, comme nous l’avons déjà dit, servent à fournir des renseignements militaires sur le terrain et sur l’ennemi.
Mais indépendamment des reconnaissances, il y a encore d’autres moyens pour obtenir ces renseignements. Ce sont les espions, les déserteurs, les prisonniers, les guides et les cartes.
L’application et l’emploi de ces moyens rentrent dans la spécia- Dre lité des officiers d’état-major.
Ü 1 Fo Dans l’armée anglaise, en Espagne, le duc de Wellington avait créé une classe d’officiers qu’il appelait officiers de renseignements. C’était une subdivision de son état-major.
Des espions.—Les espions sont indispensables en campagne ; on
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Souvent les espions sont doubles et servent les deux partis. Ils sont alors dangereux ; mais si on s’aperçoit de leur double rôle, ils peuvent être fort utiles pour tromper l’ennemi,
L’espionuage est organisé par l’état-major.
Des déserteurs,— Les déserteurs sont amenés au quartier général et interrogés. Ordinairement, on leur pose une série de questions relatives à emplacement et aux forces de l’ennemi. On doit se méfier de leurs réponses et chercher à les vérifier.
Des prisonniers, —On les interroge également, mais on n’ajoute pas une foi complète à leurs réponses. D'abord le soldat et l’officier subalterne ne connaissent que ce qui se passe autour d’eux, dans un rayon peu étendu. De plus on peut supposer qu’ils chercheront à cacher la vérité.
Des guides, —On prend des guides pour accompagner les colonnes. Ce sont généralement des gardes forestiers, des garde-chasse, des bergers, des bûcherons, des contrebandiers, etc. On les paie bien afin de s’assurer de leur fidélité ; mais en même temps si l’on se défie d’eux, on les menace de mort. On les fait alors marcher entre deux hommes chargés de leur brûler la cervelle en cas de trahison. Quand les guides sont à pied, on les attache ; quand ils sont à cheval, on leur donne une mauvaise monture.
Généralement c’est encore l’état-major qui cherche et qui interroge les guides.
Des cartes, —C’est l'état-major enfin qui est chargé de la conservation et de la vérification des cartes, tant de celles que l’on possède, que de celles dont on s’empare.
Il y a deux espèces de cartes:
lo. Les cartes générales, dont on se sert pour les opérations stratégiques, donnant l’ensemble d’un théâtre d’opérations ; 20, Les cartes particulières ou plans topographiques, dont on se
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La beauté d’exécution d’une carte répond généralement de son exactitude. Néanmoins, avant d’y ajouter une confiance entière, il faut la vérifier.
Les cartes ont une grande importance en campagne.
Napoléon avait toujours avec lui la carte du pays où il faisait la guerre. Il en avait une dans sa voiture. Un officier de son étatmajor en portait une autre quand il était à cheval. Il en faisait étendre une dans son logement, sur une table ou sur le plancher. Il indiquait sur cette carte l’emplacement de ses divisions et la position présumée des divisions de l’armée ennemie, au moyen d’épingles, dont la tête était enveloppée de cire de différente couleur, etc.
Conclusion.
Dans ce premier livre, nous nous sommes occupés des principes sur lesquels reposent les systèmes militaires modernes.
Nous avons ensuite étudié la tactique des différentes armes et les principes d’organisation des armées actives.
Nous avons aussi rarlé des petites opérations et des reconnaissances.
En résumé, ce premier livre a été consacré à l’étude de la création d’une armée et de sa préparation pour entrer en campagne.
Nous terminerons en jetant un coup-d’œil sur les principales conditions que doit remplir une armée active sur le point d’entrer en campagne, et en même temps sur celles que doit remplir l'officier qui la commande.
L'armée doit remplir les conditions suivantes :
lo. Son recrutement aura été tel que l’on trouvera dans ses rangs un certain nombre de vieux soldats ayant déjà l'expérience de la guerre et en même temps des jeunes gens faits, vigoureux.
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20. L’armement et le matériel seront en bon état et à la hauteur des perfectionnements modernes ;
30. La discipline reposera sur des bases solides et sera appropriée au caractère des soldats ;
40. L’instruction des troupes sera complète. Sur le champ de bataille, elles présenteront à la fois de la solidité et de la mobilité, elles exécuteront bien les feux, elles manœuvreront avec rapidité, fermeté, précision ; elles seront rompues à la marche ; elles sauront camper, s’éclairer, se garder, s’approvisionner, etc. ;
5o. Il y aura dans les grandes unités, brigades et divisions un esprit de corps analogue à celui des régiments ;
60. Les cadres en général seront bien composés ainsi que les divers états-majors ;
To. L’administration sera en état de pourvoir à tous les besoins des troupes ;
80. Le chiffre de l’armée, son organisation, sa composition seront bien en rapport avec la nature de la guerre et du terrain ;
90. Enfin, sous le rapport moral, cette armée sera animée à la fois de constance, de résolution et d’enthousiasme ; elle aura en même temps du fonds et du feu.
Tel est le type d’une bonne armée.
Après le tableau de l’armée, voici quel devrait être le portrait de l'officier qui en a le commandement :
Cet officier devrait posséder l’art des marches et des campements, comme Montecuculli ;
Celui de fortifier les places et de les rendre inexpugnables, comme Vauban ;
Celui de savoir faire subsister de nombreuses armées dans des pays stériles et ruinés, comme le prince Eugène ;
Celui de saisir l’occasion pour enflammer le courage du soldat et en tirer plus qu’on a droit d’en attendre, comme Vendôme;
Il devrait posséder en outre le coup d’œil qui décide du succès des batailles, comme Condé ;
Le moyen de rendre les troupes insensibles à la faim, au froid et à la fatigue, comme Charles XII.
Le secret de inéuager la vie des hommes, comme Turenne.
Le coup d’œil stratégique de Napoléon, sa résolution, son intelligence des hommes et des choses.
Ajoutons enfin qu’un général doit être heureux, ou du moins qu’il passe pour l’être. Cela donne une grande confiance aux troupes.
Au début d’une campagne, un engagement d’avant-garde, habile. ment conduit, suffit souvent pour donner cette réputation.
Voilà le général en chef.
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