‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 85 sur 156 · Da · texte numérisé non relu

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Le seul cas où des lignes puissent encore être utiles, c’est quand elles sont courtes, qu’elles couvrent une grande étendue de pays, et qu’elles sont soutenues par des places ou de gros postes fortifiés.

Des inondations.—Ce sont de vastes étendues d’eau, de plusieurs lieues de longueur, occupant tout un fond de vallée et tendues nu moyen d’écluses de retenue couvertes par des places.

Des places du moment,—Ce sont des villes ouvertes que l’on entoure d’ouvrages de campagne, auxquelles l’on donne une enceinte et une garnison, et qui jouent momentanément le rôle de places fortes dans les opérations.

Elles contiennent des magasins, des dépôts ; on les établit, par exemple, au moment d’une invasion et sur les points où l’on voudrait avoir des places fortes.

Des positions défensives.—Enfin les frontières présentent encore des positions défensives, situées à portée des places fortes et des débouchés principaux. On les choisit et les fortifie à l’avance. On y concentre ses forces actives au début des opérations.

Tels sont les moyens fixes de défense que présentent les frontières, moyens naturels ou artificiels.

Chaque état peut se diviser en un certain nombre de théâtres d'opérations.

Sur chacun de ces théâtres, on répartit les places fortes d’après les principes suivants :

10. On crée d’abord une ligne défensive sur la limite extrême du pays, en profitant habilement des obstacles naturels et en fortifiant les principaux défilés. Les places établies sur cette ligne sont destinées à arrêter ou au moins à retarder les premières attaques de l'ennemi, si l’on est sur la défensive. Elles doivent servir de dépôts et constituer la base d’opérations quand on prendra l’offensive.

20. Dans l’intérieur, on s’assure des passages les plus importants

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des cours d’eau ou des chaînes de montagnes, et on prépare d’avance leur organisation en ligne de défense.

30. Sur chaque frontière, ou sur chaque théâtre d’opérations, on établit une grande place ou un camp retranché, devant servir de pivot stratégique ou de point d’appui à l’armée opérant sur cette frontière.

40. Enfin la capitale de l'Etat doit être erveloppée d’une enceinte bastionnée, capable de résister à des moyens de campagne, et sous ses murs, ou tout au moins à portée, il doit y avoir un grand camp retranché, destiné à devenir le réduit de la défense du pay: et où se passera le dernier acte de la campagne.

“ Les fortifications de Paris, dit à ce sujet le maréchal Marmont, “ ont fait plus pour la force de la France que n’aurait pu faire un ‘“ grand accroissement de territoire.”

Voilà les principes généraux qui président aujourd’hui à l’organisation de la défense de frontières.

Ainsi que nous l’avons dit, on les considère comme de vastes théâtres d’opérations, sur lesquels on distribue les places fortes d’après Li l'étude des points et des lignes stratégiques, et d’après l’examen des bassins de rivières, des chaînes de montagnes et de tous les eccidents naturels que l’on y rencontre.

La défense d’un pays est toujours basée sur les places et les armées, c’est-à-dire sur des éléments fixes et sur des éléments mobiles. Autrefois le rôle principal était aux places, aujourd’hui il est aux armées.

Des fontières maritimes.—Sur une frontière maritime, on a à craindre les débarquements et les bombardements.

On s’oppose aux uns et aux autres au moyen d’éléments de défense mobiles et d'éléments fixes.

Les éléments mobiles sont :

lo. Des corps d’observation, des détachements formés par la réunion de garnisons de plusieurs places, etc. DNt: 20. Des escadres et des bâtiments de guerre. Ë RER Les éléments fixes sont des places fortes, des batteries de côtes nn jui: et des postes garde-côtes.

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Les batteries de côtes sont établies sur les caps et sur les points dominants: elles tiennent éloignés les vaisseaux ennemis et protégent le cabotage.

Enfin les postes garde-côtes et les vigies, relient entre eux les divers moyens de défense, troupes de terre, escadres, places et batteries. Ils donnent avis des mouvements de l’ennemi.

Voyons les moyens que l’Angleterre a organisés et qu’elle perfectionne pour la défense dé ses côtes.

Les côtes de la Grande-Bretagne ont été divisées en 11 arrondissements, dont les points de partage sont les points saillants du littoral.

Chaque arrondissement est commandé par un capitaine de vaisseau.

Les moyens de défense fixes sont :

10. Des batteries de côtes, des forts, des postes garde-côtes et des vigies ;

20. Chaque arrondissement a un port de refuge, vaste, d’un accès facile, bien couvert par des ouvrages de fortification et présentant des ressources pour l’équipement des escadres.

Les moyens de défense mobiles sont :

lo. Des corps de troupe, troupes de ligne, milices, volontaires douaniers, etc. ;

40. Chaque arrondissement possède un vaisseau à hélice à petite vitesse appelé block-ship, attaché au port de refuge et portant le guidon du commodore. Il y a de plus un certain nombre de tanonnières ;

30. Puis, comme réserve générale, il y a l’escadre du canal, composée de dix vaisseaux à hélice à grande vitesse, avec des frégates et des corvettes.

| L’ensemble de ces moyens de défense est relié par un télégraphe électrique de ceinture.

fl le sera:un jour par un chemin de fer également de ceinture, destiné à transporter rapidement des troupes et de l'artillerie.

Des siéges considérés dans leurs rapports avec les armées actives.

Les opérations offensives s’adressent généralement aujourd’hui aux armées. Quand celles-ci sont battues, les places tombent ordinairement d’elles-mêmes, cependant on fait encore très souvent des siéges.

Tout récemment, nous avons eu les siéges d’Alger, d'Anvers, de Rome, et de Sébastopol.

L'art de diriger les siéges appartient à la fortification ; mais c’est la stratégie qui indique leur nécessité ; c’est elle qui désigne les places qu’il faut absolument assiéger, et celles au contraire que l’on peut se contenter de masquer en passant outre. C’est elle encore qui, dans l’organisation de la défense d’un Etat, indique les emplacements stratégiques où l’on doit construire les places fortes.

Les places bien situées dans ce cas sont aussi utiles que les places mal situées sont nuisibles, en affaiblissant l’armée et en occasionnant de grandes dépenses. .

Dans tous les cas, un siége demande toujours deux armées :

Une armée de siége proprement dite, forte autant en infanterie, qu’en artillerie et génie, avec un matériel proportionné à l’importance de l’opération ;

Et une armée d’observation destinée à couvrir le siége et à contenir les attaques que l’ennemi pourrait tenter avec une armée de secours.

C’était ainsi au siége de Mantoue en 1798, au siége de Dantzi en 1807.

Enfin à Sébastopol, où l’armée d’observation bordait la Tchernaiï.

Autrefois l’armée de siége s’enfermait dans des lignes ; aujourd’hui les lignes sont proscrites et remplacées par les positions

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L'armée d’observation s’établit à une certaine distance, en arrière d’une ligne de défenses.

Elle surveille les forces actives de l’ennemi.

Elle utilise les ressources du terrain.

Elle ne doit pas être trop éloignée, pour que l’armée de secours ne puisse pas se glisser entre elle et l’armée de siége. Voilà la disposition générale des armées actives pour les siéges.

Quant au rôle des troupes, il comprend les opérations suivantes :

L'investissement ;

L'ouverture de la tranchée ;

L'établissement des parallèles et des cheminements ;

La construction des batteries ;

Le couronnement du chemin couvert et l’établissement des batteries de brèche ;

Enfin les assauts.

La défense comprend les opérations inverses.

Influence du terrain sur les opérations militaires.

Le terrain a exercé de tout temps une certaine influence sur les opérations militaires.

Dans les guerres civiles et dans les guerres nationales, la connaissance seule des localités a souvent assuré les succès de quelques partisans déterminés contre des armées entières.

Dans l’antiquité, nous retrouvons l’application, sur le terrain, des principes de la stratégie moderne. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire la retraite des dix mille, l’expédition d’Alexandre, celles d'Annibal, enfin les campagnes de César.

L'influence du terrain sur les opérations tactiques des anciens 14*

se reconnait moins facilement ; ils recherchaient généralement les plaines pour y établir leur ordre de bataille, qui présentait beaucoup d’épaisseur et peu d’étendue.

Cependant l’histoire nous montre Léonidas occupant un défilé pour arrêter l’armée des Perses ; Decius devant les Samnites, sauvant l’armée Romaine par l’occupation d’une hauteur ; Fabius prenant de fortes positions pour observer Annibal, et enfin ce dernier lui-même profitant habilement des formes du terrain pour disposer ses troupes sur les bords du lac Trasimène et pour y accabler Flaminius.

Le terrain jouait donc un grand rôle dans les opérations des anciens.

Au moyen-âge l’art était peu de chose, la prouesse était tout.

Il ne faut chercher à cette époque ni stratégie ni tactique, et la connaissance du terrain était profondément dédaignée, dédain du reste qui fut si fatal aux armes françaises à Crécy, à Poitiers, à Azincourt.

A la renaissance de l’art militaire, on voit renaître avec Gustave- Adolphe l'influence du terrain sur les opérations.

Bientôt Turenne et Montecuculli se font une guerre de positions: puis Luxembourg, Eugène, Marlborongh, combinent tous leurs mouvements d’après la configuration de leur échiquier. |

Nous trouvons ensuite dans les campagnes de Frédéric une foule d’exemples où le choix du terrain et des positions a déterminé le succès.

Après la guerre de sept ans, l’influence du terrain devient même trop considérable. On sacrifie la science du mouvement des troupes à l’occupation des principaux accidents du sol. Les batailles ne sont plus que des aifaires de postes.

Sous Napoléon, la connaissance du terrain devint plus que jamais la base de toutes ses entreprises ; mais en même temps on sut y joindre la science du mouvement des troupes.

On voit alors les armées se mouvoiravec rapidité sur les théâtres d’opérations et sur les champs de bataille, tout en profitant habilement des accidents du sol pour couvrir leurs mouvements ou pour augmenter leur force.

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La connaissance du terrain sert de base à toutes les entreprises militaires.

C’est d’après ses formes et ses divers accidents que l’on combine À toutes les opérations stratégiques et tactiques. | HE 5

Nous examinerons son influence à ces deux points de vue.

Au point de vue stratégique, les formes du terrain entraînent machinalement le cours des opérations.

Les armées suivent presque toujours les vallées, parce qu’elles y trouvent des communications faciles et des ressources de toute espèce.

Elles s’arrêtent sur certaines positions qui leur donnent des PU Li avantages pour l’offensive ou pour la défeusive, et ces positions sont 5 HO presque toujours les mêmes ; elles semblent dominer le cours de la di guerre et être le rendez-vous des armées. ù LÀ

Pendant des siècles entiers, et des guerres successives, on a vu les combats décisifs se livrer presque toujours sur les mêmes champs de bataille.

Par exemple, six grandes batailles furent livrées à Fleurus, trois à Cassel, quatre à Soissons, deux à Leipzig, deux à Lutzen ; et les ae noms de Magenta, de Turbigo, de Buffalora, de Solférino, de Casti- El glionne, etc., etc..., se retrouvent à la fois dans les campagnes de is ST We 1796, de 1800, de 1849 et de 1859. ie

Ainsi donc, les formes du terrain entraînent le cours des opéra- it tions stratégiques et amènent toujours, presque muchinalement, les armées sur les mêmes champs de bataille.

Au point de vue tactique, le terrain présente les propriétés sui- nt vantes :

Il cache la force, la position et les mouvements des troupes ; il rend les approches plus difficiles, et par conséquent il empêche L l'ennemi d’aborder une ligne de bataille avec rapidité et en ordre ; RUES Il protège plus ou moins contre l’effet des projectiles ennemis ; Il favorise l’action de notre propre feu.

Sur un champ «le bataille, les moindres mouvements de terrain sont importants. Un retranchement de quelques pieds, qui s’aper-

çoit à peine, abrite parfaitement le soldat contre le ravage de l’ar. tillerie, ou au contraire l’y expose.

Les moindres ondulations suffisent pour briser les lignes de bataille, rompre la symétrie des manœuvres ou intercepter la vue.

On voit, d’après les considérations qui précèdent, que l’étendue du terrain, aux deux points de vue stratégique et tactique, est fort importante.

Cette étude présente deux parties : la reconnaissance des divers accidents du sol et leur appréciation militaire.

On apprécie le rôle de ces mêmes accidents et les avantages ou les inconvénients qu’ils présentent, soit pour l’offensive, soit pour la défensive.

Nous allons donner quelques principes relatifs à cette appréciation.

Un officier habile, dit le maréchal de Saxe, doit savoir profiter de toutes les différentes situations que la nature lui présente ; c’està-dire des plaines, des montagnes, des chemins creux, des chaînes d’étangs, des rivières, des ruisseaux, des bois, et d’une infinité d’autres choses dont l’officier intelligent se sert merveilleusement dans l’occasion.

Des déserts. —Les déserts peuvent servir de limites à un théâtre d'opérations. Ils sont praticables dans certaines conditions.

Considérés au point de vue stratégique, ils limitent généralement les opérations des armées. Au point de vue tactique, ils exercent une certaine influence sur les formations des troupes.

De la mer,—La mer peut également servir de limite à un théâtre d'opérations. Par suite elle peut servir d’appui au flanc d’une armée qui accomplit des mouvements stratégiques.

La mer peut aussi servir de limite à un champ de bataille. Et alors l’armée maîtresse de la mer pourra, au moyen de ses fiottes, tourner ou inquiéter l’une des ailes de l’armée ennemie, comme les canonnières anglaises à Aboukir, comme la flotte des alliés à Alma.

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jouent un grand rôle en stratégie, car tous les mouvements stratégiques s’exécutent sur des routes.

Parmi ces routes, les unes perpendiculaires aux frontières, conduisant aux extrémités du territoire, deviennent des lignes d’opérations.

Les autres, parallèles aux frontières, deviennent pour les armées des lignes de communication.

Les chemins servent aux mouvements des troupes. Les sentiers ont souvent une grande importance.

On a encore comme voies de communication, les lignes de fer.

Elles ont une très grande importance en stratégie. Elles servent aux mouvements rapides des troupes et particulièrement des réserves d’élite, au transport des vivres et du matériel.

Dans l’offensive, elles peuvent alimenter de loin la base d’opérations.

Dans la défensive, elles peuvent apporter sans cesse à l’armée des renforts et des approvisionnements que l’on pourra par suite réunir beaucoup plus en arrière et beaucoup plus loin de l’ennemi qu'on ne le faisait autrefois.

Voilà le rôle stratégique des voies de communication.

En tactique, elles servent aux mouvements des colonnes ; leurs intersections forment des clefs de positions, muis leur rôle est moindre qu’en stratégie.

Des défilés, —En stratégie, les défilés tels que les ponts sur les rivières, les gorges dans les montagnes, les passages dans les bois, constituent des points importants dont il faut tenir compte et dont les armées cherchent à s’assurer la possession.

En tactique, le passage d’un défilé est toujours une opération délicate.

Des lieux habités, —En stratégie, les grandes villes, qui sont en même temps des centres de ressources et de richesses de toute espèce, forment des points stratégiques importants : elles servent d'appui ou de but aux opérations.

Les bourgs et les petites villes peuvent servir de places du moment. On les organise alors défensivement, on y réunit des

magasins, des approvisionnements, des manutentions. On y crée des hôpitaux. On y bâtit des fours de campagne, etc.

Les villages, ies châteaux, les couvents, les fermes, etc.., peuvent, en stratégie, servir de postes de campagne. Ils assurent alors la ligne d’opérations. Ils contiennent les ressources nécessaires pour les troupes de passage. Ils forment des gîtes d’étape.

Sur les champs de bataille, les fermes, châteaux, villages, bourgs ou petites villes, forment par leur emplacement, leur disposition et leur construction, des obstacles naturels qui permettent à quelques troupes peu nombreuses de résister à des forces bien supérieures.

Quelques heures d’une semblable résistance peuvent amener d’immenses résultats.

Quand les obstacles dont nous parlons sont situés sur le front d’une position, ils peuvent servir de points d’appui à la ligne de bataille, comme le château d’Hougoumont à la bataille de Waterloo.

Quand ces points sont situés dans l’intérieur de la position, ils favorisent les mouvements rétrogrades.

Enfin, quand ils sont situés sur les abords, ils servent de postes détachés ou de postes avancés, observant l’ennemi et retardant ses premières attaques.

Des bois.—Les bois, considérés sur les théâtres d’opérations, peuvent former des Lignes de défense ou servir à couvrir des concentrations d’armées.

Sur les champs de bataille, les bois mettent l'infanterie à l’abri de la cavalerie. Ils permettent de voir sans être vu. Ils masquent les mouvements des troupes. Ils dérobent leurs défenseurs aux yeux de l’ennemi, qui se trouve contraint de combattre à découvert contre des adversaires invisibles.

A la bataille d’Iéna deux bouquets de bois servaient d’appuis aux deux ailes de l’armée prussienne.

La bataille de Hohenlinden s’est passée au milieu d’un bois.

Quel que soit le rôle des bois, qu’on les emploie comme ligne de défense ou comme points d’appui sur une position militaire, on les renforce ordinairement en y faisant des abatis.

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On coupe alors des arbres de moyenne grosseur, on les fait tomber du côté de l’ennemi en croisant leurs branches.

Un abutis de cette espèce ayant une certaine profondeur et flanqué par des ouvrages est à peu près impénétrable.

Des hauteurs et des montagnes.— Er stratégie, les montagnes forment des lignes stratégiques. Une chaîne de montagnes, quelle que soit sa direction, forme un obstacle qui coupe en deux parties le théâtre d’opérations. Elle présente des points culminants dont il faut rester maître, parce qu’ils dominent à la fois cinq ou six vallées ; elle offre en même temps des cols d’où partent les cours d’eau, et où de tous côtés les chemins viennent aboutir.

L’armée qui occupe ces divers points peut alors passer d’un versant à l’autre de la chaîne suivant les circonstances.

Les montagnes qui se trouvent sur un théâtre d’opérations peuvent être ramenées à deux directions principales. Elles peuvent être: lo. parallèles à la frontière ; 20. perpendiculaires.

Dans le premier cas, l’armée, maîtresse des points de passage, peut en déboucher comme des têtes de pont, soit pour prendre l’offensive, soit pour jeter des colonnes sur les flancs de l’ennemi qui se présente devant d’autres points où l’on reste sur la défensive.

Dans le second cas, l’armée peut appuyer aux montagnes l’une de ses ailes, et, suivant les circonstances, elle peut passer d’un versant à l’autre de la chaîne. Elle peut ainsi éviter l'ennemi, si celui-ci est supérieur ; et, dans le cas où il viendrait à se séparer en deux corps, eile peut profiter de l’occasion et :«anœuvrer de manière à accabler une de ses fractions.

En tactique, c’est-à-dire, sur les champs de bataille, les hauteurs, en général, dominent et découvrent au loin l’ennemi.

Elles augmentent la portée des projectiles.

Elles mettent les troupes à couvert derrière leurs revers.

Elles obligent l’ennemi à des efforts pour les gravir.

Elles rendent son feu incertain et de moins d’effet.

Dans leurs parties escarpées, elles présentent des points de sûreté défendus par leur nature même.

Voilà le rôle stratégique et le rôle tactique des principaux accidents du terrain.

De la guerre des montagnes.

Un théâtre d’opérations se décompose généralement en trois parties et présente trois caractères principaux.

On y trouve d’abord le pays plat, le pays ouvert, qui se trouve au fond des vallées, puis le pays varié, formant une partie intermédiaire, enfin les pays de hautes montagnes, que l’on ren-

contre aux limites du théâtre.

Les opérations ont lieu ordinairement sur les deux premières parties, en raison des ressources qu’elles présentent comparativement à la troisième, où de grandes armées ne sauraient vivre.

Cependant la guerre se porte aussi quelquefois dans les mon-

tagnes.

Comme le maréchal Macdonald en 1800, opérant dans les Alpes pour établir une liaison entre l’armée d'Allemagne et celle d’Italie.

Cette guerre présente des difficultés particulières. D’après le duc de Rohan, un général qui opère dans les montagnes, doit marcher, pour ainsi dire, la sonde à la main, ne jamais franchir une gorge sans s’être saisi des hauteurs et ne jamais s’avancer qu’en assurant convenablement ses derrières.

La guerre des montagnes est essentiellement défensive. La nature du pays favorise beaucoup la défense. En cas de grands revers, ce sont les montagnes qui servent de refuge aux peuples vaincus.

Avant tout, il faut déterminer la force de l’armée que l’on veut employer dans les montagnes.

Cette armée doit être de force moyenne. Trop nomoreuse, elle ne saurait subsister.

Pour sa composition, cette armée comprendra surtout de l’infanterie; on y ajoutera un dixième de cavalerie, pour la surveillance,

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L'ordre de bataille de cette armée se composera généralement d'une chaîne de postes, suivant les sinuosités du terrain, et soutenus en arrière par des réserves.

Cette disposition est en raison de la configuration des montagnes qui présentent certaines parties inaccessibles et des débouchés peu nombreux.

De plus, cette disposition présente l’avantage de nourrir plus facilement le gros des troupes que l’on tient dans les parties basses.

Pour renforcer les positions dans les montagnes, l’art vient au secours de la nature. On coupe les routes, on fait sauter les ponts, on prépare des fougasses, on fait des abatis. Enfin on élève des ouvrages de fortification sur les points les plus importants, de manière à s’assurer les passages et à pouvoir aller partout et l’ennemi nulle part.

Comme manœuvres, on emploie beaucoup, dans les montagnes, les marches combinées, que l’on ne saurait employer que rarement enplaine. Ces marches n’offrent pas alors de danger réel, l’ennemi ne pouvant pas se jeter entre les colonnes. Il suffit que chaque colonne soit assez forte pour défendre la vallée où elle opère.

Quant au système de guerre, dans la défensive, il consiste à observer les débouchés par des détachements et à occuper une position centrale, au nœud de toutes les communications avec le corps principal. De cette manière, on peut accabler successivement les différents corps de l’ennemi, au fur et à mesure qu’ils débouchent.

Dans l'offensive, le système de guerre consiste à manœuvrer autour de l’ennemi pour le tourner. On se porte alors sur les flancs ou sur les derrières, de manière à menacer ses communications et à l’obliger de venir nous chercher et de combattre avec le désavantage du terrain.

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Ces principes sont les mêmes que ceux posés deux siècles auparavant par le duc de Rohan. Ils peuvent se résumer en disant que dans les montagnes on manœuvre offensivement et que l’on combat défensivement ; que la stratégie doit être offensive et la tactique défensive.

Influence des cours d'eau sur les opérations militaires.

Cette étude fait suite à celle du rôle que joue le terrain à la guerre.

Les cours d’eau passent par les endroits les plus riches du territoire.

Les terrains qui les environnent sont les moins tourmentés. Les communications dans les vallées sont les plus nombreuses et les plus faciles ; enfin, c’est en remontant les cours d’eau que lon trouve vers leur source des cols servant : sranchir les montagnes,

Ces diverses considérations amènent les armées près des cours d’eau et font généralement de leurs bassins lethéâtre des opérations.

L'influence des cours d’eau sur les opérations dépend alors de deux choses :

De leur importance ;

Et de leur direction.

L'importance d’un cours d’eau est due à sa largeur, à sa profondeur, au volume de ses eaux, à la nature de ses rives, à l’étendue et à la richesse de sa vallée, enfin aux moyens de transport ou de navigation qu’il présente. Par rapport à la direction, elle peut être parallèle aux lignes d’opérations, ou perpendiculaire à ces mêmes lignes.

Dans le premier cas, ils rendent de grands services pour les transports et ils font partie de la ligne d’opérations elle-même.

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Dans le deuxième cas, ils deviennent des lignes de défense.

Quelle que soit donc leur direction, les cours d’eau exercent une grande influence sur les opérations.

En stratégie, ils forment, comme nous venons de le dire, des lignes de défense ou des lignes d’approvisionnements.

Considérés au point de vue tactique, les cours d’eau présentent des obstacles qui renforcent les positions, et ils offrent en outre sur leurs points de passage des défilés qu’il faut attaquer ou défendre.

Des cours d’eau considérés au point de vue stratégique, —Les cours d’eau, considérés sur les théâtres d'opérations, peuvent avoir, comme nous l’avons dit, deux directions principales,

Ils peuvent être :

Parallèles à la marche de l’armée, Ou perpendiculaires.

Dans le premier cas, un cours d’eau devient une puissance auxiliaire par la ligne d’opérations.

On s’empare alors de tous les moyens de navigation que l’on rencontre et l’on s’en sert pour le transport du matériel de l’armée.

En même temps ce cours d’eau parallèle à la ligne d’opérations peut servir à appuyer l’un des flancs de la marche.

Et enfin quand on possède sur le cours d’eau des moyens de passage permanents et sûrs, c’est-à-dire des ponts couverts par des places ou par de doubles têtes de pont, on peut à volonté se couvrir du cours d’eau ou en déboucher.

Lorsque les cours d’eau sont perpendiculaires, ils servent de lignes de défense dans la défensive, ou de bases d’opérations dans l'offensive.

On appelle ligne de défense, un obstacle continu derrière lequel des troupes trouvent des avantages pour s'établir et pour résister à des forces supérieures.

Pour qu’un cours d’eau forme une bonne ligne de défense, il faut qu’il soit assez large, assez rapide et assez profond pour constituer un obstacle sérieux.

Il faut de plus qu’il soit appuyé par des places fortes, par des

places du moment, ou par des têtes de pont convenablement placées.

Enfin il faut qu’il y ait un certain rapport entre la longueur de la ligne de défense et le nombre des troupes chargées de h défendre.

En général, il est difficile de trouver cette relation, parce que les cours d’eau sont invariables, tandis que les armées varient,

Ordinairement on se borne à occuper une certaine étendue du cours d’eau, en la proportionnant au nombre des troupes dont on dispose.

Quand une armée s’établit derrière un cours d’eau et qu’elle veut en faire sa ligne de défense, elle prend alors les dispositions suivantes :

10. Elle détruit les passages, ponts et gués, qu’elle ne veut pas conserver et qui pourraient être utiles à l'ennemi ;

20. Elle couvre par des têtes de pont ceux qui peuvent lui être utiles. Ces ponts eux-mêmes sont quelquefois coupés vers le milieu et, sur la coupure, on établit un pont-levis.

Souvent encore on renverse les parapets de ces ponts, de manière à pouvoir en battre toute la longueur avec des batteries d’enfilade,

3. Il faut ramener tous les bateaux sur la rive que l’on occupe.

4. On doit établir des batteries de position sur les points où l'ennemi pourrait vouloir tenter le passage.

5. L’on établit des postes de surveillance profitant des bouquets de bois, levées ou plis de terrain, afin de pouvoir voir sans être vus. Le reste des troupes est établi en première et seconde ligne à des distanc-s convenables, mais placées de telle manière qu’elles puissent arriver à temps pour empêcher l’ennemi de jeter ses ponts.

Dans la défense d’un cours d’eau, il ne faut pas se contenter de rester derrière l’obstacle et de repousser les attaques de l’ennemi, il faut souvent prendre soi-même l’offensive et déboucher de ses têtes de pont pour profiter des fautes de son adversaire ou pour se jeter sur le flanc de ses lignes ou colonnes.

Nous passons au rôle tactique des cours d’eau.

Des cours d’eau considérés au point de vue tactique. —Les cours d’eau présentent sur leurs points de passage des défilés qu'il

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