‹ Traité d'art et d'histoire militaires [microforme]Chapitre 87 sur 156 · Enf Si elle a I · texte numérisé non relu

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20. Il y a ensuite les démonstrations tactiques exécutées à de petites distances et quelques heures seulement avant le véritable passage.

Quelles que soient les démonstrations, elles doivent remplir certaines conditions :

10. Une démonstration doit être faite sur un point avantageux au passage, sans quoi l’ennemi ne s’y laisserait pas tromper ;

20. Il faut que le point choisi soit à une distance convenable du point réel. Trop près, on n’attirerait pas au loin l'attention de l'ennemi ; trop éloigné, la démonstration pourrait n’avoir plus de but ;

30. Le corps chargé de la démonstration ne sera ni trop faible, ni trop fort ; trop faible, l'ennemi le néglige, trop fort, il affaiblit le corps principal ;

40. Enfin, le moment de la démonstration n’est pas indifférent. Si elle a lieu trop tôt, l’ennemi a le temps de la repousser et de revenir à l’autre attaque ; si elle a lieu trop tard, on ne trompe pas l'ennemi.

Lorsque l’on surprend réellement l’ennemi, alors le passage a lieu librement ; mais le plus souvent, l’ennemi n’est surpris que dans les premiers moments. Bientôt il accourt en nombre, et le passage par surprise dégénère en un passage de vive force.

Les passages de vive force présentent quatre circonstances différentes :

lo. Le passage peut avoir lieu sur un pont déjà construit, mais défendu par l’ennemi.

La première chose à faire est alors d’emporter la tête de pont. La seconde est de franchir le défilé.

Pour enlever la tête de pont on agit comme pour les postes brtifiés. A 7 ou 800 mètres, on place de l'artillerie de gros

| calibre, et sous sa protection, l’infanterie, enveloppée de tirnilleurs,

se rapproche des ouvrages. Quand les pièces ont fait une brèche, les troupes montent à l’assant et emportent la tête de pont.

On seconde ordinairement l’attaque de vive force par des passages secondaires qui résultent des démonstrations tentées sur

d’autres points du cours d'eau, et qui servent à menacer }:s derrières comme des défenseurs. étaient 2. Quand il n’y a pas de moyen de passage établi à l’avance 3. Ur alors il faut jeter un pont sous le feu de l’ennemi. être con On distingue, dans cette opération trois périodes : mes 10. Les opérations préparatoires ; Les d 20. La construction des ponts ; | De ph 30. Le passage. pour ne Les opérations préparatoires comprennent le choix des lieux de On tra rendez-vous et d'emplacement, pour lés troupes, pour les ponton- rompt le niers et pour le matériel. Elles comprennent encore le choix des Quand positions des batteries d'artillerie qui doivent faire converger leurs Dans feux au débouché du pont. attention Le moment de l’opération est généralement l’aube du jour. 40. Ent Les batteries prennent position. ebretreit Les pontonniers et le matériel sont rendus sur les emplacements Rue qui leur ont été désignés. Si les É Les troupes sont massées à portée du point de passage. hi “ On lance, alors, sur la rive opposée, dans des bateaux légers, Quelque quelques compagnies de tirailleurs qui repoussent les détachements tandis qu?

de l’ennemi, et qui s’établissent autour du point d’atterrage. Tels suut les préliminaires de l’opération. Il faut a L'on procède ensuite à la construction des ponts. D cos La co désespérés

Autant que possible, on jette plusieurs ponts, au moins deux: l’un pour l’infanterie et l’autre pour la cavalerie. En tous cas, Nous cit l’on s'arrange de manière que les troupes de toutes armes puissent Celui du

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Puis, les ponts construits, on arrive à la troisième période de l’opération, au passage qui doit avoir lieu avec ordre et sans

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Le passage d’un corps de 30,000 hommes sur une rivière de largeur moyenne demande environ deux heures.

C’est là, du moins, le temps employé par le corps de Lecourbe pour franchir le Rhin à Stein, au-dessous de Schaffouse,

A l’île de Lobau, sept ponts sont jetés dans la nuit ; le passage

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commence à quatre heures du matin ; à midi 150,000 hommes étaient sur la rive gauche du Danube.

3. Un passage offensif peut avoir lieu à gué. Les gués peuvent être comparés à des ponts, car ils sont généralement peu larges et assez réguliers.

Les dispositions à prendre dans les deux cas sont analogues.

De plus on recommande aux hommes de ne pas regarder l'eau, pour ne pas être entraînés.

On trace les limites du gué avec des poteaux et des cordes. On rompt le courant avec des lignes de cavalerie.

Quand les guës sont larges, on les franchit en bataille.

Dans les rivières torrentueuses et à crue rapide, il faut faire attention à ne pas se trouver, tout à coup, coupé en deux ;

40. Enfin, une armée peut avoir à exécuter un passage de rivière en retraite et devant l’ennemi.

Si elle possède un pont couvert par une tête de pont, l'opération est facile.

Si les ponts n’existent pas, alors il faut occuper une position pour couvrir le point de passage et donner ie temps d’en établir.

Quelquefois, l’on est suivi sur une rive par un corps ennemi, tandis qu’un autre corps occupe la rive opposée et ferme le passage.

Il faut alors arrêter le corps poursuivant, surprendre à l’autre corps la construction du pont, et enfin, après le passage, se jeter en désespérés sur les troupes que l’on a devant soi.

Nous citons comme exemple de passage offensif de cours d’eau :

Celui du Rhin, par Moreau, en 1796.

L'armée d’Helvétie, sous les ordres de Masséna en 1799, est établie du Rhin au Saint-Gothard, derrière la Limmat, la Linth et la Reuss.

Masséna veut prendre l'offensive et profiter du départ de l’archiduc Charles pour aceabler les Russes de Korsakoff, laissés seuls en attendant Souwarof,

La Limmat, du lac de Zurich au Rhin, formait une ligne courte, très-forte, difficile à franchir. Sa largeur moyenne était de 100

mètres, 15 *

I] y avait deux points de passage :

L’un à l’embouchure de L’Aar, près du village de Vogelsang, où l’on pouvait conduire les embarcations par eau, mais qui ne présentait que ce seul avantage ;

L’autre à Diétikon, où un repli considérable de la rivière, dont la convexité était tournée du côté des français, procurait l'avantage de pouvoir croiser le feu d’une nombreuse artillerie. Celle-ci pouvait être établie sur un plateau élevé. La presqu’île où ils devaient aborder était assez basse et couverte par un petit bois dont ils devaient d’abord s'emparer, et qui servirait à protéger les troupes,

L’ancrage était bon et le courant moins rapide que partout ailleurs.

Tels étaient les avantages.

Comme inconvénients, il n° avait pas d’île protectrice, pas de cours d’eau pour amener les barques ; il fallait les porter sur des voitures par des routes difficiles et étroites.

Les moyens disponibles consistaient en 16 bateaux d’artillerie et en barques ou nacelles du lac de Zurich pouvant servir à passer des troupes.

Il y avait, pour les transporter, 24 haquets.

On fit plusieurs convois qui suivirent les chemins du pays en se masquant des vues de la rive droite. Les bateaux furent déchargés derrière le village de Diétikon.

Le 3 vendémiaire, au matin, tout est prêt, et l’opération commence.

Les Français simulent un passage à Vogelsang.

Cette démonstration attire l’attention de l’ennemi et lui fait porter vers ce point une réserve de 2,000 srenadiers, placés vis-à-vis du passage véritable, et qui aurait probablement gêné l’opération.

A Diétikon, les bateaux légers sont portés dans l’eau à bras ; 600 hommes sont jetés par eux sur le bord opposé. Les haquets arrivent alors au trot sur la rive, et l’on travaille à la construction du pont. Commencé à cinq heures, il est achevé à sept heures et demie. A neuf heures, le général français Lorges, avec 14,000 hommes, a passé le Limmat et est établi sur la rive droite.

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Des marches en général.

Les divers moyens employés pour la concentration d’une armée sont :

Les marches de route et le transport de troupes par chemin de fer.

On distingue trois espèces de marches :

lo. Les marches de route, qui ont lieu dans l'intérieur du pays ou en pays allié, mais dans tous les cas, loin de l’ennemi et san; que l’on ait besoin de tenir compte de sa présence.

20. Les marches stratégiques qui ont lieu sur le théâtre d’opérations, à portée de l’ennemi, mais hors de sa vue ;

30. Les marches tactiques qui s’exécutent sur le champ de bataille, sous le feu de l’ennemi, et que l’on appelle aussi marches-manœuvres.

L’art de bien ordonner les marches d’une armée s’appelle la logistique.

La logistique règle l’ordre des troupes dans les colonnes, détermine pour chacune d’elles le moment du départ, son itinéraire, les lieux d’étape et de séjour, prévoit les mesures de précaution “militaires et administratives, indique les moyens de communication entre les colonnes, enfin assu 2 leur arrivée à jour fixe et à point nommé. |

Les marches sont de la plus grande importauce dans l’art militaire ; elles doivent être combinées de telle manière que toutes les conditions relatives aux opérations, aux subsistances, aux débouchés, soient satisfaites et surtout de manière à épargner aux troupes des fatigues inutiles.

Marches de route.—Les marches de route s’emploient dans les circonstances suivantes :

lo. Quand il s’agit de concentrer une armée sur sa base ;

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