‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 12 sur 113 · ARMES DE JET · texte numérisé non relu

ARMES DE JET

mençant soi-même le combat, sauf à se servir ensuite des armes de main, si Ton n^a pas réussi dans les coups dirigés à distance , ou si Ton n'a produit qu'une partie des effets qu'on en attendait. C'est la manière de combattre que l'infanterie emploie le plus habituellement , depuis les grands perfectionnemens qui ont été apportés dans la construction des armes de jet ; ce mode est d'ailleurs le seul possible, lorsqu'on est séparé de l'ennemi par des obstacles qu'on ne peut franchir.

Tous les moyens de destruction dont on peut se servir dans la lutte corps à corps ^ ne sont pas susceptibles d'être employés de loin , et de plus , ceux qui peuvent l'être perdent une partie de leurs avantages : premièrement , les grandes vitesses, dont les mobiles sont animés, diminuent rapidement à mesure que la distance du but augmente, à cause de la résistance que l'air oppose au mouvement des corps, et surtout lorsque leurs masses et leurs densités ne sont pas considérables; ensuite, les mobiles abandonnés à eux-mêmes sont facilement déviés de leur direction par tous les obstacles dont l'action n'est pas directement opposée à leur mouvement. On a bien pu remédier aux pertes de vitesse des projectiles dans l'air, et même augmenter ces vitesses , lorsque les masses sont destinées à agir par le choc, au moyen de frondes, de ressorts ou autres machines ; mais pour celles qui sont aiguës, il faut de plus employer quelque artifice qui maintienne constamment la pointe en avant; quant aux armes tranchantes , il faudrait pouvoir leur assurer pendant tout leur mouvement la position et la direction suivant lesquelles l'arête vive agit le plus favorablement; tous les moyens essayés jusqu'ici dans ce but , ont complètement échoué , et l'on y a renoncé.

La construction ordinaire des armes aiguës , dont la forme est généralement allongée, et dont la partie an-

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térieure est plus dense que les autres , tend naturellement à assurer à leur pointe une position stable pendant tout le trajet dans Pair ; on assure d^autant plus cet effet , qu'on place le centre de gravité g ( Fig. ao J , plus en avant du centre de résistance r, soit en diminuant la densité des parties postérieures , soit en augmentant la résistance que Tair oppose à leur mouvement , comme dans les javelots a dont la hampe est en bois léger, et comme dans les flèches b qui sont empennées à Fextrémité opposée au fer. Mais en employant ainsi la résistance de Tair, pour assurer la direction des corps, ou augmente les obstacles qui s'opposent au mouvement , et les projectiles ne peuvent plus être Ispicés qu'à d'assez faibles distances , lors même qu'ils sont animés primitivement de grandes vitesses. D^un autre côté , si l'on augmente la densité des parties postérieures , pour diminuer la résistance de l'air , on renonce à assurer au mobile la direction qu'il doit garder pendant le trajet ; d'ailleurs l'effet des pointes perd considérablement de ses avantages dans les chocs violens , surtout quand ces pointes agissent contre des corps durs , parce qu'alors elles s'émoussent , ou se brisent facUement, et cette déformation diminue beaucoup leur pénétration. Aussi , depuis qu'on est parvenu à imprimer aux mobiles des vitesses considérables , les corps aigus ont été généralement abandonnés comme projectiles et ceux qui agissent par le choc, sont les seuls dont on se serve actuellement à la guerre.

52. Jinciennes armes de jet. Dans les premiers temps, les projectiles étaient lahcés à la main ; on ne pouvait leur imprimer que de très-faibles vitesses par ce mode, 'qui né permet pas d'utiliser toute la force musculaire du bras , ni de la faire agir pendant nn temps assez considéhiblc pour produire dé grands effets. Pour obtenir de plus- grandes vitesses, on a cherché d'abord à allonger le

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levier qui sert à transmettre raction, comme dans le mail , ou à faire agir plus long-temps cette force sur le mobile ai^i moyen de la fronde. On ne se borna pas à remploi direct du bras y pour lancer les projectiles , Télasticité de certains corps d^une forme allongée , comme les branches 2Karbres, donna Tidée de se servir de Tare, puis des différens ressorts que Tindustrie des hommes a su créer, et enfin des forces naturelles, comme la pesanteur. Mais ces ressorts et ces forces ne rendaient jamais quWe quantité d^efiet égale , au plus , à celle qui avait été employée pour les tendre ou les mettre en action ; la force musculaire de Fhomïne est restée le moteur; c^çst toujours lui dont les bras ont raidi , soit directement, soit à Taidede machines, ces ressorts qui, en se débandant , agissaient sur le mobile. ,

Cest ainsi que V arbalète (*) (Fig. 21), formée dW arc nionté sur un fût, pouvait être tendue avec plus d^é* norgie au moyen d^un crochet ou pied-de-biche , espèce de levier dont le petit. bras était contourné en spirale, ou avec un craneqidn, espèce de treuil, ou enfin avec d^autres mécanisnies, conune le cric et la vis. La partie antérieure de Farbalète, creusée en gouttière, servait à diriger le trait; en remplaçant ce canal par un tube fendu latéralement , sur une partie de sa longueur, pour le passage de la corde de Parc , on obtint une arme qui imprimait d^assez grandes vitesses à des galets ou cailloux roulés, à de petits boulets de pierre et à des balles de fer ou de plomb. Cette disposition lui fit donner, dans Le premier cas , le nom d'haro à jalet, et dans le second, celui i^ arquebuse (^^)^ à cause du tube qui servait à

(*) Hom composé des mots arc et baliste*

(**) Bu mot arc et du terme technique buse, qui sert à designer 'un tabe on tm tuyau qui dirige et ^pi conduit. L^origine italienne arco hugio^ arc percé, parait indiquer une construction particoliére de Tanne.

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assurer la direction du projectile : ce dernier nom fut plus tard appliqué aux petites armes à feu destinées à remplacer cette ancienne machine , et à lancer des balles de métal. Cette construction servit de transition dans le passage des anciennes armes de jet aux premières armes à feu portatives : à la tension de Tare, on substitua celle des gaz de la poudre; le tube continua à diriger le projectile.

Les anciennes armes de jet ne sont pas abandonnées depuis fort long-temps, car on se servait encore de frondes en 157a, au siège de Sancère, et dVrcs, de 1602 à i6o4> au siège d^Ostende, pour lancer des flèches armées de grenades ; les Anglais avaient encore des archers dans leurs armées en 1627.

33. Les anciennes armes de jet, dans lesquelles on n^employait que la réaction de ressorts , ne purent jamais communiquer aux projectiles que des vitesses très-limitées, aussi il y eut une révolution complète dans la construction des armes, et une augmentation considérable dans leurs effets , lorsque la découverte des propriétés de la poudre , permit de se servir de la force élastique des produits gazeux développés dans sa combustion. On ne put exécuter que successivement la substitution des nouvelles machines aux anciennes, et seulement à mesure que les progrès des arts donnèrent les moyens de contenir ce nouveau moteur, et de le diriger dans ses effets. L^iutensité de son action, qui dépassait de beaucoup celle de toutes les forces connues alors, fut cause qu'on ne se procura que difficilement, et après beaucoup d'^cssais infructueux, des matières et des machines assez solides pour résister à cette action ; actuellement même la solution de ce problème est encore imparfaite.

54. Premières armes à feu. Les premières armesàfeu ne lurent d'abord, ainsi quW vient de le dire , quWe modification d'aune arme ancienne, composée dW cylindre creux en fer a (Fig. aa, 23, a4)> destiné à diriger le projectUe, et d'une boite b contenant la poudre et fennée avec un tampon, comme celles dont on se sert encore actuellement pour produire des détonations en signe de réjouissance. Ces deux parties étaient assemblées au moment du tir, au moyen de brides ou d'étriers J, et serrées fortement Tune contre Tautre avec des coins en fer c* Pour chaque tube on voUe , on avait ordinairenobent deux boites , dont Tune se chargeait pendant qu'on tirait Tautre.

35. Les armes à feu étaient connues dès le commencement du 1^ siède ; des auteurs français de cette époque en font mention. On dit que les Maures s'en servirent au siège de Ronda, en i3o5 , et qu'on en fabriquait en Bohême, en tSio. Ces assertions, et d'autres semblables, sont contestées; mais il est certain que la cité de Metz en possédait plusieurs en iSaiS ^ sa garnison s^'cn servit avec succès, l'année suivante, dans différentes sorties (*); on les employa en Auvergne en i338, au Quesnoy, en i34o,et en Languedoc, en i345 (**). Enfin J. Villani, historien florentin, mort en i348, en décrit les effets, et rapporte que les Anglais s'en servirent avec succès à la bataille de Crécy, en i346 (***).

(*) Grande 'cfaroniqae de Metz , dite de Praitton , aimée 1324, mawoBcrit autographe, appartenant actuellement à la bibliothèque d^pinal.

(**) Dncange, re|;istFe8 delà chambre des comptes de Paris. — Froissart , Histoire et dironicpe , Lyon, i^b9 , vol. I , pag. 61 . — Comptes du uësorier de Toulouse, reçu du 39 aoârt 134£? , bibl. du Roi, tit. scell. de CUfimévea, fiisteke gàiërale du Languedoc , Pariii 1742 , tome IV, preuves , col. 201.

■{***) On fiiit remonter à cette époque Texistence d^armes à feu semblaWfla à celle qui iot tronyée dans b mer , devant Calais , en 1827, et tpn est repvésenWe Fig. 2!l».

^6 ARMES POETAtiVËS.

56. Les proportions du tube en fer de celles de ces armes destinées à tirer de petites balles de métal ^ lui firent donner les noms de baston, canne, canon ; ce dernier nom est encore celui de cette partie des armes à feu. La propriété de lancer les mobiles avec force, avait fait donner à d^anciennes armes de jet, qui étaient destinées à lancer des traits, des carreaux et de petits boulets de pierre, le nom de spingalles , de Titadien spingare, spingere (pousser), et celui de espringallesy de Fallemand springen (s^élancer avec impétuosité). Le même motif fît appliquer, avec raison, ces noms aux nouvelles armes qui possédaient cette propriété, à un bien plus haut degré (*).

57. Ces nouvelles armes, qui durent être très-recherchées dès leur apparition , à cause de la puissance de leurs effets , se répandirent assez rapidement chez certaines nations ; mais elles ne fiirent pas adoptées dès le principe , surtout dans les pays du nord , aussi généralement qu^on serait tenté de le penser aujourd'hui ; ce ne fut qu'en i354 qu^on commença à s'en servir en Danemarck, ainsi que dans une grande partie de rAUemagne. Il n'est question de leur emploi qu'à partir de i365 dans le Hanovre, de i383 en Lithuanie, de 1389 en Russie, et de i4oo en Suède (**). Le bruit effrayant de l'explosion au-

(*) Les Noms de basions et à^espîngolies étaient d^à employés à Metz en 1548 , lors de Pinstitutîon des maîtres canonniers et bombar^ diers de la cité. Chronique de Praillon , années 1348 et 1554. — * Le nom d^espingole est encore donné aux armes à feu portatives destinées à lancer des projectiles irrég^ers, appelés autrefois carreaux. Les noms à'espingards et de pierriers ont été conservés dans la marine , pour désigner des armes à feu de construction moderne, qui ont remplacé ces anciennes armes.

(**) Le 'premier emploi des diverses armes à feu a été fixé avec précision , diaprés les anciens auteurs , dans les recherches historiques que le chevalier Omodei a publiées sur la poudre , sur les couleuvrines et sur les esping^rds. Mémoires de PAcadémie de Turin, tom. 50 et 58.

quel on eut de la peine à s^àcconiumcr^ les accidens fâcheux auxquels les premiers essais donnèrent lieu, le défaut de justesse provenant du peu de précision apporté dans la construction des armes , et Tignorance des principes dW tir d^une nouvelle espèce, firent que, pendant long-temps, ainsi que le rapporte un ancioo auteur, les ar^ mes à feu causèrent plus de frayeur à ceux qui s'en servaient,, que de mal à ceux contre lesquels elles étaient dirigées^

38. Canons à main* Les premières armes à feu, quoique appelées généralement canons à main, étaient manœuvrées par deux hommes ; elles étaient encastrées danS' un tréteau , ou placées sur une fourchette montée sur ua trépied e (Fig. ^4) ; il eût été impossible de les tirer à bras , à cette époque , tant à cause de leur état d'imperfection qui rendait leur tir dangereux, qu'à cause de^ leur poids qui était de 20 à 3o kilogrammes et plus (*) ; les boites seules pesaient au moins 4^,5o (**). L'emploi du cuivre dans la fabrication des armes à feu, permit de les couler dans de plus* fortes proportions ; le poids des boites fut alors porté successivement à 11, 18, ^5 et même 32 kilogrammes , et le poids total du canon fut respectivement de 52, 182, 1 85 et 220 kilogrammes; on reviendra plus tard sur cette espèce d'armes qui cessa , dèslors, de pouvoir être considérée comme armes portatives, quoique la construction primitive eut été conservée.

39. Le mode d'assemblage du canon et de la boite ou chambre varia dans les prmières armes à feu ; tantêt ces deux parties étaient placées bout à bout (Fig. 24)9 et retenues l'une contre l'autre , par une bride ou étrier de fer d; tantôt le canon (Fig. 22), était prolongé jusque»

(*) Le canon (Fig. 25), trouvé devant Calais, en 1827 et destine' à lancer des balles de plomb de 0^,124 , pèse 51^,5.

(**) Une de ces boîtes en fer (Fig. 26) , trouvée il 7 a quelques années^ avat- environs de Boulay, pèse il^,9£^.

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derrière la boite et entaillé dans la partie snpéneare, pour recetoir cette dernière qui s^ encastrait solidement et qn^on en retirait an moyen d^nne poignée y loraqn^on vou-^ lait la charger; d^autres fois, la partie inférieure seulement de la Tolée, était prolongée pour maintenir la boite (Fig. !i3 et 24)- Pour empêcher les gaz enflammés de sortir par la jonction du canon et de la boite, celle-ci était à emboltnre (Fig. a4) > ^^ ^^ logeait en entier dans le canon , soit que le rayon dti vide intérieur eut été augmenté en cette partie de Fépaisseur des parois de la boite (Fig. 22), soit que les diamètres de celle-ci eussent été diminués de manière qu^ello entrât dans le canon (Fig. 26). La boite était serrée et maintenue en place , tantôt par des coins c , tantôt par de petits arrêts , reçus dans des entailles pratiquées dans le prolongement de la Tolée.

kO, Un autre genre de construction exigeant une confection plus précise que la précédente , et employé plu» tard^ consistait à former des filets en vis autour de Temboiture de la chambre , et à tarauder la partie postérieure du vide du canon nommée volée , de manière que les deux parties , vissées ensemble ^ ne formaient qu^une seule pièce au moment du tir. On eut ainsi des canons du poids de4o^, dont la volée pesait 23^, et chacune des deux boites 17^; ces dernières prirent le nom de culasse et rarme fut nommée serpentine^ Dans la suite les poids forent augmentés et portés successivement à 60, 80, et g2 kil^ramtnes ; les volées pesèrent jusqu^à 65^, et les boites )usqua 27^. En même temps les longueurs totales forent portées à i",6o, 2*,o et 2",3o; enfin elles devinrent de véritables bouches à feu , lançant des projectiles de plomb, leurs poids variant de 200 à 3oo''. Les plus grosses conservèrent seules le nom de serpentine ^ et les autres furent désignées sous celui de demi-serpentine.

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4L Arquebuses. Les canons à main et les serpentines étant fixés sur des chantiers ^ des chevalets on des tréteaux^ étaient dirigés sur Tennemi après avoir été chargés , puis le canonnier se plaçant à distance , mettait le feu à la pièce. Le tir et le pointage ne pouvant pas être simultanés , le service des armes , méine les plus petites , était très-lent, et Ton ne pouvait pas tirer sur des objets mobiles, qui se seraient déplacés pendant le temps qui s^écoulait entre ces deux opérations. On chercha à remédier à cet inconvénient en encastrant le canon sur nn fut en bois, prolongé en arrière de telle sorte qa^un homme pût fiicilemeut le diriger et le maintenir d^une main , pendant que de Fautre il y mettait le feu. L'exécution de cette nouvelle arme à feu , bien plus commode et plus prompte que celle des autres armes, la rapprochait beaucoup de celle de Fancienne arme de jet, nommée arquebuse (32) composée aussi d'un tube en fer monté sur un fat, et destinée (paiement à lancer de petits projectiles en métal ^ cette anal<^îe fit donner ce même nom d'arquebuse aux armes à feu de cette espèce (*).

43. La nécessité de rendre l'assemblage de la volée et de la boite très-solide, obligeait de donner à certaines parties des dimensions , et par suite des poids phts considérâmes que la résistance du métal ne l'exigeait ; ce poids , ainsi que la complication du chargement , empêchaient ces armes de pouvoir être servies et portées habituellement par un seul homme. Pour remédier à cet inconvénient, on imagina, vers i364> d'alonger la boite et de supprimer la volée ; il en résulta une arme très-simple, très-légère et très-facile à charger , mais dont la balle ne pouvait percer les armures qu'à de faibles

(*) H existait de ces armes en Silësie en 1577, en Allemagne et en Angleterre en 1378 ; on s^en servit avec avantage à Augsbourg ei| 1381 , et «luis la campagne de Flandre en 1382.

distances, la longueur du canon, qui parait avoir été de o",38, étant trop petite, pour que Farme, vu Fimper— fection des constructions de cette époque, put produire de grands effets.

43. Couïeiwrines, On obtint plus de succès , en employant, vers le milieu du i4' siècle, des métaux fusibles (^), dans la fabrication des armes à feu, et surtout le bronze qui joint à une grande dureté une ténacité assez considérable; on put dès-lors couler d^unc seule pièce la volée et la culasse des canons. Cette disposition , qui augmente la résistance des différentes parties , permet de diminuer les épaisseurs et de rendre le canon plus léger, quoique plus long et plus solide. La forme générale et la couleur du métal, firent donner le nom de couleuvrine à cette espèce dWme à feu, rendue très-portative; le canon étant encastré dans un fût en bois d^environ un mètre de longueur , un seul honmic pouvait le charger, le diriger et le tirer avec facilité. Cette arme, qui servait à lancer des balles de plomb, ne pesait que de ii à 12 kilog.; son usage se répandit beaucoup, car, en i4ii? Farmée du duc de Bourgogne , en Flandre , avait 4ooo armes à feu portatives , tant canons que couleuvrines (**). En 14^8, au siège d'Orléans , les assiégeans et les assiégés faisaient usage de cette

(*) La ville d^Augsbourg fit couler des pièces en bronze en 1372 et en 1378. —La cit^ de Metz employa au siège d'Hettangc , en 1387, une grosse bombarde d^airain, et Tétat de Tarmement en 1406 en porte deux. Archives de la cité. — En 1399 il y avait des pièces en bronze en Italie. — En 1407 et en 1412 il existait à Orléans et en Languedoc des canons et des bombardes en cuivre ou en bronze.^ Comptes de forteresse de la ville d'Orle'ans , et C. des sen. de la prov. Bal. MS. N. 419, ffistoire générale du Languedoc, Paris 1742, tom. IV, pag. 432. — En 1414 les canons en bronze étaient très -co mm u a s — A Toulouse , il en existe un c[ui fut coulé en 1438.

(**) Juvenal des Ursins, Histoire de Charles VI, 2" édition, Parif 1653, page 227.

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^ttae qui , connue d^abord en France , ne le fut que plus tard en Allemagne et en Italie. Les troupes françaises et anglaises, qui s^en servaient beaucoup, les firent connaître en Lorraine en i43i} et les deux partis ennemis en avaient au siège de Metz en i444 (*)•

kk» L^étendue et la justesse du tir qui résultaient d^uoe plus grande précision dans les dimensions , les formes intérieures et extérieures des canons des couleuvrines, jointes à une plus grande solidité qui permettait d^augmenter les charges , déterminèrent à employer cette construction dans les armes de plus fort calibre, pour les rendre susceptibles de plus grands efiets : on en fit d\bord du poids de 55 à 60 kilogrammes, qui lançaient aussi des balles de plomb et qui étaient tirées sur des che- Talets. Entre ces grosses cotdeuvrines , connues dès i435 ou i447> ^^ ^^^ petites, qui prirent le nom de couleuvrines à main, on en fit dW calibre intermédiaire, qui pouvaient être portées par un seul homme et tirées à bras; pour diminuer Tefiet du recul , on les arrêtait à un obstacle fixe , au moyen dW crochet ou saillie de métal (Fig. 27) qu'elles portaient en dessous et qui leur fit donner le nom de couleuvrines à croc ou à crochet.

On augmenta de plus en plus les dimensions et le poids de ces armes, dont la construction présentait des avantages qui croissaient avec les calibres et qui en rendirent Fusage général ; cette espèce d'arme qui cessa dès lors d'être portative , conserva exclusivement le nom de couleuvrine, qui ne fiit plus donné aux petites armes.

(*) Les inyentaires de rannement de cette cké prouvent qu^en i406, il nVn existait pas encore ; il est vrai que la chronique de Praillon , en dëtaiUant Foffice des sept de la guerre , parle de remplacement des serpentines , couleuyrines et arbalètes ; mais Fauteur, qui est postérieur à cette époque , a pu donner aux anciennes armes à feu , les noms de celles de son temps.

Sa ARUfiS PORTATIVES.

45. Armes à feu -portaJtives. La fabricatioii des canoos en £er s^étant perfectionnée^ on parvint à les forger d^une seule pièce, à Timitation des cauleuvrines en bronze, dont elles prirent même quelquefois le nom. On put, dès-lors , avoir des annes à feu assez légères , pour remplacer complètement les anciennes armes de jet dans les batailles. Elles se multiplièrent rapidement dès cette époque, se répandirent dans tous les pays et formèrent, dès i386 ou i4o4 9 Tarmement dWe partie de Pinfanterie ; les Impériaux les employèrent à la guerre en i4^3, et Ton cite, en i449> ^^^^^ sortie dans laquelle ao^ooo hommes en étaient armés.

46. La grande quanlité d^armes à feu employées dans les armées à cette ^oque, fit établir des ateliers pour leur confection (*) : il en existait en France , en 1469 (**)* Cependant les effets des armes à feu portatives étaient alors assez médiocres^ car en Angleterre, en 147 1 9 elles furent trouvées inférieures aux arbalètes , et leur emploi fut abandonné dans ce pay^, pendant cinquante ans, a cause de leur peu de portée et du temps considérable qu^il fallait pour les charger. Il est vrai que les archers aurais, renommés pour leur adresse et pour la rapidité de leur tir, décochaient, dit-on , douze flèches par minute, sans quWe seule manquât le but (***) ; de plus , les armes à feu pour être aussi portatives et aussi faciles à

(*) La cite de Metz -entietenait des armuriers à cette ^oque : on trouve dans les comptes de dépenses de 1497,, Targent donné à maître Georges, de Nuremberg , maistre armoîer , payé à raison de 12 francs par an.

j[**) Le .tnot /taetier, employé alors , Tient de fusée et servait à designer, soit les petites armes à feu , soft les ouvriers qui les fSaibriquaient. — Le nom de fusil se trouve dans les édits de 1515 , relatif à la (siasse*

(***) United service Journal , septembre 1852.

Urer à bras que les arbalètes , dont on avait lliabitade de se servir, ne pouvaient knper que de petits projec-^ tiles avec de faibles chaînes , et par suite avaîeut peu d'^effet* La balle était alors beaucoup plus petite que celle qui est actuellement en usage; car; pour pouvoir tirer des balles de 16 à 20 à la livre , Tarme portait en dessous un appendice ou crocbet (Fig. a8) quVm appuyait contre un 'obstacle fixe pour arrêter le recul ; on eut ainsi Varquebuse à croc; elle ne pesait que 5 kilogrammes; mais Iorsqu'*elle devait lancer des balles de 10 à 12 à là livre /elle pesait jusqu^à 20 kilogrammes. Xes arquebuses qui lançaient des balles de ^k5 kla. livre , avaient un p(»ds de 25 kilogrammes et une longueur de if ,3o ; enfin celles dont la balle était de 2 à la livre, pesaient au moinis 25 kilogrammes , quelquefois 5o et même .100^, et leur longueur était de 2"" à 2"',3o. Ces armes, fixées sur un cbevalet ou sur un petit afiut à rouage, au moyen d^ûne fourchette et de deux tourillons, étaient en usage, en 1467, i476> etc..

k7. Pétrinal. Pour pouvoir augmenter le calibre et les effets des armes à feu, sans les empêcher d^être portatives, il fallait trouver un moyen de résister à leur recul , autrement que par la force musculaire des bras , et sans trop augmenter leur masse ; on y parvint en se servant d un point d^appui , comme dans les couleuvrines et les arquebuses à croc , et en le prenant en arrière de Parme, sur le corps même de Fhomme. Dans la cavalerie, on avait déjà essayé de faire appuyer Textrémité très-recourbée du fiit, contre Tarçon de la selle ^ mais comàie ce point était tràs-réloigné de la direction du canon, il ne détruisait qu'aune assez petite partie du recul. Pour rapprocher le point d'appui de celte direction, oh ne cintra qu'un peu la crosse , en la prolongeant de manière à la faire appuyer sur le plastron de la cuirasse , à hauteur

34 ARHES POKTATttSS.

de la poitrine. Cette arme , nommée péïrinal pour cdte raison, parut vers 1449^^ était employée, en i48o, dans IHnfanterie et dans ]a caTalerie ; dans le premier cas, elle avait i"20 de longueur, et o",75 dans le second ; son poids îétait de 7 à 8 kilogrammes.

48. Mousquet. Peu de temps après cetteépoque, les armes à feu devenant d^un usage général , on fit de nouvelles tentatives pour les améliorer; le pétrinal, exigeant que le fantassin portât une cuirasse, qui ne lui peilnettait pas d^allonger assez le bras pour soutenir facilement Tarme en joue, on le modifia' de manière que la crosse vint s^appuyer contre le côté droit de sa poitrine ; on fit reposer la partie antérieure sur une béquille ou fourchette portative a (Fig. 29) , et Ton eut , dès le com-mencementdu 16' siècle, le mousquet (*) b. Cette arme adoptée, en iSai, par une partie des troupes espagnoles , remplaça en France, en 1527, Tarquebuse ordinaire ou de petit calibre, et fit entièrement supprimer les arbalètes qui , à cette épbque , étaient encore en usage dans l^armée française.

Les balles des premiers mousquets étant de 8 à la livre, produisarent beaticoup dVffet , même à des distances a$sez considérables ; c^est ce qui contribua à les répandre très -rapidement dans les armées impériales ; la moitié des fantassins en était armée , dès l'époque du siège de Vienne, en 1629. Comme le mousquet de ce calibre fatiguait beaucoup les hommes dans le tir et dans le transport, les troupes espagnoles et flamandes adoptèrent, vers la fin du 16' siède, et conservèrent pendant longtemps, le calibre de ïo à la livre (**), qui rendait le

(*) I^om d^à donne à une autre arme à feu, et emprunte à une ancienne arme de jet qui lançait de petites flèches appelées mouches , dont le diminutif est en italien moscIieUa.

(**) VTalhausen , Art militaire , !'• partie , chap.. II , traduction de df Bry^ Oppenheim 1615.

AAMBS A FEU. 3S

Biousqûet beaucoup plus commode à porter et à manœu«f>. Yrer, car il ne pesait alors que 8 kilc^ammes a^cc sa. fburdiette. Malgré cette tliminution de calibre , on ne pouvait pas encore appuyer la crosse des mousquets contre Tépaule , le recul eut été trop fort. La balle des armes à feu portatives ayant été fixée en France, vers i5io^ au calibre de i6 à la livre, comme le plus avantageux et le plus fort qu'on put employer dans une arme soutenue complètement par le tireur, les premiers mousquets adeptes furent modifiés et ramenés à ce calibre , qui depuis est resté le même et a permb de supprimer la fourchette ou béquille. L'adoption de cette arme n'eut lieu que plus tard en Suède; mais dès le commencement du 1 7* siècle , la garde suédoise toute entière foit armée de mousquets, dont le canon avait i™,34 de longueur. En 1624, Gustave-Adolphe en réduisit le calibre, afin de pouvoir supprimer les fourchettes ou sup< ports 5 Farme ne pesa plus qu'environ 6 kilogrammes, et la balle r^de livre, poids qu'elle a conservé jusqu'en 181 1 . Le mousquet fot généralement employé dans toutes les armées de l'Europe, jusques vers la fin du 17" siècle, et disparut dès le commencement du siècle suivant, le fosîL l'ayant remplacé.

49. Fusil. Le mousquet ne pouvant pas être utilisé comme: arme de main, dans le combat, corps à corps, une partie seulement des troupes d'infanterie en était armée; l'autre partie, ordinairement plus considérable que la première, avait conservé la pique, pour résister au choc de l'ennemi, ou pour l'enfoncer. Pour remédier a ce défaut des mousquets, on imagina, vers i64o, la baïonnette ; son manche s'introduisait dans le canon , au moment où l'arme devait servir dans le combat rapproché 'j celle-ci devenait parla arme de hast et pouvait remplir les mêmes fonctions que la pique i mais alors elle

36 ARHE9 PORTATITES.

cessait de -pouvoir ^treemplojrée comme arme à feo^ "de sorte qu^ellé ne remplissait que ëuccessirément ces deux fbiictions distinctes. Malgré ce dëfeuty là baïotoetté fui cmpIo}rëe dès-lors par diverses puissances ; ea France , on Padapta à une nouvelle arme-nommée fiisily de Fan-cieta nom des armes à feu de petit calibre > et duns laquelle le feu était communiqué à la charge, par un nou^ vead mécanisme; on arma de ce fusil,, le régiment des fù^Hérs, créé en 1671 pour le service et' Ifi garde -dé IVrtillerie. Peu d^ temps après, la baïonBètti& devenai^t d^un .usage général, le fusil se tépandit de plus <n pluf , surtout 'à partir* de 1681 , époque à laquelle on essaya de tirer, avec une ;ba¥onnette, dont 0(l avait creusé le manche et la lame. li^nvèntion de U d<MiiUe' actudle de la baïonnette, adoptée vers 16^, permit aux -fiisils^^ remplir' complètement et à la foii, les fonctions dVrmés de jet et celles d*armes^ dte main; dèis-loriâ on en «arma tous lesr ccMTps d -infanterie ; le» mousquets et les piquQs ayant été totalement abandonnés de 1700 ii i^Q^ , le fusil devint Taitee unique de toute ^infanterie Imuçaise, et, dès T 704, iôlùtes les armées de rEuropéieurèit des fusils»

50. Les dimensions les plus importantes à considérer dans une arme à feu portative^ sont : la longueur totale, lé diamètre intérieur et la longueur du canoÀ', cardé ces dernières dépend la distance à laquée on peut obtenir iVf&cacitë nécessaire, et la première détennine la distance à laquelle elle peut agir comme arme dé main; mais d^ih autre côté^, ces dimensiotis "ne peuvefnt èfàre augmentées sans accroître en même temps le poids de Farme ; et le poids maximum qu'on peut lui étonner, est une condition qu^ est essentiel dé remplir, puisque cette arme doit être constamment portée par lé soldat; aussi ces deux dimensions , une fois déterminées par Fex- ^périence sont restées à peu près les mêmes.

Le poiiiU du fiisil a lui-même pcd'Vané; il fuft'en France dVnviroa 5 kilogrammes jusqa*eh 1763; mais en 1766^ les pérfécdoonefaicns apportés dans la construcUdn des aTinësj perniirënt dé le réduire à 4^^6o y et le pôidé dés dÎTecs ngio^es adoptés depuis 'cette époque , est à très- peu près le inème.

Sirf ;On a conservé aux fusik le calibre des mousquets qui) comme on Fa yu^ était de 16 à la livre ,' c^esl^-àdire, que la balle qui entre exkctemeiit dans le bànon, pèse ué; -^^ de livre. ;

Les balles des fusils français furent d^aboid, comme

a^àtéê dés moi^squets^ d'environ x6 à lalivteytànt qu^ellès

iîirentnSiâés dans lé' cauon^, sëparées dé la pdu^e; mais

leilr, calibre dut êti'o dimibué lorsquW adopta le çhab-

^ûient à caHouché; les :bal1es' étant alors enveloppées

dé ]filti8iéUrs révolutions dé papier , ont dixt réduire leur

diamètrç; elles ne furent plus que de 18 k la' livre.

' .. Peadatit les guerres' de la révolution, les caiitouches

âibri^iïéiès en grande quantité avec la bsMedeioe calibre,

ne furekt pas todjôtïrs entrer dans le canod^ le. vent- ne

'pàrùi pàâ âuf&aiit , et oét rédift^it les ballet aa calibre

dé' ad à la Urtè ; mats depuis , pù\ît diminuer les incon-

•tiéiiiéns diï vent trop cobsidérà^i^' qui M tésuhe, on a

«dépité la balle dé 7 lîgtiéà 3 points (o",oi63) dedia-

^)^; ^yâ d^environ t|9 à là liVré ; lé câdibre du caHOiF de

h£i éèt ràâté lé Wèiné> c^ést-à-diré, de 7 lignes 9 pointé ;

àVécéé vent, la batte pent étire enveloppée de deux ré-

l^ôltitions dé p^^f à càdtoiièhé, et tirer soixante cou^s

satlâ^ qu'on ait besoin de hvei^ lé cànou.

S2. lia longueur du câàoii Jéftïsil doit satisfaite à piiisiéiit^ îûôlidifiétks : facilité du bhargéinéht et possibilité de tirer ^r plusieurs i^àhgé; étté doit ^rurlôUt pi^ul^ér â PàrMé dë^^c^ suffi&ansf. Dstm lés ^iuiéri fttsife, et dams iSët^ dé ztirôdèlé lié 1 7 1 7 , elle "M de i(4 poi»àés ( 1 ""yi^ ) ,

oonmife dans les derniers' mousquets , ainsi qu^elle avair été fixée vers i65o ; mais Findinaison du fusil dans le chargement ayant été diminuée , la grande élévation de la bouche du canon rendit cette opération difficile pour des hommes de taille ordinaire, par suite, on réduisit, en 1763, la longueur du canon à 4^ pouces (1"* ,136); en i8aa , on la réduisit encore et on la porta à ^o pouces.

Le fusil d^infanterie, armé de sa baïonnette y doit avoir une longueur déterminée pour servir comme arme de main^ cette dimension, fixée à' 6 pieds, a du être conservée quand on a raccourci le canon , aussi la longueur de la baïonnette a varié dans le sens oppos^, et de 1 4 pouces qu^elle était avec le canon de 44 pouces, elle a été portée à i5 pouces avec le canon de 4^ pouces, et à 17 pouces avec le canon de ^o pouces; le fiisil a ainsi conservé à très-peu près sa longueur totale, qui est ac^tuellement i",93 (5 pieds 11 pouces 3 lignes).

La longueur de Tarme (non compris la baïonnette), dont la diminution rend le chargement plus facile^ ne peut pas être au-dessous d^une certaine limite, parce que rinfanterie, combattant sur plusieurs rangs, il faut que la bouche du canon des fusils des hommes du der-nier rang, dépasse suffisamment les hommes du premier, pour que le feu ne les incommode pas trop , et ne puisse les blesser dans le tir. Cette condition, en tenant compte de la longueur nécessaire à donner à la partie du bois de la monture en arrière du canon , pour maintenir Tarme et viser, ne permet pasd^employer des canons beaucoup plus courts que les canons actuels ; cependant , lors de la formation des compagnies de voltigeurs, on sentit la nécessité d^avoir un fîisil plus court; aussi, en Tan ix, on saisit Toccasion de modifications apportées dans le modèle en usage, .pour en introduire un second destiné à ces hommes de petite taille et aux dragons.

ARMES A FBIT. ^9

tje modèle ne £fi%re de celui, du fiisîl dln&titerie ijue par le canon y qui n'*a que 38^ de longueur ; il est destiné actuellement aux voltigeurs de tous les rëgimens d^infanterie y aux compagnies du centre des r^imens d^infanterie l^ère et aux régimens du génie. Il a la même baïon^ nette que celui d^infanterie.

Le canonnier , ne devant pas être gêné dans ses mouyemens près des bouches à feu, a besoin d^une arme plus légère que celle de Tinfanterie, aussi jusqu^à Padoption du nouveau matériel d^artillerie, il portait à pied un fusil à baïonnette , dont le canon n^avait que 34 pouces de longueur. Ce fusil , qui n^est plus employé par Far^ tillerie , a été donné depuis aux dragons y en supprimant la baïonnette.

53. Mousqueton. Le mousqueton eut la même origine que le mousquet et dériva du pétrinal à canon court, en iisage dans la cavalerie en 1480 ( 47 ) ; il en existe encore qui furent fabriqués en Allemagne en i5o4 ; cette arme ne devint dW usage général que beaucoup plus tard ; on s^en servait en France sous François T' ; mais ce ne fut qu^après iSSg qu^elle se répandit dans la cavalerie, dont elle remplaça les carabines , en 1626. On en a fait dont le canon avait jusqu^à un mètre de longueur ; en France , cette longueur a varié de 26^ (0^,71 ), à 29' (^">78) jnsqu^en 18 16, époque à laquelle elle a été réduite à o^^ySo pour les troupes à cheval; son poids a toujours étéd^environ 3^,28 pour la cavalerie de ligne, et de 2^,67 pour la cavalerie légère.

. Actuellement les mousquetons sont donnés à une partie de la cavalerie et à quelques troupes à pied.

Le mousqueton de gendarmerie, devant servir aux hommes à pied et à cheval, porte une baïonnette, la même que celle du fusil d^infanterie ; son canon a 28^ /'©"jyô) de longueur.

4o AÏMBS PO&TATIYES.

I Devais- radopiîoa du nouveau matériel de Faiiîllenei on a donné aux- camonniers non montés , un mousqueton, dont le canon nVque o*,6o (environ no^y) de longueur, afin qn^ils puissent le porter en bai^douiUère , dans toutes les manœuvres.

La cavalerie a un mousqueton qui est encore plus petit xpe celui do Tartillerie, Iq canon a o",5o (i8^ 6*) de longueur.

^'bk.' Pi^letSi Le3 premiers pistolets dérivèrent des boites à canop alongées, en x 364 (^^)> ^infanterie allemanc^en fqt année; on ne pouvait alors les donner aux troupes à cheval , parce qu'il ûllaît employer les deux mains I pour y mettre le feu en se servant d^une mèche allumée; il en fut de même tant qu^on fut obligé de porter du. feu pour enflammer la charge. Kusage du pistolet se répandit dans tous les pays, lorsqu^on eut trouvé le moyen

-de remplacer la mèche; ou s^en servait beaucoup en France, en i544} ilfut.généralemcnt adopté; par la cavalerie allemande en 1569 (*)• Là.^ox^eur du canon a beaucoup tarie, on lui a donné jusqu^à o",65 de longueur ; en France, elle est restée de 8^ 6? (o",23) à 9^

^(o",244) jusqu'en 1777, qu'elle .fut réduite, à 7' (o°,ig);

t elle est de 7^^ 4^ (^">^o) depuis 18 16. Le poids du pistolet a, varié de 1^,10 à 1^4^»

Les pistolets doubles ont commencé (à être employés en 1607 par la.cavalerie allemandç; mais en 1620, cette même cavalerie les abandonna pour adopter les grands pistolets.

' Le pistolet de cavalerie devant être- tiré d'une main, et être placé dans la fonte de la selle , son canon n'a que o",20 (7' T environ) de longueur.

« — ^— a— .^— I I I " i I I . ■ I IMIl .

(*) Il existe encore des pistolets de 1547 et de 1563 portant le mécanisme qui a remplacé la méclie.

ARMES A FEU. /^t

Les armes à feu , autres que les fusils d^iofanterie et ceux de Toltigeurs , n^étant pas destinées à faire un feu continu , on a pu leur donner un calibre moindre de a points quoiqu^on les tirât avec la même balle. Par suite de cette diminution du calibre , la cartouche est mieux maintenue au fond du canon j dans les différentes positions de Tarme.

Le pistolet de gendarmerie ne devant être tiré qu'à de petites distances et dans des circonstances qui permettent d'^employer , sans inconvénient , un calibre différent de celui des armes de guerre^ sa balle est de 26 à la livre (6*, 6^'); le canon a un calibre de 6^, g^', et une longueur de 4^, 9 ; avec ces dimensions, cette arme peut être employée comme pistolet de poche.

S5. Moyens employés pour charger les^ armes à feu. Les premières armes à feu ayant une boite mobile qui se séparait du canon, se chargeaient facilement en retirant cette botte et en y plaçant la charge de poudre ; on mettait par-dessus , une bourre ou un tampon en bois pour la maintenir ] puis on plaçait la balle et on réunissait la boite au canon. Lorsque ces deux parties ne formèrent plus quWe seule et même pièce, il fallut nécessairement changer la manière de charger ] on plaça alors Farme verticalement, afin que la poudre coulât naturellement à remplacement qu'elle devait occuper. Four enfoncer la bourre et fixer la balle à sa place , on employa d'abord une verge de fer (*) ; mais pour alléger les armes, lorsqu'on voulut les rendre très -portatives, cette verge fut remplacée par une baguette en bois , les

(*) Dans VéXaX de rarmement de la cité de Metz en 1508 , on i»oit beaucoup de yerges de fer pour charger les couleuvrines. Dans Tétat des pièces d^artiUerie remises au châtelain de la porte des Morts , le 13 novembre 1493, on trouve, avec les arquebuses, des verges de fer et autres «harges , etc.. Archives de la cité de Metz,

de poudre, le bassinet étant traversé par la partie supé^ rieure du rouet sur laquelle la pierre, portée par uu chien et pressée par un ressort , venait s'appuyer 5 ces étincelles mettaient le feu à la poudre. Ce mécanisme avait Favantage de donner peu de ratés, même par la pluie et par le vent, et de ne pas exiger Temploi de mèche allumée ; mais il était compliqué et se dérangeait facilement ; Topération de monter le rouet était longue et la pierre était promptement miâe hors de service.

La platine à rouet parait avoir été inventée en Allemagne ; employée par les troupes dès le commencement du 16" siècle , elle fut perfectionnée successivement à Nuremberg en 1617, iS^S, et en 1682, et à Venise eu 158^ ; elle exigeait une exécution soignée, qu'ion n'obtenait que difficilement; sa fragilité et son haut prix, furent cause que, d'abord , elle ne fut employée que pour les armes de luxe , puis pour celles des troupes de cavalerie, auxquelles elle rendit les armes à feu d'un usage facile. Elle procura aux pistolets les propriétés particulières à cette arme. La platine à rouet fut peu appliquée aux armes de l'infanterie, pour lesquelles ses avantages n'étaient pas assez prononcés pour l'emporter sur les chances de dérangement, que présentait le jeu du grand nombre de pièces dont elle était composée.

59. Platine à silex. L'emploi de la pierre à fusil conduisit naturellement à un nouveau moyen de mettre le feu à l'amorce 5 la chute accidentelle du chien et le choc du silex contre le rouet, ayant produit des étincelles et enflammé la charge, on imagina de remplacer par le choc, le frottement de l'acier contre la pierre pour la production du feu, en transportant au chien le mécanisme du rouet et en remplaçant cette dernière pièce par une plaque d'acier. On observa qu'un choc oblique et modéré contre cette plaque , faiblement maintenue par

AHMES A FEtT. 4^

un ressort, produisait une grande quantité d^étincelles ; que de plus , en supprimant les canelures (*) , la partie de la pierre qui supportait le choc, pouvait rester aiguë , produire beaucoup d'effet et faire un long service. Ce dernier moyen d'enflammer la charge, ne fut d'abord que superposé au premier et ajouté à l'ancienne platine à rouet; de sorte qu'on pouvait, à volonté , employer l'un ou l'autre de ces deux modes indépendans, qui se suppléaient mutuellement.

L'efficacité du nouveau moyen permit de simplifier la platine portant le double mécanisme , par la suppression du rouet ; de là résulta la platine à silex actuelle.

La platine à silex était employée en France en i63o , mais elle ne fut adoptée pour les armes de guerre , qu'après plusieurs perfcctionnemens apportés dans sa construction , comme la substitution de la noix avec ses crans d'arrêts, à la goupille qui par sa saillie à Textérieur, maintenait le chien et l'empêchait de s'abattre avant le moment où on la faisait rentrer par la pression du doigt sur la détente f**).

Cette platine , ainsi qu'on l'a vu (49) , constitua , dans le fusil adopté en France en 1670, une des principales améliorations apportées à cette époque dans la construction des armes de guerre.

60. Platine à percussion» Le mécanisme de la platine n'a subi que de légères modifications , mais depuis queltpies années, l'inflammation de la charge de certaines armes de guerre a lieu par la percussion d'une pièce de la platine sur une poudre fulminante.

L'emploi des poudres fulminantes pour enflammer la

(*) Les .Espagnols ont conserve à la batterie de la platine à silex , les rajures des anciens rouets.

(**) On retrovTe ce, genre de me'canisme dans la platine dite de mi^uelei.

charge des armes à feu , modificatioa importante due aux progrés des arts chimiques^ est depuis quelques temps employée prcsqu^exdusivement pour les fusils de chasse ; ou cherche à en faire Papplication aux armes de guerre.

On a employé d^abord le chlorate de potasse et Pargent fulminant; on emploie maintenant le cyanate de mercure préparé par Tacide nitrique et mêlé avec du salpêtre qui mitigé la trop grande vivacité d^explosion.

Pour faire usage de cette poudre fulminante, on en fixe une petite quantité au fond d^une capsule en cuivre , cette capsule se place renversée sur uoe petite cheminée adaptée au canon et dans laquelle la lumière est' percée. Un choc exercé sur le fond de la capsule par le mécanisme de la platine, fait faire explosion et enflammer la charge de poudre de Tarme à feu.

Les avantages de ce genre d^amorce sont : la diminution des ratés, le départ plus rapide, la suppression du crachement, une économie de poudre d'^environ un {. Les conditions qui rendent cette application difficile sont: une solidité suffisante , la conservation des capsules d'amorce assurée entre les mains des soldats , le placement facile d'un objet aussi petit , malgré le défaut d'adresse , le froid , l'obscurité. Ce mode d'inflammation a été adopté pour certaines armes employées dans des circonstances où ces conditions sont plus faciles à remplir ; quant à l'application aux autres armes de guerre, elle est ajournée jusqu'à ce que des expériences en grand aient donné des résultats décisifs.

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