‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 60 sur 113 · AFFUT DE MONTAGNE. 22D · texte numérisé non relu

AFFUT DE MONTAGNE. 22D

la fusée ^ le bout de Tessieu, Téquignon et la virole sont percés dVin trou dans lequel on passe une tige de fer nommée esse; et pour empêcher celle-ci de s^échapper dans les cahots , elle est percée , elle-même , à la partie inférieure dW petit trou , dans lequel on passe une lanière en cuir.

208. Pour pointer Pobusier sous différens angles, la flaté-bande de culasse repose sur une vis de pointage *qui tourne dans un écrou en bronze, fixé sur Taffut; la tête de la vis porte une manivelle à quatre bras ; en agissant sur eux à la main , on fait tourner la vis dont la tête presse la culasse, Félèvc ou Tabaissc, et donne ainsi à Tobusier Knclinaison voulue , par un mouvement de rotation autour dé ses tourillons.

L'obusier de montagne ne devant pas tirer au-delà de 600 à 800", il suffit de pouvoir atteindre à cette distance, et pour cela, de tirer sous une inclinaison de 8° au-dessus de Fhorizontale ; mais comme le terrain , sur lequel reposent les roues et les crosses, est souvent incliné lui-même en sens opposé, Tobusier doit pouvoir faire un plus grand angle avec le sol ; la limite de cet angle est de 12"* lorsque la vis de pointage est abaissée le plus possible et de i^"" lorsqu'elle est enlevée. La construction de Taffût permet de pointer à 8** en sens inverse, ou au-dessous du sol ; mais la culasse ne repose sur la vis que jusqu'à l'inclinaison de 6".

Une ferrure, nommée bout de crosse^ recouvre la crosse dans la partie inférieure et l'empêche d'être dégradée ou fendue par son frottement sur le sol , lorsque l'aflut recule ; elle est prolongée en forme de poignée qui sert à saisir la crosse pour manœuvrer et pour pointer, et à fixer la limonière. Trois boulons d'assemblage maintiennent ensemble les fibres du corps d'affût et les deux parties dont il est souvent formé.

Pour que le système soit léger et n'ait pas un recul

aa6* AFFUTS.

trop considérable^ on attache aux deux roues les extrémités dVn cordage lâche , dont le milieu vient rencontrer Taffùt, lorsque les roues ont tourné d^une certaine quantité; les roues ne pouvant plus tourner, glissent alors sur le sol et produisent un frottement plus considérable, qui diminuQ Fétendue du recul.

La roue de Taffiit d^obusier de montagne doit satisfaire,

comme celle de toutes les voitures, à la condition de soli-

dite et à celle de roulage dont il sera question plus loin, «i

La roue est formée d^un moyeu creusé intérieurement , de manière à recevoir la fusée de Pessieu ; pour que le frottement ne dégrade pas ce moyeu, surtout aux deux bouts, qui sont les parties les plus fatiguées, on y encastre deux bottes en fer maintenues par des goupilles; le moyeu est resserré à l'extérieur par deux frettes en fer, retenues par des caboches^ il est percé de douze mortaises , dans lesquelles sont fixées les pattes d'un pareil nombre de rais. Ces rais supportent la couronne circulaire formée par six jantes en bois, percées chacune de deux mortaises pour recevoir l'extrémité ou les broches de deux rais. Les jantes sont réunies entr'elles par des goujons ; un cercle en fer enveloppe toutes les jantes, consolide la roue et Terapêche de s'user par le frottement contre le sol ; ce cercle est fixé par douze clous.

En adaptant une limonière à l'affût , on le transforme en voiture à deux roues , qui peut passer presque partout , la longueur de l'essieu et la hauteur de la roue étant audessous d'un mètre ; la voie qui se mesure dans la partie inférieure des jantes de milieu en milieu , ou de l'intérieur d'une jante à l'extérieur de celle de l'autre roue, dans le plan des axes des fusées, ainsi que l'écartement des roues dans la partie opposée, où il est un maximum, sont assez peu considérables dans l'affût de montagne , pour ne pas être un obstacle dans les passages étroits.

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