Données principales relatives à V affût
de montagne*
Longueur totale de Tessieu < . . é . . . . 0,960
Hauteur de la roue ferrée 0,954
Voie de l'aMt : 0,750
Hauteur de Taxe de Tobusier pointe horizontalement. 0,705
Longueur du corps de raffut. 1,500
Longueur totale de Taflut en batterie 1,820
Poids de TafFiit sans roues 6i^
Poids de chaque roue 2i^
Poids de la limoniére 12 à 13^
Angle maximum de Tobusier avec le sol. . . f
\ en dessous, o^
AFFUTS UE SIEGE.
310. Les affûts de siège sont destinés aux bouches à feu qu^on emploie dans Pattaque des places, et qui sont conune on Ta vu, les canons de 16 et de 24 ^^ ^^ obusiers de 8^ ; comme ces bouches à feu sont tirées avec de très-fortes charges , ou avec des projectiles très-lourds , leurs affûts doivent être susceptibles dWe grande résistance*
L^artillerie de siège étant toujours placée derrière des épaulcmens , pour être à Fabri des coups de Pennemi , les bouches à feu doivent être assez élevées pour que les ouvertures par lesquelles on les tire, ne découvrent pas beaucoup Pintérieur des batteries et nWaîblissent pas trop
répaulcmcnt par des coibi-iisures profoDtics. Pour cela, on élève la boiiclie à feu , au-ilessns de Taxe do l'essieu , autant que le pcrmcttcat d'autres conditions (juo TafFûl doit remplir.
La position des tourillons au-Jessons de la bouche à feu élève déjà celle-ci au-dessus de Taffùt, de manière à le mettre à couvert autant qu'il est possible. Pour accroître encorf! l'élévation de la houclie à feu, indépendamment du rayon des roues , ou emploie un corps d'essieu élevé , et l'on place une pièce de bois entre lui et le corps de l'alTùt.
L'action des gaz sur la bouche à feu , s'exerçaut alors beaucoup au-dessus du centre de gravité du système et des points de résistance sur le sol, on voit que, tout en faisant reculer l'affût, elle tend à le faire renverser en arrière et à augmenter la pression des crosses sur le sol; les résistances qui en résultent diminuent l'étendue du
i qui
recul , mais obligent de faire reposer les crosses sur un terrain solide ou sur une plate-forme.
m. Les mouvemcns des affûts de siège dans les batteries s'elfectuent à bras d'hommes au moyen de leviers ; mais pour transporter ces4fiuts à une certaine distance , on place les crosses sur un avant-train , de manière à former une voiture à quatre roues. Une cheville ouvrière, fixée siir l'avant-traio et traversant une ouverture évasée , pratiquée dans la partie postérieure de l'aMt, forme le mode de liaison des deux trains. Dans les anciens affûts, les crasses étaieat assez élevées pour que Ics roues de l'avant-traio pussent passer dessous. Celte dbposition présentait plusieurs inconvéniens dans le transport : les roues de l'avant-train étaient nécessairement très-basses, et l'arrière-train agissait suivant une direction beaucoup plus , élevée qUe l'essieu de l'antre train ; son action s'exerçait alors d'une manière très-défavorable pour le moteur qui
AFFUTS DE SIÈGE. 220
élaît soulevé dans le cas où la traction exigeait un grand effort, et qui était écrasé dans les descentes ; aussi les canons n^étaient pas transportés sur leurs affûts ; on était obligé d'avoir , pour ce service , une voiture particulière mieux disposée pour le transport.
212, Le corps des anciens affiits de siège se compo» sait de deux .flasques qui, devant contenir entre eux la bouche à feu, allaient en divergeant en arrière, de manière que leur écartement à la partie postérieure , était plus grand que le diamètre ^e la plate-bande de culasse.
Dans les nouveaux affûts de siège , on a substitué une flèche au prolongement des deux flasques ; le corps de voiture ayant ainsi un écartement beaucoup moins t»>nsidérable, on a pu, en restreignant un peu les mouvemens de Tavant-train , augmenter la hauteur de ses roues jusqu'à les rendre égales à celles de l'arrière - train , et abaisser le point de réunion des deux trains, pour diminuer Faction de celui de derrière sur celui de devant; de plus , on donna à Faffût deux points d'appui sur l'avanttrain ^ l'un en avant , l'autre en arrière de l'essieu , de manière que les actions se contrebalançant, tout effet défavorable au moteur fut détruit ; ces dispositions permettent de faire porter à l'avant-train une partie du chargement, en reportant la bouche à feu entre les deux trains ; la facilité du transport est encore augmentée par la substitution d'un essieu en fer à l'essieu en bois des affûts de l'ancien système. '
213. Les dimensions de l'aflut de siège ne permettent pas de le construire d'une manière aussi simple que l'affût de montagne, dans lequel une seule pièce de bois, convenablement entaillée pour recevoir une petite bouche à feu, suffit pour remplir toutes les conditions.
L'affût do siège, au contraire, de dimensions ncccs-
23o AFFUTS.
saircfncnt considérables, comme le canoit autpicl 11 est (Icslîiié, a tii'i élrc composé dis plusieurs pièces solidement reliées par des ferrures.
Il y eut d'abord , dans l'ancien malériel de siège, trois modèles d'aflûts, un pour chaque espèce de boucbc à feu: affûts de canons do i6 et de 24» '^^ ^^^^ d'obusier de 8'. Ou construisit plus tard, dans le même système, deux autres afTùts de siège pour cauons de place de 12 et de 8. Dans le nouveau matériel il'artillerîe de siège, il n'existe cjuc deux modèles d'afiuls, un pour le canou de 16 et un pour celui de a^ ! '^'^ Jernier sert aussi pour Tobusier de 8'.
21 ff. n n'est pas nécessaire que la construction de Taflut de siège permette de donner, comme cela a lieu pour les mortiers, de très-grandes inclinaisons à la bouche à feuj au-dessus de Thorizou , parce que le tir sous de trèsgrands angles u'est employé que raremeut , attendu qu'il manque généralement de justesse et que l'alTùt a de trop grands efforts à supporter. Les angles sous lesquels ces aJIiîts peuvent tirer, au-dessus du plan de la plate-forme, dépendent de la position de la vis de pointage, et leurs limites, pour les canons de 34 et de iG, sont respectivemeat: de 11 et ia*ea conservant la vis de poiatage, de i4 et i5° en l'étant, et de i5 et 16* en ôtant la ïis et l'écrou. La culasse de l'obusier de 8', placé sur l'aSut de a4 ] ne repose pas sur la vis et le pointage se fait à Taide d'un coin j lorsque la plate-bande de culasse repose sur la flèche, Tinclinaisou de l'obusier est de la à i3°. Les plates-formes étant ordinairement inclinées du c6té du but , il &ut retrancher l'angle quMles forment avec l'horizon , de ceux qu'où vient de donner, pour avoir les plus grandes inclinaisons de la bouche à feu avec lliorîzontale. -
Dans les circonstances particulières du Service qui
AFFUTS DE SIÈGE. 23l
exigent un tir plus élevé, on peut placer sous chaque roue et dans la direction du recul y des madriers qui élèvent la partie antérieure de Fafiut et augmentent Tindinaison de la bouche à feu au-dessus de Thorizon; au moyen de cette disposition, Faffîit est moins fatigué, dans le tir élevé , que si , sa construction permettant à la bouche à feu de prendre une grande inclinaison , il était tiré sur une plate-forme ordinaire*
215. Un tir très-abaissé au-dessous de Thorizon^ nW pas nécessaire dans les circonstances ordinaires du service ; et Ton s''est généralement arrêté à Tangle dont la tangente trigonométrique est ~- et qui correspond à 9° ^ environ ; les affiuLts de siège actuels permettent aux bouches à feu de faire un angle au-dessous du plan de la plate-forme, de 4'' pour les canons de 24 ^t de 16, la culasse reposant sur la vis de pointage.
Dans les circonstances où Ton veut tirer sous un angle plus abaissé , on place des bouts de madrier sur la tête de la vis. 'Si à cet angle on ajoute Tinclinaison de la plate-forme (2** ^ pour celles qui sont inclinées à (tj), on a Fangle de la bouche à feu au-dessous du plan horizontal. On peut encore obtenir des angles plus abaissés , en mettant des madriers ou une poutrelle sous les crosses de Taffût : on a tiré ainsi et avec les plus fortes charges, jusque sous Tan-^ gle de 16** au-dessous de Thorizon.
216. Lorsque les bouches à feu de siège sont pointées parallèlement au sol , leurs axes sont à des distances de i",33 et de i",35 pour les canons de 16 et de 24, et de i",34 pour Tobusier de 8^. En retranchant de ces hauteurs le demi-diamètre au plus grand renflement du bourrelet pour les canons, et le demi-diamètre de la platebande de la bouche, pour Tobusier, on a la plus grande hauteur de la genouillère , c^est-à-dire la plus grande distance de la plate-forme au fond de Fembrasure; cette
a3a AFFUTS.
hauteur est de l'^,i8 pour les canons et de i",i3 poor IVènsier ; ces cjoantités doivent être diminuées lorsque les bouches à feu tirent sous une direction plus inclinée audessous de lliorison, que eelle de la» plate-forme , et élled peuvent être augmentées, lorsquo les bouches à feu ne doivent tirer que sous des angles trës-élevés , comme cela a lieu dans les batteries k ricochet.
217. Les reculs des bouches à feu de si^ des difiérens calibres, varient avec les chaires ; ils sont donnés dans le tableau suivant, pour le tir sur une plate-forme inclinée ft ^.
u des recuh des bouches à feu de si^e.
CSharge, en poids da boulet.
BacuI des o^iojM de •••••.« ••(
(Charge en kilogrammes.
-D 1 j 11 u • / sous de grands ancfles.
Kecul de lobusier ( & b
petits angles. .
de 8p
pus de ««.n ( soMS de petil
L^étiendue des reculs varie avec Tirvclinaison el Tétai de la platc-foftc.
AFFUTS DE Slf.GE,
218. Poids et dimensions priiicijmles des affûts de siège du nouveau modèle.
Affût de
Longueur de Tessieu
Voie de la voiture
Hauteur des roues
Long;ueur - de Taffut en batterie
L<mgueur de Taffut et du canon.
Poids des affûts (sans roues)
Poids des djux roues
Poids total a?ec la bouche à feu
Presàon des crosses de Taffut en batterie
2°bl6 1,54 1,55 5,77 4,88 640»^
. 219. Description et nomenclature des anciens cffût$ de siège. Les anciens afiuts de sîége sont composés de deux forts plateaux de chêne nommés^Zo^^ue^ ^ placés de champ et qui reposent d^une part sur Tessieu, et de Tautre sur le sol; ces flasques sont reliés par quatre entretoises y pièces de bois qui en.maintiennentrécartement.
Elles sont placées : Tentretoise de lunette près des crosses , Tentretoise de mire sous remplacement du bouton de culasse ; Fenlretoise de cpuchc sous le premier renfort , et Tentrètoise de volée sous le second renfort.
La première est renforcée à la partie inférieure et percée dW trou évasé appelé lunette, pour recevoir la cheville ouvrière de IVvant-train. Sur les deux entretoises du milieu, est assemblée la semelle qui sert à supporter Técrou de la vis de pointage. Un encastrement de tourillon est pratiqué dans la partie supérieure de chaque
a 34 AFFOTS.
ilnsqnc et un autre encaslLcmeut eu licssoufi, pour recevoir l'essieu.
Los faces intérieures des flasques sout verticales ; le»J faces extérieures sont un peu en talus. Les flasques son( serrés sur les entretoiscs par cïuq boulous qui les tra»] versent. Le dessus de diaque flasque est revêtu de dea£il ferrures , un bout d'affût et une bande de recouyremenU.ÏÏ Les sous-bandes n'existent que dans la partie postérîeur»1 de rcncastrement ; chacune d'elles est maintenue par troît M chevilles à tête ronde et une cheville à nietitonnet ; anJ étrier qui relie l'essieu à l'affût, est maintenu parles i écrous de deux des chevilles désignées; une cinquième à têle plate et percée, sert, avec celle qui est à mentonnet, à fixer la sus-bande au moyen d'une clavette.
La lunette est revêtue d'une ferrure pour empêcher l'avanl-traiu de la dégrader; uu anneau d'embrelage fixé par un piton , sert à attacher une chaîne qui relie l'aiTùt
-flvec l'avant- train. La vis de pointage tourne dans un J
«crou en bronze fixé sur la semelle j enfin deux crocheîi '
dfl retraite servent aux manœuvres.
L'essieu est en bois ; le corps est tenniné eu dessous par
un demi-cj-lindre ; son arête inférieure et celles des c6aes
des deux fusées sont daus le prolongement les unes des ' antres. Chaque fusée est garantie de l'usure par na
équignon en fer, maintenu sur le corps d'essieu par un , braban Séqiàgnon , et k l'extrémité de la fusée par une
happe à anneau. •
La partie supérieure de la fusée vers l'épaulement ,
■cet garantie de l'usure par un heurtequin ; l'aunean à
happe remplit le même ofBce pour te petit bout. La roue se compose d'un moyeu garni de deux boites
de roses en fer, reteuiies cliacune par deux crampons.
Le moyeu est relié par deux frettes *ef deux cordons.
AFFUTS DE SIEGE. 235
Douze rais réunissent les six jantes au moyeu; six ])andes de roues embrassent les jantes à Textérieur, les relient deux à deux et les empêchent de s^user contre le sol ; chaque bande est fixée par dix clous de bande. Les jantes sont réunies entr^elles par un gougeon et serrées en leur milieu par des clous rivés , pour ne pas être fendues par Faction des clous de bande. Une rondelle d^épaulement et une de bout d^essieu diminuent le frottement des roues contre le corps d^essieu et contre Fesse.
220. Description et nomenclature des nouveaux cffûts de siège. Les nouveaux affîits (Fig. 6g) sont composés dé deux flasques courts, dans chacun desquels- est pratiqué un encastrement de tourillon ; ces flasques sont reliés à une flèche par trois boulons , et en sont séparés par trois rondelles d'assemblage , pour conserver un vide entre ces flasques et la flèche, afin que Fhumidité et la boue ne puissent, en y séjournant, occasionner la pourriture de ces pièces de bois près de Fassemblagc.
Chacune des deux rondelles postérieures porte deux épaulemens qui sont encastrés, Fun dans la flèche et Fautre dans un flasque, pour empêcher celui-ci de tourner autour de son point d^appui sur Fessieu, par suite de Fefibrtque le tourillon exerce siu: son encastrement au moment du tir. Chaque flasque a un encastrement de tourillon et un autre pour le corps d'essieu. Pour ne pas diminuer la hauteur de Fencastrement des tourillons au:dessus de la plate-forme , malgré la diminution des dimensions de Fessieu, par suite de sa construction en fer, on a ajouté un corps d'essieu en bois , et c'est sur cette pièce que reposent les flasques et la partie àntériem*e de la flèche.
Les sous-bandes ne régnent pas dans toute la partie antérieure de Fencastrement, mais elles se prolongent jusqu'à l'extrémité postérieure du flasque. Chacune d'elles est fixée par quatre chevilles; la première , près de l'encastrement, esta mentonnet, la dernière, est la cheville ar-
a36 ArruTs.
rètoir, les deux autres sont a tète ronile. Ua étrier s diaque flasque maintient l'essieu et le corps cfcssieu; il Gst 6xc par les éeroux des deux premières chevilles désignées plus haut et par uue cinquième a tête plate et percée, qui sert, avec celle qoi est à meotoDuct, à retenir la sus-bande et par suite les tourillons de la bouche à feu sur l'affût. '
Les têtes des chevilles arrêtoirs forment , avec la partie autérieujve des Hasques , des logcmens pour les tourillons , quand on fait voyager la bouche à feu. La cheville s mcntonnet se dirigeant vers Tangle antérieur de l'étrier d'essieu, obliquement à la portion de ferrure qui s'appuie sur les flasques , on a placé sous l'écrou de cette J cheville une rosette en talus, dont la face inférieure | est perpendiculaire à la direction du boulon.
La lléchc et le corps d'essieu sont encore reliés par'J une bride d'essieu, fixée par des boulons dont la tête est 1 noyée djns le bois de la flèche. La flèche est formée de deux pièces placées jointivement l'une à côté de l'autre , et reliées par deux gougeons, un boulon d'assemblage de flèche et un autre boulon à tenons de manœuvres ; ce dernier sert, conuue dans les affûts de mortiers, d'appai aux leviers pour fitire avancer ou rectder l'affût dans les manœuvres.
La vis de pointage tourne dans un écrou en bronze filé sur la flèche. L*axe devant être à peu près vertical, qtiand la pièce est en batterie, il se trouve iucliné par rapport à la flèche, niais la vis presse la culasse suivant une direction qui est presque toujours perpendiculaire à l'axe de la bouche à feu.
La crosse est revêtue dans la partie qui &otte sur le sol, par une ferrure appelée bout de crosse ; la partie antérieure des flasques l'est par une autre BOmniée tête d'(0ût. Une chaîne d'enrayage, destinée à erapéclier dans les des-
AFFUTS DE StÉGE. - 237
centes le mouvement de rotatîoa de la roue et à la faîi-e glisser sur le sol pour augmenter le frottement , est attachée au pitoîi, de la tête d'un des boulons d'assemblage. Pour enrayer , on passe la chaîne entre les rais de deux jantes et on en fixe rextrémité à la clef qui se trouve au bout d'une petite chaîne suspendue au même boulon que l'autre. Pour ménager la jante et le rais , la portion qui dok les toucher est formée d'une corde repliée plusieurs fois sur elle-même.
Un coussinet en bois porte-culasse est destiné à soutenir la culasse dans le transport ; il est maintenu sur la flèche par deux boulons à tête noyée* En avant de ce coussinet , la flèche est percée de part en part ^our re^ cevoir la vis de pointage pendant le transport ; un crochet porte-chaîne d'enrayage, fixé au corps d'essieu, sert à suspendre la chaîne quand elle n'est pas employée ; deux plaques de frottement de roue sont, placées sur les côtés, de la flèche, pour la garantir du contact des roues de l'avant-train dans les tournans. Une ouverture est pratiquée à la partie inférieure, pour recevoir la cheville ouvrière qui relie les deux trains j une lunette de che^ ville ou{frière sert à empêcher l'usure de la flèche en cet endroit. Les extrémités du corps d'essieu sont reliées à l'essieu par deux frettes.
L'essieu en fer porte ^u milieu de sa longueur une saillie nommée talon, qui l'empêche de glisser le long du corps d'essieu, dans lequel il est encastré.
Les roues des afiuts du nouveau modèle ne difièrentdes roues de l'ancien que par les dimensions et la ferme des assemblages : elles se composent d'un moyeu en bois , de 1 2 rais , 6 jantes , 6 gougeons d'assemblage ; les ferrures sont : 2 frettes et 2 cordons pour consolider le moyeu , 6 bandes pour garantir les jantes de l'usure contre le sol ; 6 clous rivés de jantes et 6 coutre-rivures pour
S38 AFFUTS,
empêcher les jantes de se fentire ; 1 2 boulons ^e bande pour iDaintomr les bandes. Une Iiolte de roue en bronze r^ne dans toute la longueur du moyeu , et est évîdée int^rîcnreraent , dans le milieu do sa longueur, pour retenir la graisse; elle est maintenue sur le moyeu par deux crampons; une rondelle d'épaulement , une autre de bout d'essieu et une esse maintiennent chaque roue» comme dans les autres affûts.
AFFITTS OE C*MPAG>E.
221 , L'afi'ùt et l'obusier de montagne que leur grande légèreté permet de transporter à dos de mulet , peuvent être conduits comme voiture à deux roues , dans des ter- , raius Irès-accidentés , sans faire éprouver de grandes fa- "* ligues au moteur ; mais les effets de ce système d'artillerie sont peu considérables. L'artillerie de campagne , devant produire des effets beaucoup plus grands, a, par suite, UD matériel plus pesant qui ne peut pas être transporté " de la même manière ; en effet, une voiture à deux roues , aussi fortement chargée, rencontrerait, sur un champ de bataille, des obstacles qui ne pourraient être surmontés que par de très-grands efforts des chevaux ; de plus, l'opération d'ôter la lîmonière ou de la fixer solidement à l'affût avant et après le tir, serait embarrassante et pourrait occasioDDcr de grands accideus dans une action uu peu vive.
Pour remplir les diverses conditions de mobilité et de rapidité, dans le passage de la disposition de transport à celle de combat, et mce vend, avec un matériel susceptible d'un effet suffisant en campagne, on a formé l'affiit de deux trains , comme celui de siège ; l'un de ces trains sert à porter la bouche à feu, à la maintenir et à la diriger , l'autre sert à transmettre l'effet du moteur au système; ce dernier, séparé de l'arrière-train, pendant
AFFUTS DE CAMPAGNE. 289
rexécution des feux, y est réuni pour le transport; de sorte qu''alors , l'affût et l'avant-train forment une \oiture à quatre roues. Le système ayant quatre points d'appui sur le sol , les deux trains ne doivent pas être dans une trop grande dépendance l'un de l'autre^ afin qu'ils pui^ sent se placer dans des plans différens, et que les parties inférieures des quatre roues puissent, à la fois, suivre les accidens du terrain ; sïl n'en était pas ainsi, l'un des trains resterait suspendu par les pièces de réunion, dont, en général , les dimensions ne sont pas assez considérables pour supporter un tel effort, sans se rompre ou du moins sans se fausser; si cet accident avait lieu, il entraînerait les plus graves inconvéniens , parce que cela arriverait surtout sur les champs de bataille, où les terrains sont très* accidentés, et que cela occasionnerait une rupture qui pourrait faire perdre l'afflit, ou bien rendrait la désunion impossible , lorsqu'elle est nécessaire.
222. Pendant long-te'mps les deux trains des affûts 'de campagne n'ont été réunis, conune ceux de siège, que par une cheville ouvrière , fixée dans la partie la plus élevée de l'avant-train et traversant l'entretoise des crosses, par laquelle l'aff&t reposait sur ce train. Les deux trains avaient ainsi une grande indépendance dans tous les sens ; mais leur poiut de réunion étant plus élevé, dans ce système, que les roues de Tavapt- train, on avait tous les inconvéniens signalés précédemment pour les anciens affàts de siège 3 de plus , il fallait que les roues de ilevant fussent très-basses, ou que les crosses fussent considérablement élevées , pour pouvoir être mises sur l'avant-train , et qu'elles fussent très -pesantes, pour que le centre de gravité de l'arrière -train ne passât pas en arrière de l'essieu ; la réunion des trains devenait difElcile , et il fallait un temps assez long pour effectuer les plus petits mouvemens sur le champ de bataille : ces inconvéniens
«Çinîent d'entant phis grands, qu'on employait alors des bouches à feu (rès-pesantes.
223. Pour remédier à ces graves iuconvénicns, Griheauval fit adopter , en i ^65 , un système d'artillerie de campagne plus léger, qu'il rendit très-mobile, en employant des essieux en fer et on élevant la hauteur des roues de devant, sans changer celle du point d'attacho des ' deux trains dans le transport. En présence de renuerai l'affût n'était relié à l'avant-traîu que par une prolonge quî ' l'en tenait éloigné à une distance convenable, et il pouvait ainsi reculer et prendre toutes les directions; les chevaux toujours attelés à i'avaut-traia pouvaient partir et emmener rafiut à un instant quelconque. Oji pouvait de même exécuter le tir dès que les chevaux s'arrêtaient. Les deux trains furent aiasi rendus indépendans l'im . de l'autre, même plus qu'il n'était nécessaire, chacun ^ d'eux n'apportant aucun empèchemeut au renversement J de l'autre ; le tirage fut augmenté , par le frottement dea I crosses contre le terrain , et les obstacles rendus pins diffiàks i rarmtHiter.
Ce mode de réunion très 'Convenable pour manœuvrer ■DT le diarap de bataille , mais qui rendait le tirage trè^-. fatigant ponr les dievau^t , ne pouvait être conservé trèslong-temps, surtout dans les mouvemens en mauvais terrain , et lorsque l'e^piece était resserré comme suc les rtniles; dans ce cas, où l'on a besoin d'ailleurs d'avoir ^gard aux conditions de transport, .on plaçait les crosses sur l'avant-train. Dans cette circonstance , la dépendance des trains n'ayant pas les inconvéniens qu'elle présente sur le champ de bataille, on a pu établir en anrière de l'essieu de l'arrière-train , une sassoire qui s'appuie sons les crosses , et maintient la partie antérieure de l'avant^lrain , sans que les chevaux aient besoin de le soutenir.
AFFUTS DE CAMPAGNE. a4'
LVfiut reposant sur deux points de Favant-tràin et se trouvant moins élevé au-dessus de Tessieu , il peut sans in-' convénient porter une partie du chargement; mais àlorsi' la position du centre de gravité , reportée du côté des crosses, ne pouvant pas convenir lorsqu^il faut faire feu ou remettre Tavant-train , on a pratiqué aux affûts des bou--' ches à feu de campagne lég plus lourdes, celles de 12 et djB 8 , deux eucastremens , Fun^pour le tir , l'autre pour ' le transport. Ainsi, quand on est à la prolonge, dans la disposition convenable au tir, on n'est pas dans la position la plus convenable pour le transport , c'est cepen^ ' dant dans cette circonstance que la mobilité et la rapidité ont la plus grande importance. Les flasques ayant été raccourcis pour faciliter le tournant de la voiture , on les cintra, afin que, vers la partie postérieure de l'encastrement , les fibres du bois fussent plus soutenues et moins inclinées par rapport à la direction du tir , et ne pussent être facilement séparées par le choc des tourillons,
224. Depuis on a reconnu qu'on pouvait , avec avantage , revenir à un seul point d'appui de l'arrière-train sur l'avant-train , moins élevé que l'ancien et qui permettait de remplir de nouvelles conditions ; ce point a été choisi un peu en arrière de l'essieu et à hauteur de l'axe , et la cheville ouvrière a été remplacée par un fort crochet. Ce changement, en rendant libre le dessus de l'avant-train, a permis d'y placer un coffre à munitions, beaucoup plus grand que celui qu'il était possible de placer entre les flasques des afiuts du système précédent et qu'il était pécessaire d'enlever, lorsque l'affiàt était en batterie.'
Dans le nouveau système, au contraire, le coffre à munitions peut être à demeure sur l'avant-train , et par là le chargement est naturellement réparti sur les deux trains , sans qu'il soit besoin de changer la bouche à feu de position.
%/^% ■ AFFim*
', Les munitions n^àugmehtaat plus le poids des crosses , odles-d peavent être sonlevées avec pea dWorts; cette' opération est encore facilitée /parce qu^on les saisit trèspvès de leur extrémité, et que le point de réunion des denx trains est peu élevé et très-apparent : aussi cette opération est ftite rapidement par deux hommes > tandis qa^elle ne Test, dans Pancien système, qu'^avec plus de temps et plus de peine par quatre hommes, qui doivent soutenir les «rosses, jusqn^à ce. que Tavant-train ait reculé sous Fafiiit. lia hauteur :du point de réunion des deux trains du système ancien, nepermet pas de conserver la bouche à: feu dans son encastrement de tir pendant la route , parce que le poids qu^on peut donnet aux crosses, quand la pièce est en batterie, force de placer le centre' de gravité de Farrière-train , assez peu en avant de Fessieu, pour qu'ail vienne au-dessus , lorsque les crosses sont âe» vées à cette hauteur ; il arrive alors que dans les montées ou par la rencontre de petits obstacles, le centre de gravité passant alternativement en avant et en arrière de IVssieu, il se produit des chocs réitérés entre les deux trains ; celui de derrière peut même se détacher et se renverser par la rupture de la chaîne d^embrelage. Dans le nouveau système, les crosses étant moins élevées , le centre de gravité reste en avant de Tessieu de Taffût , qui n^a plus de tendance à se renverser.
^opération d''unir et de détacher les deux trains a été rendue assez prompte et assez facile , pour que leur réunion par un cordage ne présentât plus les mêmes avantages qu^auparavant , et on leur a laissé TindépendaDce la plus complète dans le tir; dans quelques circonstances, cependant, on se sert de la prolonge, et son emploi préj>ente moins d^inconvénient que dans Tancien système.
Après ces considérations sut la mobilité et les manœuvres , qui sont d^une grande importance dans Far-
AFFUTS DE GABÏPAGNE. Vt^3
tîllene de campagne, viennent celles qui sont relatiyeîs à Fexécution des bouches à feu. '
225. La bouche à feu doit être élevée d\inè certaine quantité au-dessus du sol pour que de petits accîdetis de terrain ne cachent pas Tobjet à battre et pour qu^on puisse exécuter le tir avec faicilité ; Taxe des différentes bouches à feu de campagne est élevé au<-dessus du sol dW peu plus de i".
Il faut pouvoir atteindre Tennemi à d^assez grandes distances , et pour cela , incliner la bouche à feu au-dessus de la direction du point à battre y d^une certaine quantité ; Findinaison que doit prendre la bouche à feu par rapport au sol^ est plus grande que cette quantité , . parce que le terrain peut être incliné du côté du but ; avec les bouches à feu de campagne, on peut pointer audessus du sol sous des angles de 12 à i^"", avec la vis de pointage, et jusqu^à 16** en ôtant cette vis ; on peut tirer sous le même angle et même au-delà sans ôter la vis , en plaçant les crosses dans une excavation. Il faut aussi, à cause des accidens de terrain, que les afiuts permetteiot de pointer au-dessous d^uu plan parallèle au sol ; la limite de cet angle est de 5 à 6" avec les affûts de campagne*
On a vu que dans la bouche à feu , la prépondérance de la culasse ne devait pas être trop considérable , potit qu^on put élever ou baisser la culasse avec facilité^ cette opération se fait par des mouvemens doux , à Taide d^une vis de pointage.
La pression des crosses contre le sol est avantageuse en ce qu'elle augmente le frottement et par conséquent diminue le recul , mais une pression trop grande rendrait difficile le soulèvement des crosses , pour les porter à droite ou à gauche dans le pointage.
226. La solidité et la simplicité sont des conditions que doivent remplir tous les systèmes d'artillerie. La so-
sr^a
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lîdité surtout est dlllicilc et importante à obtenir dans les voitures de campagne , ti cause de la légt:rctc ({uc doit posséder ce matériel, et des nomlireuses chances d'accidens auxquelles il est esposé dans le service et ((ni peuvent rcmpèclier d'èlre utilisé au moment opportuD.
La filmplicilé rend les réparations ut le remplacement des pièces brisées beaucoup plus facile, parce (juVoc seule pièce peut convenir îndiflërorameut au remplacement de plusieurs autres ; la simplicilé diminue aussi la quantité de pièces de rechange à transporter.
Pour obtenir cette simplicilé, on a donné aux obnsiers nouveaux les mêmes tourillons qu'aux canons , et ou les a placés à la même distance de la platc-baude de cdassc, afiu de nVvoir qu'un seul affût pour le canon, de 1 a et pour l'obusicr de 6'', et un seul pour le canoa de S et pour l'obusier d,e a4 i pour rendre des pièces identiques, on a augmenté des dimensions qui auraient pu être plus faibles ; ainsi , dans les affûts de 8 et de la , les roues , leà essieux et la plus grande partie des ferruies sont les mêmes. L'avant-traîn des affûts ayant les mêmes fonctions à remplir, on se sert d'un modèle unique pour les deux calibres; les corps des affilts ne diffèrent que par quelques dimensions dépendantes de celles des boucbes à fen^ Quoique par là, quelques parties soient pluf lourdes ^'il n'est nécessaire, cependant la diminution du nombre des pièces de rechange a rendu moindre le poids total de celles à transporter.
Dans les anciens aâîiitg, il exûle peu de pièces centmunes aux diSerens calibres; ils exigent un plus grand nombre de pièces de rechange^ et chaque .calibre a son afiut.
On donne aux voitures de campague la voie généralement adopta eu France, de i^iSH, afin que, dans
AFFUTS DE CAMPAGNE. ^4^
1^ mauvais chominsi les deux roues de chaque traiu puis* sent suivre les ornière déjà formées.
Daus le nouveau matériel, le diamètre des roues est de i",49 et U longueur des essieux de i",90 5.1a hauteur de Taxe de la bouche à, feu au-^dessus du sol est de l'^^io pour les canoqs de 12 et pour Tobusier de 6', et de l'^joS pour les canons de 8 et pour Tobusier de a4-