‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 62 sur 113 · Poids des principales parties des nouveaux affûts · texte numérisé non relu

Poids des principales parties des nouveaux affûts

de campagne.

mm

mtCÊ

Corps d^afiut ^, ,

Deux roues de campagne • .

Bouche 4 fefi ...•••

Armemens : ëcduviSoiu , tire-bourre.

Poids de Parriàre-train ,

Poids de rayant-train chargé.

I Poidc tolal de la voiture .

GANON

de 12

OBDSIBR

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CANOH

de 8

ÔBD8IB] de 24

327kiiog.

228. Description et nomenclature des anciens ttffûts de campagne* Les anaens afi&ts de campagne ont les formes générales de Paffut de si^e du même système ; ils se composent de deux fiasques placés d« champ et qui reposent d^une part sur le sol , et de Tautre sur l'essieu ; ils vont en divergeant vers les crosses; leur écartement est maintenu par les trois entretoises de "isolée y de mire et de lunette ; les flasques embrévés^ intérieurement pour

les recevoir, sont serrés cnire eux par des boulons. Deai: encastremens , Tua <ie route, l'autre de tir, sont pratiqués dans la parlîe supérieure , pour recevoir les tourillons lie la bouche à feu ; uu troisième est pratiqué en dessous pour recevoir Tessieu.

Une semelle en bois, qui est liée sur le devant à l'entrctoise de volée à l'aide d'uce «harnière et qui repose à sa partie postérieure sur la vis de pointage , sert d'appui à la culasse du canon. L'écrou eu bronze de la vis de pointage est soutenu h. ses deux extrémités par deux crapaudiiies en fer, fixées aux flasquee et dans lesquelles il peut tourner, afin que la tête de la vis puisse suivre, en s'éle— vaut, le mouvement circulaire de la calotte, encastrée sous l'eslrémitê mobile de la semelle.

Les encastrcmens de tir et ceux de route sont formés par des sous-bandes en fer j pour les premiers, les sousbandes, dites Jbrtes, ont une grande épabseur, les autres sont dites minces ; elles sont maintenues par quatre chevilles à mentonnct, quatre chevilles à tête plate et per-r cée, et deux chevilles à tête ronde; les deux sus-bandes qui servent pour les quatre cncastremens , s'engagent sous les premières chevilles et sont maintenues par les secondes à Taîde de clavettes.

Les fiasques sont revêtus de baudes de fer , deux bouts d't^Ats et deux bandes de recouvrement de talus de fiasque, maintenues par quatre liens.

L'essieu en fer porte deux talons qui s'appuient contre les faces intérieures des fiasques et l'empêchent de glisser dans le sens de sa longueur; il est maintenu dans les encastrcmens des fiasques par deux bandes serrées par le& écrous de quatre des chevilles désignées plus haut. H existe pour chaque fusée de l'essieu une rondelle d'épaU' lement, une de bout d'essieu et une esse

Quatre anneaux de pointage, deux grands et deux

AFFUTS DE CAMPAGNE. ^4?

)>etits , sont fixés sur Fentretoîse de lunette et reçoivent deux leviers qui servent à manœuvrer et à diriger Tafiiit. Deux doubles crochets de retraite et dVutres ferrures analogues servaient à attacher des bricoles auxquelles des hommes s^attelaient , pour faire faire à la pièce de petits mouvemens.

Le délardement des flasques augmente leur écartement

et permet d^ placer un coffret renfermant une certaine

quantité de munitions. - La limette y dont Touverture

tronc-conique pratiquée dans Tentretoise de lunette est

garnie de ferrures en dessus et en dessous , est destinée

à recevoir la cheville ouvrière de Tavant-train , lorsqu^on

y place Faffut pour le transport ; deux anneaux de ma-

nœui^rej fixés sur les flasques, et dans lesquels on passe

des leviers / servent à soulever les crosses. Un anneau

d^embrelage est fixé par un piton à Tentretoise de lunette

et sert , à Faide de la chaîne d^embrelage , fixée à Favant-

train , à empêcher Fafiut de s^en détacher ; il sert aussi à

attacher la prolonge quand on mai^qeuvre en présence de

Fennemi. Plusieurs ferrures sont analogues à celles des

autres afiîjits y et remplissent les mêmes fonctiotis ;. comme

la chaîne d'enrayage et sa rosette à piton, les plaques

de frottement de roues. D^autres ferrures particulières

aux afiuts servent à accrocher le seau, les leviers et les

armemens.

La roue est formée d^un moyeu garni d^une boîte en bronze, de/rettes et de cordons 'y de douze nxis ; de six jantes reliées par six bandes de roues, dont chaque extrémité est fixée par un boulon de bande et par quatre clous»

229. Description et nomenclature des noui^eaux tiffûts de campagne. Les afiuts de campagne du modèle actuel {Fig. 70) ont leurs formes générales semblables à celles des nouveaux afiuts de siège ; la partie antérieure se compose

Vf6 AtTUIS-

de doux dasqucs reliés à uncflèclic, et repose sur deux roues par l'iiilci-médiairc de l'essieu ; la parlio posidrîcui'e do la flèclic est arrondie en dessous et i'e]>osc sur le sol>

La flèche est formée de deux pièces de hois serrées par plusieurs boidons.

Les flasques sont parallèles entre eus , et leur écarteinrat est un peu plus grand guc celui des embases de la bouche à feu, à laquelle l'aflut est destiné; ils sont reliés à la flèche par trois boulons et eu sont séparés par six rondeUes d'assemblage, dout les deux postérieures sont à épatdement. Chaque tlasquca deux encastremens , l'un de tourillon , l'autre d'essieu ; une sous-hande en fer est prolonijée sur la partie supérieure et antérieure de diaque flasque ; die csl maintenue par cinq clievilles dont une à mentounet et une à têle filato l't percée ; ces deux dernières servent à maintenir ta sus-hande.

h'etaeu en fer a, au milieu do sa longueur, un talon qui s'engage souk la flèche et qui l'eoipéche de glisser; il est fixé sur la flèche par pn èlrier d'essieu et dans ses eocas- Iremeus ])ar deux bandes d'essieu, serrées eliacunc par troift dos cherillos désignées }tluB baut ; obacuue des fusées est garnie de deux nndellei et d'une esse.

la vis de pointage et «on icreu sont scmUables à ceux des affûts de giége. Deux anneaux de pointage , un graad , mobile, et un petit, ^e, servent à recevoir un levier pour la mftBœuvro ; ils sont fixés sur la plaque du dessus des crosses. Le bout de crosse-lunette sert à unîr l'afiut à l'avaut^raio et garantit le dessous des crosses des dégradations contre le sol ; deux poignées de crosses sur les côtés de la flèche, servent à soulever les crosses.

L« chatne d'enrafnge , fermée de mailles et d'une clej" en fer, «st fixée ik l'aflut par une rosette-piton; deux plaques d'appui de roue garantissent les côtés de la âèche.

AFFUTS DE PLACE ET DE c6tE. ^^Q

Des ferrures particulières aux afiùts de campagne et destinées à porter les armemeus, sont : sur les côtés de» JËUisques, une damlle porte^boiite-Jeu , deux ormeaux et deux rosettes crochets porte^Ieuiers ; sous les flasques | un crochet porte-écouuillon , du côté droit de Taffùt, et un ^rochet-apneau porte^couyiUon et tire-^hourre , du côté gauche; sur les côt& de la flèche, deiix étriers porte-écowUlon / sous la flèche., un arrétoir d^écouvû- Ion, une plaque à pitons et une plaque à oreilles por-^ te^tire-^bourre. Le seau est suspendu à Tanneau qui ter** mine Fétrier d^essieu.

La roue est composée d^ui^ moyeu consolidé par deui^ Jretteset par^leux cordons ^ et garni d^une boite en bronze, fibsée par deux <:rampojis; de quatorze rais et de sept jantes reliés par un seul cercle fixé par sept bouhns de cercle.

AFFUTS DE PLACE ET DE CÔTB.

230. Les afiuts qui n^élèvent pas les bouches à feu jusqu^au-dessus des parapets,, obligent de pratiquer dans ces épaulemens des embrasures qui ont FinGonvénient d^affaiblir le parapet en le découpant sur une certaine hauteur, et celui de laisser les hommes et I^intérieur du rempart à découvert et en prise aux coups directs de Ton*nemi. Les embrasures limitent aussi le champ de tir ou le terrain qu^on peut embrasser de ses feux ; de plus , commis la bouche des canons et surtout celle des obusiers n^en-* trent pas très-avant dans ces ouvertures, les gaz déve* loppés dans Texplosion dégradent les joues des embra-*sures.

Pour remédier à ces inconvéniens , on tire les bouches à feu au-dessus de la plongée des épaulemens, ou du moins très~peu au'^essous -y il ne suffirait pas , pour cela,

d^élever la plate-forme au-dessus tlu sol et de se servir des alTûts ordinaires, car alors les parties des roues qui sont plus élevées que la bouche à feu , ainsi que les canonniers employés à son service seraient à découvert,

Le tir par-dessus le parapet , convient particulièrement pour la défense des places, parce que alot^ le champ de tir des bouches à feu a besoin d'être étendu, aiîa que des positions avancées qu'elles occupeut , on puisse battre la plus grande étendue possible du terrain occupé par les travaux de rennemi. L'avantage d'un grand champ de tir est moins important avec les bouches à feu employées à l'attaque des places, parce que les batteries sont généralement établies pour battre un point déterminé. De plus, comme elles sont ordinairement situées au-dessous du plan des ouvrages, la partie postérieure des bouches à feu et des aHuls serait plus exposée aux coups directs de l'ennemi ; enfin , un affût qui élèverait beaucoup la bouche à l'eu serait impropi-e au transport , dans un terrain moins uni que celui de) remparts. Aussi ce genre d'afiîùt qui permet de tirer pardessus le parapet, forme-t-il eseentietlcment le système d'artillerie de place.

Les batteries destinées à la défense des cdtes , sont génë^lement à une assez grande hantenr au-dessus de la mer, et les bouches à feu ont encore plus besoin que celles des batteries de place, d^un champ de tir très^tendu, pour pouvoir suivre les bâtimens sous voile ; aussi les a^ fiits dé côte doivent , comme ceux de place , élever la bouche 'à feu au-dessus de l'épaulemeut de la batterie.

Une boucQie & feu tirant à embrasure ne pourrait servir que dans leprblongement de passes qui ne laissent aux vaisseaux qi^ti chemin peu large dans lequel ils puissent naviguer.

231. Plus la bouche à feu est élevée au-dessus de la plate-fonnc, plus il est facile de garantir les hQmme&,

AFFUTS DE PLAGE ET DE GÔtE. sSl

maïs plus aussi le service en est difficile. La ^hauteur de i",65 comptée du dessous de la bouche à feu au plus grand renflement du bourrelet , lorsqu'elle est pointée horizontalement, a été reconnue comme satisfaisant autant qu^il était possible à ces deux conditions. U serait difficile y avec une plus grande élévation , de remplir la condition de stabilité dans le tir, sans avoir une longueur considérable ; car Faction des gaz de la poudre ^ considérée comme dirigée suivant Taxe de la bouche à feu^ tend à faire tourner le système de la bouche à feu et de Taflut, autour du point d^appui qui se trouve en arrière et à la partie inférieure de l'affût ; or , à mesure qu'on élève la bouche à feu, on augmente le moment de rotation ainsi que la tendance au renversement ; d'un autre côté, le moment de stabilité augmente avec la distance horizontale du centre de gravité du système à ce même point de rotation; par conséquent, le poids restant le même, si l'on élève la bouche à feu, il faudra, pour conserver la même relation entre les deux momens , tout d'ailleurs restant le même , augmenter la longueur de la partie postérieure de l'affût. On a reconnu qu'avec la hauteur i°*,65 , la condition de stabilité n'exigeait pas une longueur d'affiàt trop considérable , lorsqu'on élève suffisamment le plan sur lequel repose le derrière de l'affiit.

Cette hauteur du dessous du plus grand renflement de la volée, qui doit encore être réduite lorsque l'on tire au-dessous de l'horizon , étant plus petite que celle des parapets, il faut faire dans ceux-ci une petite embrasure, ou âever la plate-forme au-dessus du sol ^ la profondeur de l'embrasure, l'élévation de la plate-forme, ou la somme de ces quantités doit être égale à l'excès de la hauteur du parapet sur celle de la bouche à feu.

232. Comme les objets sur lesquels on tire sont peu mobiles, pour conserver pendant long- temps la direction

a5« AFPL-T8.

An tir «les bouclips » feu sur ces obicts , on dispose l'affiât snr un châssis cpii le dirige dons le rcciil et le ramène dans la position primilive après chaque coup ; eettc disposition est snrtout favorable dans la défense des places pour le tir de nuit, en permettant de continuer le feu dans une direction priïe à ravance. L'élévation de ce châssis diminuant la hauteur de l'affAl , augmente sa stabilité. La longueur du châssis ne doit pas être plus grande que ne l'exige la stal^ilité du système , aGn qa''il n'occupe pas trop d'espace sur le rempart.

L'affût étant posé sur le châssis et ne devant pas le quitter, c'est celui-ci qu'il faut faire mouvoir latéralement sur la plate-forme qui doit être horizontale pour la stabilité de l'affût et pour la facilité du pointage.

Quand le point sur lequel on -vise change do position avec rapidité , il faut que le châssis puisse se mouvoir de môme ; en le disposant sur des roulettes on peut suivre avec continuité les objets en mouyemcnt, tels qu'un vaisseau. C'est pour cette raison que dans les anciens affûts de cale , le châssis était sur roulettes ; et qu'an contraire dans l'artillerie de place , où cette condition n'est pas nécessaire, et où l'on peut pointer par mou- Temens successif, puisqu'on ne tire qne sur des objets ■ fixes, le châssis reposait d'une manière stable ; les petite cbangemcns de direction , tes seuls dont on eût ordinaire— ment besoin, s'obtenaient en le taisant glbser sur la plateforme; d'ailleurs les grands changement de direction n'ont lien que rarement, tandis qu'ayec l'artillerie de côte, il faut suivre l'objet dans nn champ de tir d'une gran<fe étendue.

Un objet d'une grande importance dans le système des affûts de place, est l'espace qui leur est nécessaire sur les remparts; la longueur du châssis doit être la plus petite possible , paice qu'dle détermine la largeur des

AfFUTS DE PLAGE ET DE COTE.

Remparts qui doivent encore offrir en arrière un chemin nécessaire à la circulation des voitures d'artillerie ; une trop grande longueur augmenterait les dépenses de construction des remparts, et de plus, empêcherait d'utiliser des fortifications déjà faites ; le recul des aflRIits de place doit donc être restreint. Dans les affûts de côte , cette condition est moins essentielle à remplir , parce qu'eu général Tespace n'est pas limité. L'espace en largeur de l'affiiit doit être réduit autant qu'ofn peut , afin qu'on puisse rapprocher le centre de rotation des épaulemens sans diminuer beaucoup le champ de tir.

233. L'armement et le désarmement des remparts avec les affûts de place doit pouvoir se faire avec facilité et promptitude , soit pour se mettre rapidement en mesure de faire feu sur l'ennemi, soit pour soustraire le matériel à SOS coups; ces manœuvres doivent aussi pouvoir se faire avec peu d'agrès. Dans la défense des côtes 1^ batteries doivent être armées à l'avance, parce que les vaisseaux ennemis apparaissant d'un moment à l'autre en vue des côtes et arrivant avec une grande rapidité , on ne peut avoir le temps d'amener le matériel dans les batteries; le temps nécessaire à l'armement devient alors d'uhe moindre importance , et l'on peut y employer des agrès sans inrconrénient.

234. En comparant ainsi qu'on vient de le faire les conditions que doivent remplir les aâïits de place et ceux de côte , on voit qu'il est essentiel que les premiers occupent peu d'espace dans les remparts et puissent être mis fen batterie promptement et.avec facilité, et que les seconde doivent pouvoir changer promptement la direction de leur tir ; pour y satisfaire , Gribeauval avait fait adopter deux systèmes d'afiùts, l'un de place,' l'autre de côte, qui tous deux élevaient assez les bouches à feu pour qu'elles pussent tirer au-dessus de l'épaulement ;

aS4 AFTUTS.

dans le nouveau système tVarlîUeiie , le même modèle d'affût est employé dans les deux services.

255. ^Jfûts de place. Pour avoir un t^iît de place qui élevât la bouclie a feu à une grande hauteur au-dessus du sol , Gribeauval a placé l'aiTiit marin sur deux roues qui servent aussi' à. le transporter dans rintérieur de» places ; mais l'essieu étant en bois et de fortes dimensions , et le moyeu n'ayant pas de boUes , il en résulte un grand frottement qui ne permet pas à l'affût de transporter sa bouclic à feu , mais qui est avantageux dans le tir , en ce qu'il diminue l'étendue du recul. L'affût en balterie a pour troisième point d'appui une roulette, placée à la partie postérieure et qui se meut dans un auget appliqué sur le milieu du châssis. Pour le transport, on adapte, à l'arrière de l'affût un système de deux jumelles , en bois , reliées par des entretoiscs et dît châssis de transport, qui fait fonction de flèche, et dont l'cstrémité opposée à l'affût est placée sur un avant-traio de siège ou de campagne.

Le corps de l'affût de place est formé de deux flasques élevés, composés chacun de plusieurs plateaux de bois assemblés à crémaillère et reliés par des chevilles; les deux flasques sont maintenus entre eux par des entretoises et des boulons d'assepablage. Le pointage s'opère à l'aïâe dVue vis de pointage, placée sous la culasse du canon.

Pour diminuer le recul et pour faciliter la manœuvre de l'affût , le châssis est iudiué et s'aj^puie par plusieurs points de sa longueur sur une plate-forme particulière , disposée horizontalement. Il pivote sur la plate-forme en tournant autour d'une cheville ouvrière, placée sous la partie antérieure et par laquelle il est arrêté suivie sol. Les changemens de direction ne pouvant avoir lieu que par un glissement latéral , l'affût conserve dans le tir une grande fixité.

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