VOITURES DES BATTERIES DE CAMPAGNE
278. Outre les affûts et les caissons qui transportent les munitions de Tartillerie et de l'infanterie , les batteries comprennent encore deux autres voitures - le chaHot de batterie et la Jorge ; la première ç^t destii;iée à porter , soit des approvisionnemens en bois et en fer, cit des outils d'ouvriers en bois , soit des objets de harnachement]; la seconde porte to^t ce quîj est nécessaire, soif au ferrage des chevaui^ > Çipit à la confection et à Tapplicage des ferrures, et enfin les outils d'ouvriers en fer, pour exécuter les réparations et les constructions dans les parcs , lorsqu'on se trouve éloigné des arsenaux.
Lofs de la création du nouveau matériel , ou a doniié à ces voitures la même mobilité et le même tournant qu'aux aiBits et aiu^ caissons , pour qu'elles ne ralentirent pas le mouvement général des batteries 3 en conséqueuiçe y elles ont le même avant- train que les affûts et que les caissons , et les trains sont également reliés par une lunette fixée à l'extrémité d'une floche. Sur cette iléjcbi^, assemblée s^vec l'essieu, le corps de la voiture a été établi d'une uaar.ière convens^blç au service spccle^l auquel elle est destinée. Cette disposition a donné à ces voitures 1^ ' mêmes avantage^ qu'à l'afîut et au cai^pn > sous le rappoift de la mobilité, de la facilité du tirage, «t du tournat^t ; ^ elle a de plus apporté beaucoup d'uniformité et de simplicité dans le matériel des batteries.
279. Chariot de batterie. Les objets principaux dont doivent se composer lesi rechanges de la batterie , indépendamment des roues et des timons portés par los caisons , et qui doivent entrer dans le ch^gemçint du chariot de batterie, sont: des flèche , dont une partie est ferrée et prête à être mise en place ; des essieux pour les afffits
4^ *()1TL'I1ES u'aBTII-LERIE.
et pour les voilures; une vis de poinlagc, des rais, dê^ jantes , des volées , etc. Leur |iroportion est calculée d'après celle (les objets qu'ils sont destinés à remplacer et d'après les chances d'accident à la guerre , indiquées par l'expérience.
280. Description et nomenclature du chariot de batterie. Le chariot de batteric(Fîg. j3) est composé de deux brancards réunis par un corps d'essieu en bois et par six epnrj qui portent les planches defoud. Les deuxcôt^ sont formés de planches et de ridelles maintenues par des ran~ chels et par des bandes d'écarfement en fer ; le chariot est fermé par deux bouts en planches ; celui de derrière glisse et peut sortir ù volonté , ce qui est nécessaire pour placer datis le chariot des pièces un peu longues et pour esé— cuter le chargement avec plus de facilité. Le chariot est couvert , au besoin , dViTi prélat soutenu par une perche eu bois qui sertde faîtière, et qui peut se rabattre quand le chargement ne doit pas être couvert. L'essieu en fer, les deux roues, les plaques de frottement , la chaine d'enrayage sont les mêmes qu'aux caissons ; une fourragère , placée derrière , formée de deux montans et de quatre épars, sert à porter du foiu ou d'autres objets.
L'avant-train, qui est le même que celui des autres voitures, porte au coSre de mêmes dimensions que ceux. des aVant-trains d'aff&ts ; mais ce coffre oV pas de séparation principale.
281. Forge de campagjj^e. La foi^e de campagne doit porter : un àtre ; un souflet et le mécanisme destiné à le mettre en mouvement ; des outils d'ouvriers en fer , comprenant une bigorne, son bloc et un diable ; des approvisionnemens en fer, des pièces de rechange en fer, tels que crOchet cheville-ouvrière , sus-bande , manchon de supports de limon , rondelles d'épauloment et de bout d'essieu, etc.
TOITURES DE BATT«IIB. Tk^S
282. Description et nomenclature de la Jorge de campagne. Le corps de voiture de la forge de campagne (Fîg. ^4) ^^ composé de deux brancards reliés par quatre épars et àHunç flèche assemblés sur un corps d* essieu. Uâtre .est établi entre les parties antérieures des brancards ; le souflet, placé au milieu et préservé du feu de Tàtre par un contre-cœur en tôle , s^appuie en avant sur un épars et est soutenu en arrière par les tourillons qui traversent les montons de branloire ; ceux-ci s^appuient sur les brancards et sont réunis dans la partie supérieure par 1^ trav^erse qui porte la branloire.
Le cofire d^outils de serrurier est fixé en route audessus de la planche d^établi, placée sur le derrière de$ brancards ; la caisse à charbon en tôle est placée entre les brancards et sous la tuyère du souflet ; la bigorne se place sur Fàtre , le bloc pardessus et maintenu par deux chaînettes passées autour des arcs-boutans du contre^ cœur ; le seau et une pelle sont suspendus aux bran-*^ cards , et la servante Test au-dessous de la flèche. Cette voiture est munie comme les afiùts et les caissons , d^une xhaîne à^enrajrage , de plaques d'appui de roues, d^essieu , de rondelles, dresses, etc.
Le coffre de Favant- train, le même que celui du xhariot de batterie, porte les outils de forgeur, Fappro-f .visionnement ^n fer et quelques pièces de rechange.
VOITUIteS D ARTILLEMIS.
ilfs principales parties du chariot Je hatleria et Je la Jorge.
284. Forge portative ou d'artillerie de montagne. On a besoin , dans certaines circonstances, comme dans la guerre de montagne, d'avoir une (oi^e portative pour les réparations du matéi-iel et pour le ferrage des chevaux. On avait établi , en 1 834 , une foi^e légère à quatre roues égales , attelée de deux chevaux , pour le service de
]a cavalerie ; une forge portative a été adoptée postérieurement, pour le même usage et pour Tartillerie de montagne^ elle peut être portée par un cheval ou par un mulet y et pour cela, elle se démonte et se place dans deux caisses mises de chaque côté de Tanimal ; au-dessus des caisses on met une sacoche en cuir qui contient le charbon; chaque caisse chargée pèse 36^, 5o; la sacoche pleine de charbon 12^; quelques pièces en fer, ou des dons 11^; en tout 96''.
285. Les voitures qui entrent dans la composition des parcs d^artillerie , n^âyant pas à voyager à travers champs, ni à prendre des allures très-vives, comme les voitures des batteries , et n''ayant qu^à suivre au pas, des routes pratiquées, elles n^ont besoin ni de la même mobilité, ni d^une aussi ^ande indépendance des trains ; mais leur chargement doit pouvoir être plus considérable et composé d^une manière variable.
Les parcs de campagne, outre les voitures des batteries , comprennent des chariots de parc destinés à porter des approvisionnemens , des armes, de la poudre, etc.
Les parcs de siège sont composés de chariots de parcs qui servent à porter des armes, de la poudre, des projectÂes et des approvisionnemens de différentes- espèces , et comprennent aussi des chariots ^or^c-cor^^^ pour le transport des bouches à feu, à défaut dVffùts, des mortiers, des pierriers , de leurs affîits et des grosses bombes.
L^approvisionnement des batteries dans les sièges , par les tranchées ouvertes devant la place attaquée, exige remploi de petites voitures à deux roues; elles entrent dans la composition des parcs de siège , sous le nom de charrettes de siège,
a()8 VOITUntS D'ARTILLEniE.
2Hfi. Chariot t/e parc. Le chariot de parc est d'une L-onstniclion nnalogue à celle de l'ancien cliariot ù munitions, employé dans les batteries de rancîen système de campagne ; le point de léuuion des deux trains , est situé en arrière do l'essieu de devant , afin de conseirer un tournant suÛïsant, malgré la grande largeur qu'où est obligé de donner au corps de cette voilure, destiné à recevoir avec facilité certains obiets , tels que des caisses d'armes, des Larîls de poudre, etc. Les roues de l'arrière-train, sout les mêmes que celles des alTùts , mais celles de l 'avant- Ira iu n'auraient pu être aussi grandes, sans trop réduire le tonriiaut, ou sans forcer d'élever consîdérablemeut le corps de voiture ; on a doue dû conserver des roues d'un moindre diamètre, comme dans l'ancien chariot à munilious.
Pour que le chargement de la voiture, maintenu par des côtés et par des bouts , puisse être composé de caisses d'armes, qui contieunent chacune a4 fusils, l'intervalle entre ses côtés et entre ses bouts a dû permettre de placer ^ deux caisses en largeur et autant en longueur- Cette largeur permet aussi de placer en travers, des barils de poudre dans leurs chapes.
287 . Description et aomenchaure au chariot de parc. Le corps du chariot de parc repose directement ^ur Vessieu de derrière, par deux brancards, et sur l'avanttrain, -par une bande circulaire en fer et par une lunette de cheville-ouvrière appliquée sous deux des sept épars } ces épars et une entre-toise relient les brancards et sont recouverts par c^aAtre planches de Jbnd. Chacun des cd^ est formé d'une ridelle soutenue par six ranchets en fer, qui servent d'appui à une planche de côté ; chacun des ftajrons qui ferment le chariot sur le devant et sur le derrière, est composé d'une traverse et d'une trésaille reliées par quatre épars , contre lesquels est appliquée une
VOITUBES DE PAR€S. ÎKJJJ
planche de hayon. Les extrémités de chaque trésaillé sont percées pour recevoir les bouts des ridelles , sur lesquelles elles sofnt fixées par des chevillettes de trésaillé ; la traverse du hayon de derrière est à tourilloris , et ce hayon se rabat en dessous pour faciliter le chargement de la voiture.
L^essieu en fer, le même que celui des voitures de campagne, est encastré dans le dessous des brancards et y est maintenu par des bandes d^ essieu > les talons de Tessieu sont logés dans une hausse en bois placée au-dessuâ ; des étriers porte-timon , appliqués des deux côtés de la voiture, sur deux des ranchets, servent à retenir les timons de rechange.
Uavant-trmn est formé d^une sellette-JbutcheHe quirepose sur le milieu de Tessieu, est'fixée par deux bandes d^essieu, porte le timon et la volée, à sa partia antérieure, et la cheville- ouvrière à sa partie postérieure ; elle est recouverte d'une coiff'e de sellette. I^a volée est encore reliée à Tessieu par deux tirans fixés sur Tessieu par des étriers , et dont les extrémités supportent celles de la bande circuiaire de frottement; le milieu de cette ferrure repose sur la sellette, un peu en avant de Tessieu.
L'essieu de Favanl-traia est , comme celui de Farriéretrain, commun aux voitiires de -campagne ; mais la roue est d'un moindre diamètre; elle se eonlpose des mêmes pièces , seulement elle n'a que douze rais' et six jantes. -
228. Ancien chariot à canon. On a vu que les anciens affîits de siège ne pouvaient pas porter leurs canons, aussi on avait pour ce service Une voiture particulière appelée chariot à canon*
Cette voiture , n'ayant pas besoin d^'un tournant illimité, avait, pour la facilité du tirage et pour pouvoir faire porter à chaque train uile partie du chargement, des r<m0s dVvant-train plus élevées que délies des avant-trains de siège ; deux brancards , reposant sur les deux trains ,
«W VOITl«ES DABTlLLËRi£.
portaïeot des taquets formant un eticastremcnt pour lëd tournions du canon, placé entre les Ijrancards, la culasse aa-dessus de ravanf-traîn ; une ilèclie placée au-dessous des brancards et les soutenant vers le milieu de leur longueur , à l'aide d'un support , servait à relier les deux trains; par son élasticité, elle permettait à la sassoire , comme dans les anciens caissons à munitions , un certaiu mouvement «jui atténuait les chocs supportés par le timon. Malgré la hauteur des roues de Tavant-train , le tirage de cette voiture était encore considérable, à cause de la grosseur des fusées des essieux en bois.
289, Chariot porle-corps. Quoique les alfùts du nouveau modèle , transportent eux-mêmes leurs bouches à feu , on a cependant établi , dans le nouveau matériel , une voiture de même espèce que le chariot à canon ; mais Ce chariot porte-corps , a pour objet principal de transporter les lourds fardeaux , tels que les mortiers et les pierricrs sur leurs alTûts , les grosses bombes, etc.
Dans l'ancien système on avait une voiture à deux roues nommée cofRion, destinée spécialement à porter ces bouches à feu séparées de leurs affûts, et qui pouvait les conduire dans les tranchées , jusqu'aux batteries. On en effectue actuellement le transport, dans ces passages sinueux, avec l'arrière-train du chariot porte-corps ; à cet effet , on place le centre de gravité du fardeau au-dessus de l'essieu de derrière, On ôte l'avant-train , et on conduit à bras Tarrière-train , jusque sur le derrière de la plate-forme; l'affût portant son mortier, glisse sur le corps de la voiture, formant plan incliné, et se trouve naturellement en batterie.
290. Pour le transport des gros projectiles sur le chariot porte-corps , ou les contient par un cadre en madriers , qui s'adapte sur l'arrière -train , à l'aide de rauchets placés dans des étners>
VOITURES DE PAACS. 3o<
291. Description et nomenclature du chariot portecorps. Le chariot porte corps se compose de quatre bran^ cards reposant sur un corps d'essieu en bois ; les deuliL brancards du milieu, très -rapprochés Tnu de Fautre, sont prolongés en avant et remplissent le même office que la flèche des afiuts ; ils sont assemblés sur le devant par une entretoise et garnis dWe bcmde de frottement, destinée à s'^appuyer sur la bande circulaire de Pavant-train. Les brancards des côtés sont prolongés en arrière et portent les tourillons de treuil qui entrent dans^ les extrémités du treuil, destiné à faciliter le chargement, et qui est percé dans son milieu de deux trous , pour recevoir des leviers servant à la manœuvre. Les brancards sont réunis par des épars recouverts de deux planches de fond placées entre les brancards du milieu et ceux des côtés. Trois étriers de ranchets sont appliqués contre les faces extérieures des brancards des côtés, pour recevoir les ranchets en bois du cadre employé pour le transport des projectiles. Un coussinet porte -volée, se place sur le devant des brancards , quand le chariot sert au transport d'un canon ; la partie postérieure de celui-ci repose sur un coussinet de culasse , placé entre les brancards du milieu, vers la partie postérieure. L'essieu, les roues et Tavant-train sont les mêmes que ceux des affûts de siège.
292. Charrette de siège. Les voitures à quatre roues ne pouvant pas circuler dans les tranchées , ni être employées dans les sièges à Fappi^ovisionnement des batteries, on se sert d'une voiture à deux roues, pour porter la poudre et les boulets. La construction de la charrette de jie^e ,. actuellement en usage, diffère peu de celle de l'ancienne charrette à boulet ; elle est à limouière comme celle-ci, mais elle est disposée de manière à pouvoir être attelée , sur les routes , avec deux chevaux de front.
3o3 voiti;res u'^antillehie.
295. Description et nomenclature fie. la charrette de siège. La cliarrelto tic siège se compose de deux limons élevés au-dcssas du corps d'essieu, par deux écluinlignoles, et réunis par six épars de fond ; les côtés sont formés chacun de deux èpars montons et de deux fanchets en fer, Atipportant tine ridelle. Chatpic exirémité de la cbarrctle est fermée par un hayon coftiposé d'une Irésaillc et d'une traverse rénnics par deux épars. Le fond est garni de quatre planches tlf fond ; les côtés et lea liayoïis sont fermés à clairevoic par des roulons. Deux chaînes d'attelage sont fixées aux pitons qui appliquent les ranclicts de devant, et deux chaùies de retraite sont &xéti aux limons par deu^c pitons. Un piton à fourche ^icé contre le limon de gauche, est garni d'un crochet ffattelage , pour le cheval placé hors des limons. Une servante- en bois sert à maintenir la charrette lioriKoutalc ' quand elle n'est pas attelée. L'essieu et les roues sont les mêmes que ceux des voitures de campagne.
T&IQUCBALLES.