‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 92 sur 113 · SERYICB DANS LES FLAC&S · texte numérisé non relu

SERYICB DANS LES FLAC&S

placement des m^^pasins , de leur capacité et de la cliaiice qu'ils ont d'hêtre détruits par les projectiles de Tetiheâti; il cherche à connaître le nombre et Fespèce d'ouvriers civils (*), ainsi qae la quantité de matériaux , outils, ressources de tout genre, que la ville et le pays environnat^t peuvent fournir, afin de pouvoir les employer au besoin.

n s^assure que le garde d^artillerie tient les magasins en bon état, que les bouches à feu, munitions, etc. , sont classées avec ordre et par calibré, et il prend des mesures pour leur bonne conservation.

493. « En temps de guerre , le commandant de Par-r 3> tillerie est tenu d^exécuter tous les travaux , et de faire » toutes les dispositions de service , que le commandant » juge, dans l'intérêt de la défense , à propos de lui pres- » crire. p

jirmemenU L^armement en bouches à feu d'une pFace de guerre ne peut pas étte déterminé dVprés son étendue seulement ; on doit tenir compte de la di^osition des ouvrages et du terrain environnant, et pour le faire d'uncmanière convenable, il faut entrer dans tous les détsôls de l'attaque et de la défense de la place.

La proportion de chaque espèce de bouche à feu généralement admise est r | en canons de gros calibres de 24 on de 16 , principalement de ce dernier calibre , le double de l'autre environ ; f en canons de i a et de 8 , deux fois autant du premier calibre aue du second ; | en mortiers , (^usiers etpierriers; ne sont. pts compris quelques obusiers et canons dé campagne, pour armer les chemins cou*

verts et pour faire des sorties.

(*) On peut estimer le nombre d'ouvriers de tout état , dans une certaine étendue de pays , diaprés ce c[ui ti Heu sur la population en Fraace; où sur iOOO habitans, on trouve moyennement 255 hommes de 20 à €0 ans, comprenant 16 ouvriers en bois , 10 en fer, 8 en cuir , 10 en pierres, 4 à $ bateliers ou mariniers et 125 terrassiers ou employés aux travaux de la campagne^

49^, L'cxôcutîoti du tir exige au moins un canonnicr par l»ouclic à fou , les autres scrvans étant pris parmi les

soldats d'iiifanlcrîc, et comme cbaquc liooimc ne doi (aire qu'un jour do service sur trois , il faut trob fois autant do canounicrs que de bouclies ii feu , plus ce qui est nécessaire pour réparer les pertes ; le nombre de servans d'infanterie est de trois pour les petits calibres, et de quatre pour les gros. Les ouvriers nécessaires pour tiire les réparations du matériel , les artificiers pour confectionner les munitions et des artïBccs , forment ensemble ~j environ des canonnicrs.

495. Les bouches à feu doivent être placées, suivant les drcoustanccs , sur des affûts do place ou sur des affûts de iiégc; la plus grande partie est destinée à tirer pardessus le parapet et doit être montée sur affûts de place et côte, La baucbc à feu sur son affût se trouvant alors trèsélevée, ne peut être garantie latéralement qu^autant qu^clle est pincée contre une traverse; la bouche à feu voisine, moins bien cachée , est montée sur un affût de siège ; les pièces placées aux flancs des bastions, et «lostioées à tirer sur des points fixes , sont sur affûts de siège et par suite mieax à couvert des feux directs.

Quand on doit employer le calibre de 1 2 ou celui de 8 pour le tir à embrasure, on fait usage de canons de campagne.

496. Pour chaque calibre , les aOïîts doivent être en plus grand nombre que le&boucbes à feu , afin de pouvoir remplacer ceux qui sont brisés par le feu de renncmi ; on en compte ordinairement un quart en sus , pour les petits mortiers et pour les pierriers , et un tiers pour les autres boaclies à feu.

Il faut aussi quelques voitures pour armer et approvisionner les batteries, tels que chariots porte-corps, charrettes , chariots de parc , caissons , trîquchallcs et forges , dos

chèvres, des brouettes ordinaires et à bombes, des civières, des cordages de différentes sortes, une machine à remettre les grains de lumière , etc. L'artillerie de la place doit comprendre encore 4^ à 60 fusils de rem-part par front à défendre-, des armes à feu portatives et des armes blanches, pour les rechanges de celles des troupes de la garnison.

497. jipprovisionnemens. L'approvisionnement des bouches à feu dépendant de la durée du siège , varie avec la force de la place ; il est fixé , pour les places de différentes classes , de 1000 à 600 coups pour les canons, de 800 à 5oo pour les obusiers , de 5oo à 3oo pour les gros mortiers, de 700 à 5oo pour les petits mortiers et de 1000 à 600 pour les pierriers. Les bouches à feu placées sur les fronts hors des attaques ne sont approvisionnées qu'au tiers environ des autres. Ces approvîsionnemens ne dépassent pas le nombre de coups que les bouches à feu peuvent tirer sans être mises hors de service.

Un canon de place ne tire ordinairement que 4 coups par heure, quoiqu'il pût en tirer 12 jamais comme il ne fait pas feu continuellement, on peut compter sur 20 à 3o coups par jour.

Les mortiers exigent plus de temps pour l'exécution des feux et ne peuvent servir efficacement qu'à partir de l'ouverture de la deuxième parallèle. Les pierriers tirent comme les mortiers, mais seulement après l'établissement de la deuxième parallèle , à cause de leur peu de portée (196).

A cet approvisionnement, on ajoute ao à 3o cartouches à balles par canon de gros calibres et par obusier, et le double par canon de petit calibre. Les bouches à feu de campagne, destinées à faire des sorties, ont un double approvisionne'ment de campagne; seulement, les boites à bailes sont en proportion double pour les canons, et moitié moindre pour les obusiers.

439 ORGAfllSATION , EIWtAI ET SERVICE.

La défcosc des côtes à Alger est orgaoîscc d'une maniore pennaneiitc , comme en temps de guerre ; les compagnies de canonniers garde-câtes d'Afrique , sont sous les ordres d'un chef-d'cscadron adjudant de côte.

Les compagnies de canonniers Tétérans placées dans les ports de France , et dans quelques points principaux des eûtes , font en temps de paix le service d'une partie des batteries décotes. Daus ces batteries, des gardiens qni remplissent les fonctions de garde d'artillerie , sont responsables du matériel et ont le commandement de la batterie en l'absence des ofliciers.

502. En temps de guerre maritime , l'ennemi pouvant se présenter inopinément, et la marche des vaisseaux étant très-rapide, il faut être conlinnelleoient sur ses gardes, et toujours en état de faire feu.

Quand on a lieu de redouter les entreprises de l'ennemi , le commandant d'une batterie de côte y fait mettre jour et nuit une sentinelle qui veille aux dégradations et annonce tout ce qu'elle aperçoit en mer ou sur la J côte; dès que Tennemi parait, le commandant fait apporter les charges , charger les pièces et allumer les fourneaux à rou^r les boulets ; ces fourneaux doivent être prêts à l'avatlteet les boute-feux toujours allumés.

Led canonniers entretiennent les batteries; nettoient les plates-formes, etc.

Le gardien fait mouvoir tous les jours les châssis d'afiuts, pour que les roidettes ne portent pas constamment sur les mêmes points, et pour s'assurer que rien n'empêche leur mouvement, attendu que le sable jeté par les vents peut souvent produire cet eSet. Il fait placer les projectiles près des bouches à feu ; les charges sont mises dans des barils; on ne les tire des magasins pour les apporter dans les batteries, qu'au moment du besoin ; c'est le seul moyeu de conserver les munitions près des bords de la

SlEHVtCE StTR LES CÔTÊS. ^33

mer ; on ne garde dans les batteries que quelques coups par bouche à feu.

503. Emploi des bouches à feu. La défense des côtes exige des batteries stables dans des positions déterminées, et des .batteries mobiles de campagne, qu'ion puisse porter rapidement sur les points menacés. Les batteries stables défendent Feutrée des pdrts, protègent les rades de s&reté, les anses et les mouillages principaux ; elles sont armées de calibres en rapport avec la force des bàtimens qui peuvent se présenter dans Fétendue de leur champ de tir, et avec les distances auxquelles elles doivent agir.

Les vaisseaux ayant 5 à 6 mètres de hauteur au-dessus de l'eau, sans y comprendre la mâture, et une longueur de 5o" environ , présentent une grande surface aux feux dds batteries , et Ton peut tirer sur eux à de grandes distances , avec la chance de les atteindre ; comme , de plus, la résistance des bordages d'un vaisseau est considérable, il faut armer les batteries stables de côte, de bouches à feu de fort calibre ; les gros projectiles sont seuls d'ailleurs susceptibles d'y causer des dégâts notables (449).

504. On tire aussi des bombes sur les vaisseaux; ces projectiles, quoiqu'ayant peu de chance d^atteindre, à cause de Fîncerlitude de leur tir, n'en sont pas moins trèsredoutés , parce qu'un seul coup peut causer la perte dW bâtiment, en éclatant dans les parties inférieures après avoir traversé les ponts (192). On emploie , pour défendre les rades et les passes, des mortiers de côte de 12', avec lesquels on peut tirer jusqu'à 4ûoo"(185); on a même fabriqué, pour certaines circonstances, dés mortiers à âme allongée, en bronze et en fonte; ceux des calibres de 8"* et de 9*, lançaient leurs bombes jusqu'à 5ooo"*, et ceux de to' et de 11^ au-delà de 6000".

Les obus de fort calibre participant de la justesse du lir des boulets et produisant les effets des bombes, ont une grande efficacité contre les bàtimens. 55

/{34 OHGAMSATIDN , EMPLOI ET SEBV1CF..

Le bûulet qui atteint le bordagc il'iin Davire ne fait (ju'un trou peu daDgercux (l't'J); mais an obus de gros calibre fait uq trou beaucoup plus grand, et s^il éclate dans !es bordages, il y produit une ouverture large et irrégulière , qu'il n'est pas possible de boucher ; si cette ouverture a Heu pris de la ligne de lloltaison , le navire est en danger de périr ; aussi l'on emploie , avec un grand avantage, contre les vaisseaux, l'obus de 8^ tiré à forte cbarge avec l'obusier de eôte, qui peut porter son projectile au-delà de 3 000° (1C9).

SOK. Le tir à boulet rouge est aussi employé avec avantage , même aux grandes distances ; des bàtimens ayant des bordagcs de o",3^ d'épaisseur, ont été coulés par des boulets rouges de 36 et de 24*

E)06. Les boulets de faible calibre ue faisant que de petits trous qui se bouchent en partie d'eux-mêmes et qu'il est facile de boucher complètement avec des che- Tïilles , on ne les emploie pas contre la coque des vaisseaux ; ils ne causent de dommages que dans le grée— ment et qu'aux objets qui sont sur les ponts. Les bouches à feu de petit calibre et les pièces mobiles do campagne sont destinées à agir contre les embarcations , lors des dé~ barquemens , lorsque les batteries stables de gros calibres , ordinairement très-élevées , ne peuvent les voir convenablement. Les pièces sont établies ou amenées dans des lieux peu élevés, autant que possible, derrière des accidens de terrains qui les couvrent en partie et les abritent des coups de l'ennemi , tout en leur permettant de tirer sur les efnbarcations et sur les troupes de débarquement.

507. Emplacement de batteries. Les batteries stables doivent être placées de manière qu'elles découvrent parfaitement les points à battre , et que les vaisseaux ennemis ne puissent pas, ou ne puissent que dilTicilement se mettre

\ SERVICE SUR LES GÔtES. ^^5

à portée de les détruire; on choisît des iles^ des points très-avancés en mer, des rochers ou des bancs de sable.

Comme le feu peut être vif et durer quelque temps , les communications en arrière de la batterie doivent être aisées et assurées y afin qu^on ne soit pas exposé à manquer de munitions. Les batteries sont dirigées de façon que les feux se croisent et se répandent tous sur les points où Tennemi peut se présenter, ou se mettre àTancre.

508. Les projectiles ricochant sur Teau comme sur terre, il faut chercher à rendre cette propriété avantageuse à la défense des côtes, par la bonne position de la batterie, et à empêcher Tennemi d'en tirer parti. Les projectiles de gros calibre perdent peu de leur vitesse lorsqu'ils ricochentsurPeau, et les boulets de 24} après avoir ricoché sous un angle de 4 ^ S"", conservent assez de vitesse à la distance de 600"* et même au-delà (147 j, pour traverser le flanc d'un vaisseau de haut bord.

Le ricochet sera employé dans les circonstances les plus favorables, lorsque le vaisseau ne pouvant pas s'approcher à moins de 200"*, la batterie sera située à iS"" ou 16™ au-dessus du niveau de la mer; si de cette position l'on manque le but de plein fouet, et que la bouche à feu soit dirigée un peu trop bas , le prc^ectile ricoche et firappe encore le navire. La limite des ricochets utiles est atteinte, quand la direction prolongée de l'extrémité de la trajectoire passe au-dessous de la ligne de flottaison, d'une quantité à peu près égale à la hauteur du vaisseau au-dessus de cette même ligne; le ricochet double ainsi la chance d'atteindre le vaisseau par un temps calme*, tandis qu'aux distances de 200™ à 600"", les coups du vaisseau qui ne partent que de 5 à 6 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui sont dirigés sur un point élevé , né peuvent en ricociiant s'élever jusqu'à cette hauteur , lorsqu'ils man-^ quent la batterie dans le tir de plein fouet.

436 uKfaiiSATion, ciiPLUi et .service.

Si les vaisseaux uc pouvaicat approchci' ({ue jufquâ 4oo", la balterie poucrait itrc tlovée jusqu'à a 5 ou ^o", et avoir les mêincs avantages ilaos le lîr ii l'îcocliet.

509. Si la batterie c'était pas ioiuK-diatement au Lord de la mer et qu'elle eu fût séparée par un terrain eu pente, ce terraiu pouvant faciliter les ricochets , devrait £tre coupé en gradins, aljn que les projectiles quî le frapperaient, pussent ricocher.

510. Les batteries ont un très-grand avantage sur un vaisseau , puisque chaque pièce oiTrc à peine un quart de mètre quarré à leur feu, et que le tir du vaisseau est très-incertain, à cause de son mouvement continuel, tandis que sa coque ofi'rc aux coups directs de la batterie une âurface ordinairement laoo fois plus grande, Ct qu'en outre, les coups plus élevés peuvent porter dans le gréement.

D'un autre côté , les vaisseaux ont en général uue artillerie Lien plus nombreuse que cello des batteries ordinnîres de côte , ct la moitié environ de leurs bouches à feu peuvent agir à la fois contre un mi^uie point. Lic noniLrc des bouches à feu vjrjc sulvaut le lau^ "^«^s Làtimeos : ilestdei20, loo, ()0 et 8o pour les vaisseaux i de 6o et 5o , pourles frégates ; de 3o et a4 pour les corvettes ; de 2o pour un grand brick; de i6 ou de lo pour une corvette ou un brick aviso; de 6 pour une goélette ; do 4 pour une canonnière, et de 5 pour un bâtiment à \apeur.

Les plus petites distances auxquelles les batteries peuvent avoir a combattre les bàtimens , se déduisent dans chaque cas de leur tirant d'eau , quî est de 8 à 9"pour les vaisseaux , de 6 à j" pour les frégates , de 5 à 5", 5 pour les corvettes, de 4"i5 pour un grand Lrick , de 4 ou de 3"° pour une corvottc ou un brick aviso , et de a" pouc une canonnière.

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