DISTANCE POLAIRE
septentrionale.
heures. minutes.
dcprés. minutes.
lieures. minutes.
degrés. minutes.
616. C'est à sir William Herschel que nous devons l'analyse la plus complète de cette grande variété de corps que l'on classe généralement sous le titre commun de nébuleuses, mais pour lesquels il â ôtâbli les distinctions suivantes: 1". les agglomérations d'étoiles , où les étoiles se dist inguent nettement , et qui se subdivisent encore en agglomérations sphériques et irrégulières ; 2°. les nébuleuses résolubles, ou celles qui font soupçonner qu'elles se composent d'un amas d'étoiles , et que tout accroissement du pouvoir optique du télescope est destiné à convertir en étoiles distinctes ; 5". les nébuleuses proprement dites , dans lesquelles il n'y a aucune apparence quelconque d'étoiles , et qui , à leur tour , ont été subdivisées en classes inférieures , selon leur éclat et leurs dimensions ; °. les nébuleuses planétaires; 5°. les nébuleuses stellaires : et 6°. les étoiles nébuleuses. Le grand pouvoir de ses télescopes nous a révélé l'existence d'un nombre immense de ces corps , et fait voir qu'ils sont distribués sur la voûte du ciel , non point avec uniformité , mais , généralement parlant , avec une préférence marquée pour une large zône qui traverse la voie lactée presque à angles droits, et dont la direction générale ne s'écarte pas beaucoup de celle du cercle horaire de 0 h. et 12'. Dans quelques parties de cette zône , principalement aux endroits où
208 TRAITÉ D'ASTRONOMIE. - NÉBULEUSES LES PLUS REMARQUABLES. CHAP. XII.
elle traverse les constellations de la Vierge , de la Chevelure de Bérénice , et de la grande Ourse, elles sont assemblées en grand nombre. La plupart d'entre elles sont , toutefois , télescopiques , et ne sont à la portée que des plus puissans instrumens.
61 7. Les agglomérations d'étoiles sont, ou sphériques, comme celles dont nous avons déjà donné la description, ou d'une figure irrégulière. Ces dernières sont , en général , moins riches en étoiles , et surtout moins condensées vers le centre. Leurs contours sont aussi moins prononcés ; en sorte que souvent il n'est pas aisé de dire où elles se terminent , ou si on ne doit les regarder que comme des parties plus riches du ciel que celles qui les entourent. Dans quelques-unes d'entre elles , les étoiles sont presque toutes de la même grandeur ; dans d'autres on remarque une grande variété ; et il n'est pas rare de voir une étoile fort rouge , beaucoup plus brillante que les autres , occuper un point saillant parmi elles. Sir William Ilerschel regarde ces dernières comme étant des agglomérations sphériques dans un état moins avancé de condensation , concevant tous ces groupes approcher , par leur attraction mutuelle , de la figure sphérique , et se porter en foule , de toute la région environnante , vers le même point , en vertu de lois dont nous n'avons, il est vrai, d'autre preuve que l'observation d'une gradation au moyen de laquelle leurs caractères vont se fondre l'un dans l'autre, en sorte qu'il est impossible de dire où une espèce finit, et où l'autre commence.
618. Les nébuleuses résolubles ne peuvent donc être considérées que comme des agglomérations ou trop éloignées, ou composées d'étoiles intrinsèquement trop faibles pour nous rendre leur lumière sensible , excepté le cas où deux ou trois se trouvent assez rapprochées pour que leurs lumières réunies puissent nous affecter, et nous donner l'idée d'un point plus brillant que le reste. Elles sont presque universellement rondes ou ovales, leurs accessoires détachés, et les irrégularités de forme , se trouvant pour ainsi dire effacés par la distance , et n'y ayant que la figure générale des parties plus condensées qui soit visible. C'est sous cet aspect que toutes les agglomérations sphériques plus considérables se présentent dans des télescopes d'un pouvoir insuffisant pour les faire voir avec netteté ; et on ne peut se refuser à cette conséquence , que celles que les plus puissans pourraient simplement rendre résolubles , seraient entièrement résolues par un nouveau surcroit de la force instrumentale.
61 9. La variété des nébuleuses proprement dites est auissi très grande. Les plus remarquables , sans comparaison , sont celles représentées dans les figures 2 et 5 de la planche XIV. La figure 2 offre la nébuleuse qui entoure la quadruple ( ou plutôt la sextuple ) étoile o dans la constellation d'Orion j la figure 5 nous donne celle qui avoislne y , dans la constellation méridionale , le Chêne de Charles 5 l'une découverte par Huygcns , en 1 556 , et figurée telle que la donne le réflecteur de 20 pieds à Slough • l'autre par Lacaille , et représentée d'après la figure qu'en a fournie M. Dunlop dans les Transactions philosophiques pour 182T. Le caractère nébuleux de ces corps , du moins de ceux de la figure 2 , est très différent de ce que pourrait le faire présumer l'aggrégation d'un immense amas de petites étoiles. Ils sont formés de petites masses de flocons nébuleux qui semblent adhérer vers leurs bords à une foule de petites étoiles , et principalement à une étoile considérable ( représentée , dans la figure 2 , au-dessous de la nébuleuse ) , qu'ils enveloppent d'une atmosphère nébuleuse d'une étendue considé rable et d'une figure singulière. Plusieurs astronomes, en comparant cette nébuleuse aux figures que nous en a transmises Huygens , l'auteur de cette découverte , ont conclu que sa forme avait subi un changement appréciable. Mais lorsque nous considérons combien il est difficile de représenter convenablement un pareil phénomène , et combien son aspect varie en tous points , jusque dans le même télescope , selon la pureté de l'air , ou d'autres causes tem-