‹ Traité d'astronomieChapitre 106 sur 116 · TRAITÉ D'ASTROÎNOMIE. - NÉBULEUSES PLANÉTAIRES. CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

TRAITÉ D'ASTROÎNOMIE. - NÉBULEUSES PLANÉTAIRES. CHAPITRE XII

approche en éclat de celle des planètes véritables. Quelle que soit leur nature , elles doivent être d'une grandeur énorme. L'une d'entre elles se trouve dans le parallèle de v du Verseau , qu'elle précède d'environ cinq minutes. Son diamètre apparent est d'environ 20". Une autre, dans la constellation d'Andromède, présente un disque visible de 1 2" , nettement terminé et rond. En admettant que ces corps soient autant éloignés de nous que le sont les étoiles , leurs dimensions véritables doivent être telles , qu'ils rempliraient au moins toute l'orbite d'Uranus. 11 n'est pas moins évident que, si ce sont des corps solides de la nature du soleil, l'éclat intrinsèque de leurs surfaces doit être infiniment inférieur à celui du soleil. Une portion circulaire du disque du soleil , soustendant un angle de 20" , donnerait une lumière égale à 1 00 pleines lunes ; tandis que les corps en question sont à peine , si même ils le sont , visibles à l'œil nu. L'uniformité de leurs disques , et l'absence de toute condensation centrale apparente , feraient assez juger que leur lumière n'est que superficielle , et de la nature de celle d'une coque sphérique creuse j mais ce serait perdre son temps que de s'attacher à décider si ces corps sont remplis d'une matière solide ou gazeuse , ou s'ils sont tout-à-fait vides.

62-4. Parmi les nébuleuses en possession d'une symmétrie évidente de forme , et qui semblent évidemment investies du droit d'être regardées comme des systèmes d'une nature déterminée, quelque mystérieuses qu'en soient la structure et la destination , les plus remarquables sont la 51 et la 27''. du catalogue de Messier. La première consiste en une nébuleuse sphérique grande et brillante , entourée d'un double anneau , à une distance considérable du globe, ou plutôt d'un anneau simple , partagé à environ 2/5 de sa circonférence , en deux lames , dont une portion se dirige en quelque sorte hors du plan de l'anneau. La dernière se compose de deux nébuleuses rondes ou légèrement ovales , brillantes et au plus haut point de condensation , unies par une courte tige d'à-peu-près la même densité. Une légère atmosphère nébuleuse complète la figure , en les enveloppant l'une et l'autre , et en dessinant le contour d'une ellipse circonscrite , dont le petit axe est l'axe de symmétrie du système autour duquel on peut le supposer tourner , ou la ligne qui passe par les centres des deux masses nébuleuses. Ces phénomènes n'ont jamais été décrits convenablement, les instrumens au moyen desquels ils furent primitivement dé^uverts s' étant trouvés dans l'impossibilité absolue d'indiquer les particularités ci - dessus mentionnées , qui semblent en faire une classe à part. L'un présente des analogies frappantes , soit avec la structure de Saturne , soit avec belle de notre propre firmament stellaire et de la voie lactée. L'autre n'a que peu ou point de ressemblance avec aucun phénomène connu.

625. Les nébuleuses ouvrent , sous tous les rapports , un champ inépuisable aux réflexions et aux conjectures. Ce dont on ne saurait guère douter , c'est que la plus grande partie d'entre elles se composent d'étoiles j et dans la série interminable de systèmes sur systèmes, defirmamens sur firmamens,que nous entrevoyons ainsi , l'imagination se trouve abîmée et confondue. D'un autre côté , s'il est vrai , comme cela semble au moins extrêmement probable , qu'il existe aussi une matière phosphorescente , ou lumineuse par elle-même , répandue dans les régions immenses de l'espace, de la même manière qu'un nuage ou un brouillard , revêtant tantôt des formes capricieuses , comme les véritables nuages chassés par les vents , et tantôt se concentrant comme une atmosphère cométaire autour de certains astres : quelle est, serons-nous portés à nous demander , la nature, quelle est la destination de cette matière nébuleuse ? Est-elle absorbée par les étoiles dans le voisinage desquelles elle se trouve pour les alimenter, par sa condensation, de lumière et de chaleur ? Ou se résout-elle progressivement , par l'effet de sa propre gravité , en masses , pour jeter ainsi les fondemens de nouveaux systèmes

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