‹ Traité d'astronomieChapitre 109 sur 116 · CHAPITRE XIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIll

gulièrement lorsqu'elle est abandonnée à elle-même, mais que l'on oublie quelquefois de monter j que l'on fait aussi quelquefois avancer , quelquefois reculer, et cela souvent pour servir des desseins particuliers et des intérêts privés. C'est du moins le cas dans lequel semble s'être trouvé le calendrier romain , d'où le nôtre tire son origine , depuis INuma jusqu'à Jules-César , où l'année lunaire de 1 3 mois , ou de 355 jours , fut augmentée à plaisir , pour la faire correspondre à celle solaire ( qui détermine les saisons ) au moyen des intercalations arbitraires des prêtres , et des usurpations des décemvirs et d'autres magistrats , jusqu'à ce que la confusion devînt inextricable. C'est à Jules-César , aidé de Sosigènes , astronome et mathématicien distingué d'Alexandrie, que nous devons l'neureuse idée des deux années de 365 et de 366 jours , et l'insertion d'un jour intercalaire après trois années communes. Ce cnangement important eut lieu la AS", année avant Jésus -Christ, première année régulière qui commença le premier janvier , jour de la nouvelle lune qui suivit immédiatement le solstice d'hiver de l'année précédente. Nous pouvons juger de l'état dans lequel i la supputation du temps était tombée, par ce seul fait que, pour introduire le nouveau système , il fut nécessaire de décréter que f année précédente ( la 46*. avant Jésus-Christ) se composerait de 455 jours, circonstance qui lui valut l'épithètè d'année de confusion.

635. La méthode julienne rendait bissextile chaque quatrième année sans exception , d'où résultait une surcharge j car c'était supposer la longueur de l'année tropique de 365 jours 1 /i , quantité trop grande , qui entraîne une erreur de 7 jours sur 900 ans, comme l'examen en fera aisément juger. Aussi, dès l'année 1 41 4 , commença-t-on à s'apercevoir que les équinoxes s'éloignaient graduellement des 21 mars et septembre ( où ils auraient toujours dû tomber à-peu~près , si l'année julienne avait été exacte) , et qu'ils paraissaient arriver trop tôt. Dès ce moment on ne cessa d'insister sur la nécessité d'une nouvelle réforme dans le calendrier, et elle fut à la fin opérée. Le changement (qui eut lieu sous le pontificat de Grégoire XIII ) consista dans l'omission nominale des 10 jours qui suivirent le 4 octobre 1 582 ( en sorte que le jour d'après fut appelé le 1 5^. et non le 5*'. ) , et dans l'édit qui enjoignait de se conformer dorénavant à la règle déjà expliquée. Cette réforme fut adoptée immédiatement dans tous les pays catholiques, mais avec plus de lenteur dans ceux protestans. En Angleterre , le changement de style ( comme on l'appela) eut lieu après le 2 septembre 1752 , époque où 1 1 jours furent supprimés ; en sorte que le dernier jour du vieux style étant le 2". , le premier du nouveau style ( le jour suivant ) fut appelé le 1 4^. au lieu du 3*". Le même décret législatif qui établit l'année grégorienne en Angleterre, en 1 752 , abrégea l'année précédente , 1 751 , d'un trimestre entier. Antérieurement, l'année était censée commencer le 25 mars, et ce fut par conséquent à cette époque qu'elle commença en 1 751 j mais on ne laissa pas cette dernière s'accomplir , et on lui substitua , le 1 janvier , l'année 1 752 , que l'on décida , par acte législatif, devoir commencer ce jour-là , aussi bien que toutes les années suivantes. La Russie est aujourd'hui le seul pays de l'Europe où l'on se conforme encore au vieux style ; et ( une autre année séculaire s' étant écoulée) la différence entre la date européenne et celle russe s'élève, à présent, à 12 jours.

636. 11 est heureux pour l'astronomie que la confusion des dates et les contradictions choquantes , que les documens historiques n'olfrent que trop souvent, lorsque nous les comparons aux plus saines connaissances que nous possédions sur l'ancienne supputation du temps , affectent fort peu les observations qui nous ont été transmises. L'observation astronomique de quelque phénomène frappant et bien caractérisé , porte avec elle , dans la plupart des cas , de puissans moyens d'en recouvrer la date exacte , lorsque des mémoires chronologiques nous fournissent une approximation passable^ et, bien loin de dépendre servilement de

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