‹ Traité d'astronomieChapitre 17 sur 116 · DÉCLINAISONS ET ASCENSIONS DROITES. - TEMPS SIDÉRAL · texte numérisé non relu

DÉCLINAISONS ET ASCENSIONS DROITES. - TEMPS SIDÉRAL

dans le cours d'une révolution diurne , chaque point de cette dernière passe au-dessous de chacun d'eux. C'est à cause de ce changement d'aspect, et dans le but d'établir une distinction complète entre les deux branches de la géographie et de l'uranographie , que les astronomes ont adopté différens termes , ceux de déclinaison et d'ascension droite, pour représenter ces arcs dans le ciel qui correspondent aux latitudes et aux longitudes sur la terre. C'est pour cette raison aussi qu'ils appellent l'équateur des cieux la ligne équinoxiale; que ce qui est méridiens sur la terre, est appelé cercles horaires dans le ciel, et que les angles qu'ils font entr'eux aux pôles sont appelés angles horaires. Tout cela est convenable et intelligible ; et s'ils s'étaient contentés de cette nomenclature , il n'aurait jamais pu s'établir de confusion. Malheureusement les premiers astronomes ont aussi employé les mots latitude et longitude dans leurs uranographies , en parlant d'arcs de cercles qui ne correspondent pas à ceux exprimés par les mêmes mots sur la terre, mais qui se rapportent au mouvement du soleil et des planètes parmi les étoiles. Il est maintenant trop tard pour remédier à cette confusion, qui est greffée dans tous les ouvrages d'astronomie actuellement existans : nous' ne pouvons qu'y apporter des regrets et en avertir le lecteur , afin qu'il se tienne sur ses gardes lorsque, parvenus à un endroit plus avancé de ce livre, nous aurons occasion de définir et d'employer ces termes dams leur sens céleste, recommandant en même temps avec instance aux auteurs futurs, l'adoption d'expressions nouvelles pour les leur substituer.

91 . Conune les longitudes terrestres comptent à partir d'un méridien fixe adopté , ou d'un point déterminé sur l'équateur ■ de même les ascensions droites dans le ciel, exigent quelque cercle horaire déterminé, ou quelque point connu dans la ligne équinoxiale , comme le commencement de leur supputation , ou leur point de zéro. On aurait pu choisir le cercle horaire passant par quelque étode d'un éclat remarquable ; mais cela n'aurait présenté aucun avantage particulier. Les astronomes ont adopté de préférence un point de l'équateur appelé Vèquinoxe, par lequel ils supposent passer le cercle horaire, d'où l'on compte tous les autres; et ce point est lui-même le point de zéro de toutes les ascensions droites, comptées sur l'équateur.

Les ascensions droites des corps célestes sont toujours comptées d'occident en orienta partir de l'équinoxe, et sont estimées soit en degrés, minutes et secondes comnaedans le cas des longitudes terrestres, depuis 0° jusqu'à 360% ce qui complète le cercle; soit en temps , heures , minutes et secondes, depuis 0 h jusqu à 24 h. Le mouvement diurne apparent du ciel étant contraire au mouvement réel de la terre , il y a ici conformité avec la supputation occidentale des longitudes ( art. 87 ).

92. Le temps sidéral se compte par le mouvement diurne des étoiles , ou plutôt par celui de ce point de l'équateur d'où partent les ascensions droites. Ce point peut être considéré comme une étoile, quoiqu'aucune étoile n'y soit réellementet, de plus , ce point lui-même est soumis à une certaine variation lente si lente cependant , qu'elle ne saurait affecter d'une manière appréciable l'intervalle de deux quelconques de ses retours successifs au méridien. Cet intervalle s appelle jour sidéral , et se partage en 24 heures sidérales , comme celles-ci en minutes et secondes. Une montre qui marque le temps sidéral, c'est-à-dire qui marche umtormément de manière à accuser toujours 0 h. 0'". 0^ lorsque l'équinoxe passe sous le méridien, s'appelle montre sidérale: c'est un meuble indispensable a tout observatoire.

93. Il reste à expliquer ces descriptions au moyen de figures. SoitC ( fip- 10 ^ le centre de la terre, NCS son axe; alors N et S en sontles pôles, EQ l'équa- '^Ïp'm , *e Pa^al/elede latitude de la station de A à sa surface; AP , parallèle a S^rs , la direction dans laquelle un observateur en A voit le pôle élevé des

H TRAITÉ D'ASTRONOMIE. -DÉFINITIONS BASÉES SUR DES EXEMPLES. CHAPITRE I.

cicux, et AZ le prolongement du rayon terrestre G A jusqu'à son zénith, NAES sera son méridien j NGS celui de quelque station fixe, comme Paris; et GE, ou l'angle sphérique GNE, sa longitude, et EA sa latitude. De pins, si ns est un plan tangent à sa surface en A , ce sera son horizon sensible j nAs , marqué sur ce plan par son intersection avec le méridien de cet observateur, sera sa ligne méridienne, et n et s seront les points nord et sud de son horizon.

94. Négligeons maintenant la grandeur de la terre, ou concevons -le stationner à son centre . et rapporter toutes choses à son horizon rationnel. La figure 1 1 représentant la sphère des cieux , C sera le spectateur , Z son «énith et N son nadir ; alors HAO, grand cercle de la sphère, dont les pôles sont Z,N, sera son horizon céleste ^ P,p seront les pôles élevé et abaissé du ciel, HP la hauteur du pôle élevé , et HPZEO son méridien ; ETQ , grand cercle perpendiculaire à Pji>, sera l'équateur ; et si T représente l'équinoxe, yT sera l'ascension droite , TS la déclinaison , et PS la distance polaire de toute étoile ou corps S , rapporté à l'équateur par le cercle horaire PSTj9 ; et BSD sera la circonférence diurne qu'elle paraîtra décrire autour du pôle. De plus , si nous rapportons ce corps à l'horizon par le cercle vertical ZSA , HA sera son azimuth, AS sa hauteur, et ZS sa distance au zénith. H et O sont le nord et le sud, et c, w les points d'orient et d'occident de son horizon, ou du ciel. Maintenant, si Wi, Oo, sont des petits cercles , ou des pûrallèles de déclinaison , tangens à l'horizom à ses points nord et sud , Wi sera la circonférence à' apparition perpétuelle , entre laquelle et le pôle élevé jamais les étoiles ne se couchent; Oo celle d'occultation perpétuelle, entre Inquelle et le pôle abaissé jamais elles ne se lèvent. Dans toute la zône des cioux entre H/i et Oo , elles se lèvent et se couchent , chacune d'elles , comme S, demeurant au-dessus de l'horizon, dans cette partie de sa circonférence diurne représentée par ABA , et au-dessous de l'horizon , dans toute cette portion représentée par ADa. Le lecteur trouvera à s'exercer en construisant cette figure pour plusieurs élévations différentes du pôle , et en adoptant diverses positions de l'étoile S dans chaque. De ces définitions résultent les conséquences suivantes qui sont des propositions que le lecteur retiendra facilement,

95. La hauteur du pôle élevé est égale à la latitude de la station géographique du spectateur.

96. Les mêmes étoiles, dans leur révolution diurne, passent successivement par le méridien de chaque lieu du globe une fois dans 24 heures sidérales , et comme la rotation diurne est uniforme , l'intervalle , en temps sidéral , qui s'écoule entre les passages de la même étoile par les méridiens de deux villes différentes, est mesuré par la différence des longitudes des lieux.

97. Réciproquement, l'intervalle qui s'écoule entre les passages de deux étoiles différentes par le méridien d'un seul et même lieu, exprimé en temps sidéral , est la mesure de la différence des ascensions droites des étoiles.

Ceci explique la raison de la double division de l'équateur en degrés et en heures.

98. L'équàtêttï coupe l'horizon aux points d'orient et d'occident , et le méridien en un point dont la hauteur est le complément de la latitude du lieu : ainsi, à Paris, la hauteur de l'intersection de l'équateur et du méridien est de 41°9'<46", et à Greenwich , de 58"51 '2!0".

99. Tous les corps célestes culminent (c'est-à-dire arrivent à leur plus grande hauteur) au méridien , ce qui est , par conséquent , la situation la plus propre à les observer , leur vue n'étant pas autant troublée par les inégalités et les vapeurs de l'atmosphère, et d'autre part la réfraction ayant moins de pouvoir sur eux.

100. Tous les astres qui se présentent sans cesse à nos regards passent deux

LES ÉTOILES SONT VISffiLES PENDANT LE JOUK.

fois par le méridien au-dessus de l'horizon dans chaque révolution diùme , une fois au-dessus et une fois au-dessous du pôle. Ces passages s'appellent leurs culminatiions supérieure et inférieure.

101. Nous terminerons ce chapitre , en appelant l'attention du lecteur sur un fait (qifi , s'il ne le connaissait pas encore , ne manquera pas de le surprendre : c*eslt que les étoiles continuent d'être visibles dans un télescope pendant le jour aussii bien que pendant la nuit ; et que , selon son pouvoir amplifiant , non seulemenit les plus grandes et les plus brillantes d'entre elles, mais aussi celles d'un éclat inféirieur, jusqu'à n'être presque pas visibles du tout la nuit à l'œil nu , sont susceptibles d'être aperçues aisément, même à midi, et suivies dans leur mouvement, par ces [personnes qui sont en possession des moyens de diriger convenablement un télescope vers les lieux véritables , à moins que ce ne soit dans cette partie du ciel qui est très près du soleil. En effet , si on se transporte au fond d'un puits , dans les profondeurs d'une mine , des précipices étroits , on peut apercevoir à l'œil nu les étoiles brillantes qui passent au zénith; et nous avons même ouï dire à uni célèbre opticien , que la première circonstance qui attira son attention vers l'astronomie fut l'apparition régulière , à une certaine heure , pendant plusieurs jours de suite ^ d'une étoile considérable , à travers la souche d'une cheminée.

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