TRAITÉ D'ASTR. - LE SECTEUR DU ZÉNITH ET LE THÉODOUTE. CHAPITRE II
s^aip'pelle méthode des hauteur s correspondantes ; il est d'un grand et constant usage dans l'astronomie pratique. Si , aux instans des deux observations , nous marquons le temps , au moyen d'une pendule ou d'un chronomètre , le moment qui sera à égale distance entre eux sera celui du passage de l'étoile au méridien, que l'on peut ainsi déterminer sans culmination ; et vice versd , l'écart d'une pendule ou d un chronomètre peut se découvrir par ce procédé. Pour ce dernier besoin , il n'est pas le moins du monde nécessaire que notre instrument soit pourvu d'un cercle horizontal. Tous les moyens par lesquels on peut mesurer les hauteurs nous mettront en état de déterminer les instans où la même étoile arrive à des hauteurs égales dans les deux moitiés orientale et occidentale de sa course diurne j et, cela une fois connu , l'instant du passage au méridien et l'écart de la pendule le sont aussi.
1 54. Une des principales fins auxquelles le cercle des hauteurs et des azimuths est applicable, c'est la recherche de la quantité et de& lois de la réfraction : car, en suivant par son moyen une étoile circompolaire qui passe au zénith , et une autre qui frise l'horizon , dans toute leur course diurne , on peut tracer la forme exacte apparente de leur marche diurne , ou les ovales dans lesquels leurs cercles sont transformés par la réfraction ; et leur déviation de la ligne circulaire étant donnée à chaque instant par la nature de l'observation dans la direction dans laquelle a lieu la réfraction (c'est-à-dire en hauteur) , devient un objet d'observation directe.
155. Le sectetir du zénith et le théodolite sont des modifications particulières de l'instrument des hauteurs et des azimuths. Le premier est adopté pour la parfaite exactitude dans l'observation des astres au zénith ou près du zénith , en donnant une longueur considérable à l'axe vertical , et supprimant toute la circonférence du cercle vertical, à l'exception de quelques degrés de sa partie inférieure, au moyen de quoi on obtient un rayon d'une longueur considérable, et par suite un agrandissement proportionné des divisions de son arc. Le dernier est particulièrement destiné à la mesure des angles horizontaux entre des objets terrestres , dans laquelle le télescope ne demande jamais à être élevé de plus de quelques degrés, et où, par conséquent , on peut ou se passer du cercle vertical, ou l'employer sur une plus petite échelle , et avec moins de précision j tandis que d'un autre côté , ce n'est qu'avec de grandes précautions que l'on s'assure de l'exacte perpendicularité du plan du mouvement du télescope , en appuyant son axe horizontal sur deux supports comme les pans de mur d'une méridienne , supports qui portent eux-mêmes solidement sur les rayons du cercle horizontal , et tournent avec lui.
1 56. Le dernier instrument que nous décrirons est tel que , par son moyen , on peut mesurer la distance angulaire directe de deux corps quelconques, ou déterminer la hauteur de chacun à part, soit en mesurant la distance à l'horizon visible, soit par leur propre réflexion sur la surface du mercure. C'est le sextant , ou le quart de cercle , ordinairement appelé de Hadley , que l'on croit en être l'inventeur , quoique la priorité de l'invention appartienne indubitablement à Newton , dont les droits à la reconnaissance du navigateur sont ainsi doublés , en ce qu'il a fourni à la fois la seule théorie par laquelle son vaisseau puisse être conduit sans danger , et le seul instrument que l'on ait jamais trouvé propre à appliquer cette théorie à ses usages nautiques.
1 57. Le principe de cet instrument est la propriété optique des rayons réfléchis, formulée de cette manière : l'amjle formé par la première et la dernière direction d'un rayon qui a éprouvé deux réflexions dans un seul plan , est égal au double de l'inclinaison que font entr'elles les surfaces réfléchissantes. Soit AB (fig. 26) le limbe, ou arc gradué d'une portion de cercle de l'étendue de 60 degrés , mais divisé en