‹ Traité d'astronomieChapitre 5 sur 116 · NOTIONS GÉNÉRALES. ~ FORME ET GRANDEUR DE L\ TERRE · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES. ~ FORME ET GRANDEUR DE L\ TERRE

qui font tour-à-tour soulever ou baisser la voiture , mais nous n'avons aucune idée de progrès. A mesure que la route se présente plus unie , notre sensation de mouvement diminue, quoique notre course soit accélérée. Ceux qui ont voyage sur le fameux chemin à rails de fer, entre Manchester et Liverpool , assurent qu'abstraction faite du bruit de la voiture et de la rapidité avec laquelle les objets extérieurs semblent fuir derrière eux, la sensation est, ou peu s'en faut , celle d'un repos absolu.

16. Mais c'est à bord d'un vaisseau , où un grand système est tenu en mouvement , et où nous sommes environnés d'une multitude d'objets qui participent comme nous au progrès commun de toute la masse , que nous sentons de la manière la plus satisfaisante l'identité de sensation entre l'état de mouvement et celui de repos. Dans la cabine d'un grand vaisseau bien lesté , qui s'avance tranquillement au milieu du calme de la mer à la faveur d'une brise , ou qui fait route le long d'un canal , il n'existe pas le moindre indice qui nous apprenne quel chemin il lait. Nous lisons , nous nous tenons assis , nous marchons , et nous nous livrons à toutes les occupations ordinaires qui se partagent notre vie. Si nous jetons une balle en l'air, elle nous retombe dans les mains: ou, si nous la laissons tomber , elle descend sur nos pieds. Les insectes bourdonnent autour de nous comme en plein air , et la fumée monte de la même manière qu'elle le ferait dans un appartement sur le rivage. Si , à la vérité, nous montons sur le tillac , le cas est, à quelques égards , différent ; l'air , qui n'est point transporté avec nous , chasse en apparence la fumée et les autres corps légers, tels que les plumes qui lui sbnt abandonnées , dans la direction opposée à celle de la marche du vaisseau ; mais dans le fait ces corps restent en repos , et nous les laissons derri-ère nous. L'illusion , en tant qu'il s'agit d'objets massifs et de nos propres mouvemens, n'en demeure pas moins complète; et, lorsque nous regardons le rivage, nous voyons alors l'effet de notre propre mouvement transporté, dans une direction contraire, à des objets extérieurs, j'entends extérieurs att système dont nous formons une partie.

17. Non seulement les objets extérieurs en repos paraissent en général en mouvement, par rapport à nous, lorsque nous le sommes parmi euxj mais ils semblent aussi se mouvoir entr' eux , et quitter leurs positions relatives. Je suppose un observateur courir rapidement le long d'une grande route et attacher des regards immobiles sur un objet quelconque , sans toutefois détourner entièrement son attention du point de vue général ; il verra ou croira voir tout le paysage mis en rotation, et mu autour de l'objet comme centre, tous les objets interposés entre ce but et lui , semblant se mouvoir en arrière , ou en sens contraire à celui de son propre mouvement, et tous ceux au-delà de ce but paraissant se porter en avant, ou dans la direction qu'il suit lui-même j mais qu'il vienne ensuite à porter sa vue , de cet objet sur un autre plus rapproché , par exemple ; aussitôt l'apparence de rotation se déplace aussi , et le centre apparent autour duquel s'opère cette circulation trompeuse est transporté au nouvel objet qui , pour le moment, semble en repos. Ce changement apparent de situation des objets , les uns à l'égard des autres, provenant du mouvement du spectateur , s'appelle mouvement parallactique . 11 est donc évident qu'avant d'affirmer si des objets extérieurs sont réellement ou non en mouvement, ou ce que sont leurs mouvemens , nous devons nier ou admettre tout mouvement parallac" tique qui pourrait exister.

18. Afin cependant de concevoir la terre en mouvement, il faut que nous nous fassions une idée de sa figure et de sa grandeur. Mais un objet ne peut avoir ni figure ni grandeur, s'il n'est Hmité de tous côtés par quelque ligne de démarcation qui nous permette d'imaginer au moins qu'il est sépare» des autres corps, et isolé dons l'rspnrf», Lri première notion ébauchée que nous nous for*

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