‹ Traité d'astronomieChapitre 54 sur 116 · ACTION DES RAYONS DU SOLEIL SUR LA TERRE · texte numérisé non relu

ACTION DES RAYONS DU SOLEIL SUR LA TERRE

ne peuvent guère être regardées comme assez précises pour établir un point aussi délicat.

33-4. Que la température à la surface visible du soleil ne puisse qu'être fort élevée, beaucoup plus qu'aucune chaleur artificielle produite dans nos fourneaux, ou par des procédés chimiques ou galvaniques, c'est ce dont nous avons des indices de diverses espèces distinctes : V. Dans la loi de décroissement de la chaleur rayonnante et de la lumière, qui, étant en raison inverse des carrés des distances, produisent cette conséquence , que la chaleur reçue sur une aire donnée, exposée à la distance où est la terre, et sur une aire égale située à la surface visible du soleil , doit être dans la même proportion que l'aire du firmament occupée par le disque apparent du soleil avec tout l'hémisphère , ou comme 1 est à environ 300000. Une beaucoup moindre intensité de la radiation solaire, recueillie au foyer d'un verre ardent, suffit pour faire évaporiser l'or et le platine. 2°. Dans la facilité avec laquelle les rayons calorifiques du soleil traversent le verre , propriété que l'on a trouvé appartenir à la chaleur des feux artificiels , dans la proportion directe de leur intensité. 5". Dans le fait observé , que les flammes les plus vives disparaissent , et que les solides les plus incandescens ne paraissent que comme des taches noires sur le disque du soleil , lorsqu'on les interpose entre ce dernier et l'œil. 11 suit de cette dernière remarque , que le corps du soleil, quelque noir qu'il puisse paraître lorsqu'il est vu à travers ses taches, peut cependant être dans l'état d'ignition le plus intense. Toutefois , il n'en résulte pas nécessairement que tel doive être le cas j au moins le contraire est-il physiquement possible. Un dais qui aurait une forte puissance de réflexion , le défendrait efficacement de la radiation des régions lumineuses au-dessus de son atmosphère, et nulle chaleur ne serait transmise de haut en bas par un milieu gazeux augmentant rapidement en densité. Que les nuées ^éHom&raies soient puissamment réfléchissantes , c'est ce dont le fait de leur visibilité dans une pareille situation ne peut laisser aucun doute.

335. Cet immense dégagement de chaleur causé par la radiation, nous pouvons aussi le remarquer, expliquera d'une manière satisfaisante l'état permanent d'agitation tumultueuse , dans lequel se maintiennent les fluides qui forment la surface visible , et la génération continuelle des pores ( comme leur disparition), sans avoir recours à des causes intérieures. Le mode d'action, dont nous parlons ici , est parfaitement représenté à l'œil dans les précipitations chimiques dont nous avons parlé à l'article 350, lorsque le fluide est chaud, et que la chaleur se dégage de sa surface.

336. Les rayons du soleil sont la source vitale de presque tous les mouvemens qui ont lieu sur la surface de la terre. C'est sa chaleur qui produit tous les vents, et ces commotions dans l'équilibre électrique de l'atmosphère qui donnent naissance aux phénomènes du magnétisme terrestre. Par son action vivifiante les végétaux sont élaborés dans le sein de la matière inorganique , et deviennent , à leur tour, le soutien de l'homme et des animaux ; par elle, les eaux de la mer se transforment en vapeurs pour circuler dans l'air , arroser la terre , et produire les sources et les rivières. C'est elle qui produit toutes les perturbations de l'équilibre chimique entre les élémens de la nature, qui, par une série de compositions et décompositions , donnent lieu à de nouveaux produits.

537. Le grand mystère toutefois est de concevoir comment une si énorme conflagration ( si elle a lieu ) peut être alimentée. Toutes les découvertes dans la science physique nous laissent ici dans une ignorance complète , ou plutôt ne sont propres qu'à reculer la perspective d'une explication vraisemblable. Si l'on pouvait hasarder une conjecture , nous nous attacherions plutôt à la possibilité

no TBAITÉ D'ASTRONOMIE. - DE LA LUNE. CHAPITRE VI.

d'une génération indéfinie de la chaleur par le frottement , qu'à admettre uno combustion de matières pondérables , solides ou gazeuses , pour expliquer l'origine de la radiation solaire (1).

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