SYSTÈME SOLAIRE
quence , tandis que la lune décrit son orbite mensuelle autour de la terre , sa distance au soleil est alternativement 1 /400 plus grande et plus petite que celle de la terre au même astre. Quelque petite que soit cette différence, elle suffît encore ( fig. 54.) pour en produire une appréciable dans la tendance attractive de la lune vers le soleil , selon que la lune est à un point plus rapproché M, ou du côté opposé N î et , dans les positions intermédiaires , il existera , non seulement une différence de force, mais aussi une différence de direction, puisque quelque petite que soit l'orbite lunaire MN, ce n'est pas un point, et, par conséquent, les lignes tirées du soleil S à ses diverses parties ne peuvent être regardées comme rigoureusement parallèles. Si , comme nous l'avons déjà vu , la force du soleil s'exerçait également , et dans des directions parallèles sur l'une et l'autre, il n'y aurait lieu à aucune perturbation dans leurs situations relatives. Mais , ces conditions n'existant pas , il en résulte mie force troublante, oblique à la ligne de jonction de la lune à la terre , qui , dans quelques situations , imprime une accélé' ratioii , dans d'autres un retard à son mouvement elliptique , dans quelques-unes détourne la terre de la lune , dans d'autres la lune de la terre. De plus , l'orbite de la lune , quoiqu'il ne s'en faille pas de beaucoup, ne coïncide pas toutà-fait avec le plan de l'écliptique ; aussi , l'action du soleil , qui est, à très peu de chose près , parallèle à ce plan , a-t-elle de la tendance à l'attirer un peu hors du plan de son orbite , ce qu'elle effectue en réalité , en pi'oduisant la révolution de ses nœuds et autres phénomènes moins frappans. Nous ne sommes pas encore préparés à aborder le sujet de ces perturbations comme on les appelle ; mais nous avons dû les signaler de bonne heure à l'attention du lecteur , afin de le rassurer si quelques doutes le préoccupaient sur la rigueur logique de notre raisonnement , lorsque nous avons procédé à la recherche de la loi de la gravitation en partant d'une considération générale sur l'orbite de la lune , sans tenir compte pour le moment de ces perturbations.