‹ Traité d'astronomieChapitre 64 sur 116 · DU SYSTÈME SOLAIRE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME SOLAIRE

Mouvemens apparens des planètes — Leurs staiions et rétrogradations. — Le soleil est leur centre naturel de mouvement. — Planètes inférieures. — Leurs phases , périodes, etc. — Dimensions et forme de leurs orbites. — Passages sur le disque du soleil. — Planètes supérieures. — Leurs distances, leurs périodes, etc. — Lois de Kepler et leur interprétation. — Elémens elliptiques de l'orbite d'une planète. — Son lieu héliocentrique et géocentrique. — Loi de Bode sur les distances planétaires. — Les quatre [)lanètes ultra-zodiacales. — Particularités physiques à observer dans chacune des planètes.

58T. Le soleil et la lune ne sont pas les seuls corps célestes qui paraissent avoir un mouvement indépendant de celui par lequel la grande constellation des cieux est journellement emportée autour de la terre. Parmi les astres, il en est plusieurs, et ce senties plus apparens et du plus vif éclat, que l'on voit, quand on les observe attentivement d'une nuit à l'autre , changer de situation relative au milieu des autres ; quelques-uns avec rapidité , d'autres beaucoup plus lentement : on les appelle planètes. Quatre d'entre elles , Vénus , Mars , Jupiter et Saturne , sont très apparentes , et jettent le plus vif éclat. Une autre , Mercure , nous offre un grand disque visible aussi à l'œil nu , mais qui , par une cause que l'on comprendra tout-à-l'heure, frappe rarement nos regards. C'est tout ce qu'on peut faire d'apercevoir la cinquième sans télescope : on l'appelle Uranus. Il y en a quatre antres , Cér^s , Pallas, Vesta et Junon, qui ne sont jamais visibles à l'œil

m TRAITÉ D'ASTR. - NŒUDS DE L ORBITE D'UNE PLANÈTE. CHAPITRE VIII.

nu. En outre de ces dix, il peut en exister à notre insu et il est extrêmement probable que tel est le cas, la nmltitude des astres télescopiques étant si considérable, que le très petit nombre d'entre eux que l'on a remarqués avec assez de soin ne permet pas de décider s'ils conservent ou non les mêmes places , et les cinq dernières planètes mentionnées n'ayant été découvertes que depuis un demi-siècle.

§88. Les mouvemens des planètes sont beaucoup plus irréguliers que celui de la lune et celui apparent du soleil. Généralement parlant , et en comparant les heux q» elles occupent à de longs intervalles de temps, elles avancent toutes, quoique avec des vitesses fort inégales, dans le même sens que ces luminaires^ c est-à-dire dans une direction contraire au mouvement diurne apparent , ou d occident en onent Toutes font le tour entier du ciel , mais avec des circonstances très différentes; et toutes, à l'exception des quatre planètes télescopiques, Levés , Pallas , Junon et Vesta (que l'on peut par conséquent appeler ultra-zodiacales) , ont leurs orbites renfermées dans des limites très étroites des deux côtés de 1 eeliptique , et opèrent leurs mouvemens dans cette zone du ciel, que nous avons appelée précédemment le zodiaque (art. ^54).

389. La conclusion visible que l'on peut en tirer est que , quelles que puissent être la nature et la loi de leurs mouvemens, ils s'opèrent tous à-peu-près dans le plan de lechpUque, c est-à-dire dans le plan même dans lequel a lieu notre propre mouvement autour du soleil. D'où il suit que nous ne voyons pas le plan de leurs orbites , mais seulement leur section ; leurs distances linéaires et leurs mouvemens angulaires étant tous raccourcis et confondus indistinctement , taudis que leurs déviations seules de l'écliptique nous apparaissent dans leur grandeur naturelle , sans que l'effet de la perspective puisse les diminuer.

590. Le mouvement apparent du soleil et celui de la lune , quoique non unilormes , sont bien près de l'être ; car tout ce que l'on y remarque , c'est une légère accélération et un petit retard, qu'il faut attribuer à l'ellipticité de leurs orbites. Mais le cas est bien différent pour les planètes : tantôt elles avancent rapidement puis se relâchent de leur vitesse apparente, tantôt elles arrivent à une halte momentanée, et après cela suivent un mouvement opposé et rétrograde, avec une rapidité d abord croissante, qui diminue ensuite, jusqu'à ce que le mouvement rétrograde cesse tout-à-fait. Vient après cela une autre station {on moment de repos apparent ou d indécision) suivie immédiatement du mouvement d'origine ou direct A tout prendre, cependant, la quantité de mouvement direct fait plus que compenser celle rétrograde; et par l'excès de la première sur la dernière , le progrès graduel de la planète d occident en orient se trouve maintenu. Ainsi, en supposant ( ig. 5o) le zodiaque déroulé sur une surface plane, et prenant l'écliptique EG pour ligne londamentale , le chemin d'une planète, tracé sur le papier d'après l'observation journalière , offrira l'aspect PQRNS, etc.; le mouvement de P en Q étant direct , en Q stationnaire, de Q en R rétrograde , en R de nouveau stationnaire, d R en S direct, et ainsi de suite.

591. Au milieu de 1 irrégularité et de l'oscillation de ce mouvement, on reconnaît un trait remarquable d'uniformité. Toutes les fois que la planète traverse 1 eeliptique , comme au point N , on dit (comme pour la lune) qu'elle est dans son nœud ; et comn e la terre se trouve nécessairement dans le plan de l'écliptique, la planète ne peut, en apparence ou uranographiquement , être située da^ - le cercle céleste ainsi appelé , sans être réellement et matériellem ent située dans ce plan Le passage visible d'une planète par son nœud est donc un phénomène qui indique une circonstance dans son mouvement réel tout-à-fait indépendante de la station d ou nous la voyons. Or , il est aisé de constater , par l'observation, quand une planète passe du côté septentrional à celui méridional de l'écliptique : nous n avons qu a convertir ses ascensions droites et ses déclinaisons en lonpitudes et latitudes, et le changement de latitude septentrionale en méridionale

Page 1