‹ Traité d'astronomieChapitre 65 sur 116 · DIAMÈTRES APPARENS DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

DIAMÈTRES APPARENS DES PLANÈTES

deux jours de suite , nous apprendra quel jour le passage a eu lieu ; tandis qu'une simple proportion, fondée sur l'état observé de son mouvement en latitude dans l'intervalle , suffira pour fixer l'heure et la minute précises de son arrivée à l'écliptique. En opérant ainsi péndant plusieurs passages d'un eôtc à l'autre de l'écliptique , et leurs dates étant par là fixées , nous trouvons en général que l'intervalle de temps qui s'écoule entre les passages successifs de chaque planète par le même nmid ( n'importe que ce soit Y ascendant ou celui descendant ) est toujours le même , soit que la planète , au moment de ce passage , ait un mouvement direct ou rétrograde, rapide ou lent.

392. Nous avons donc ici une circonstance qui , tout en nous faisant voir que les mouvemens des planètes, sont sujets à de certaines lois et à des révolutions fixes, est trèSjpropre à nous faire soupçonner que les irrégularités et les complications apparentes de leurs mouvemens peuvent être dues à ce que nous ne les voyons pas de leur centre naturel (art. 516) , et à ce que nous mêlons à leurs propres mouvemens ceux d'une espèce parallactique , dus à notre changement de lieu , en vertu du mouvement de translation de la terre autour du soleil.

393. Si nous refusons à la terre la qualité de centre des mouvemens planétaires , nous ne pouvons hésiter un instant sur le choix du centre le plus probable. Assurément le soleil a le droit de revendiquer le premier rang , comme station à laquelle nous devons les rapporter. S'il n'a pas avec eux des rapports physiques par lesquels il leur soit lié , il possède au moins l'avantage , que n'a pas la terre , d'une immobilité relative. Mais après ce que nous avons dit, à l'article 380, sur l'immense masse de ce luminaire , et sur l'action qu'il exerce , à notre égard , comme centre immobile de notre mouvement de translation , rien ne saurait être plus naturel que de supposer qu'il étend cette même action sur d'autres globes qui , comme la terre , peuvent tourner autour de lui : et ces globes peuvent être visibles pour nous , comme l'est la lune , par la lumière solaire qu'ils nous réfl<îchlssent. Or , i! est une multitude de faits qui militent puissamment en faveur de cette hypothèse.

d94: Et d'abord , les planètes sont réellement des globes considérables, d'une grandeur égale à celle de la terre , et plusieurs d'entre elles la surpassent infiniment. Quand on les examine avec de puissans télescopes, on voit que ce sont des corps ronds , d'un diamètre apparent sensible et même considérable, offrant des particularités distinctes et caractéristiques , qui prouvent que ce sont des masses solides , dont chacune a une structure et un mécanisme particuliers , et , dans un cas surtout , une organisation extrêmement compliqué. {Voir les configurations de Mars, de Jupiter et de Saturne, planche 15.) Que la distance où nous sommes de ces corps célestes soit grande , beaucoup plus grande que celle de la lune , et môme , pour quelques-uns d'entre eux , que celle du soleil , c'est ce que nous apprenons par la petitcsâe de leur parallaxe diurne, qui , même pour les plus rapprochés de ces corps , en les prenant dans la situation l'a plus favorable , ne surpasse pas quelques secondes , et est presque imperceptible pour les plus éloignés. En comparant la parallaxe diurne d'un corps céleste avec son demi-diamètre apparent , nous pouvons à l'instant estimer son volume réel. Car la parallaxe n'est, dans le fait, autre chose que le demi-diamètre apparent de la terre vu du corps en question (art. 298 et puiv.); et, la distance qui les sépare étant la même , les diamètres réels doive >ît être entre eux dpns la proportion de ceux apparens. Sans entrer dans des détails , il suffira de dire , commue résultat général de cette comparaison , que les planètes sont toutes incomparablement plus petites que le soleil , mais que quelques-unes d'entre elles sont aussi grandes que la terre , et d'autres beaucoup plus considérables.

395. On peut considérer, comme second fait à leur égard, que les distances où nous en sommes, estimée? d'après la mesure de leurs diamètres angulaires ,

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