ASPECTS DES PLANÈTES. II
sept fois aussi grande pour Mercure que pour la terre, et pour Uranus , 330 fois moindre, la proportion entre les deux extrêmes étant celle de plus' de 2000 contre un. Que l'on se représente l'état de notre globe si le soleil était sept fois aussi volumineux ; ou bien , dans un sens inverse , si sa puissance était réduite à 1/7" ou à 1/300^ De plus , l'intensité de la gravité, ou son efficacité à contrebalancer la force musculaire et à contenir l'activité animale à la surface de Jupiter , est environ trois fois celle qui s'exercerait à la surface de la terre , un tiers seulement à celle de Mars , un sixième à celle de la lune , et elle ne surpasserait probablement pas un vingtième à celle des quatre plus petites planètes , ce qui établit une échelle dont les extrêmes sont dans la proportion de 60 à 1 . Enfin la densité de Saturne ne va guère au-delà d'1 /'80^ de la densité moyenne de la terre , en sorte que cette planète doit se composer de matières à peine plus pesantes que le liège. Or, au milieu de tant de combinaisons variées d'élémens si importans pour vivre , quelle immense diversité ne devons-nous pas admettre dans les conditions de ce grand problème, le maintien de l'existence animale et intellectuelle , et de sa félicité , qui semblent , autant que nous pouvons en jup-er par ce que nous voyons autour de nous sur notre propre planète , et par la manière dont chaque coin y est peuplé d'êtres vivans , faire l'objet constant de la bienveillante sollicitude d'une haute sagesse qui préside à tout;
456. Abandonnant toutefois les régions où nous ne pouvons élever que des conjectures, nous allons faire voir ce que peut nous apprendre le télescope sur la condition réelle des diverses planètes à sa portée. Pour ce qui est de Mercure nous savons qu'il est rond et qu'il présente des phases ; mais notre science ne va guère au- delà., îl est trop petit et trop absorbé dans le voisinage constant du soleil , pour découvrir autre chose de sa nature. Son diamètre réel est d'environ 3200 milles (5149807 mètres) ; son diamètre apparent varie de 5" à 12". Yénug n'offre pas non plus de particularités remarquables : quoique son diamètre réel soit de 7800 milles (12552656 mètres), et qu'à son périgée son diamètre apparent aille jusqu'à 61 ", quantité plus considérable que pour toute autre planète elle n'en est pas moins la plus difficile de toutes à tomber sous l'appréciation des télescopes. L'intensité de l'éclat de sa partie éclairée éblouit les yeux, et multiplie toutes les imperfections du télescope; cependant, nous voyons que sa surface n'est point bigarrée par des taches permanentes comme celle de la lune, nous n'y voyons ni montagnes , ni ombres , mais un éclat uniforme , dans lequel nous pouvons à la vérité , nous imaginer quelquefois apercevoir des parties plus obscures , sans pouvoir presque jamais nous convaincre entièrement du fait. C'est d'après des observations de ce genre que l'on a conclu que tant Vénus que Mercure tournent sur leurs axes dans environ le même temps que la terre. La conséquence la plus naturelle à tirer de l'extrême ténuité des taches, qui ne sont même que passagères , c'est que nous ne voyons pas , comme dans la lune, la surface réelle
DE CES PLANÈTES , MAIS SEULEMENT LEURS ATMOSPHERES TRES CHARGEES DE NUAGES ET QUI PEUVENT SERVIR A ADOUCIR l'ecLAT d' AILLEURS TRES INTENSE DE LEUR