‹ Traité d'astronomieChapitre 72 sur 116 · CLARTE · texte numérisé non relu

CLARTE

437. Le cas est très différent pour Mars. Dans cette planète, nous distinp^uons avec une parfaite netteté , les contours de ce que nous pouvons regarder comme des continens et des mers {Voy. planche XIII , fig. 1 , oii Mars est représenté dans son état d'échancrure, tel qu'il a été vu , le 16 août 1 850 , d nsle réflecteur de 20 pieds à Slough). Les continens se distinguent par cette couleur roupeâtre qui caractérise la lumière de cette planète (qui parait toujours enflammée) et qui annonce, à n'en pas douter, une teinte d'ocre dans le sol en général, comme les carrières de pierre à sablon rouge dans quelques lieux de la terre peuvent en offrir l'image aux habitans de Mars ; seulement le ton en est plus prononcé • par un contraste qu'expliquent les lois générales de l'optique, les mers , comme nous

pouvons les appeler, paraissent verdâtres. Ces taches, cependant, ne se voient pas toujours d'une manière également distincte , quoique , quand on les voit elles offrent toujours la même apparence. Cela peut venir de ce que la planète n'est pas entièrement dépourvue d'atmosphère et de nuages j et ce qui donne beaucoup d'autorité à cette hypothèse, c'est la présence de taches blanches et d'un vif éclat à ses pôles (dont une est représentée dans notre figure) que l'on a soupçonnées , avec beaucoup de probabilité , être de la neige , vu qu'elles disparaissent lorsqu'elles ont été long-temps exposées au soleil, et sont au plus haut degré de leur grandeur lorsqu'elles ne font que sortir de la longue nuit de leur hiver polaire. En observant les taches pendant toute une nuit, et plusieurs nuits de suite, on trouve que Mars tourne sur un axe incliné d'environ 30» 18' sur l'écliptique , et dans l'espace de 24''. 39'. 21 " dans le même sens que la terre ou d'occident en orient. Le plus grand et le plus petit diamètre apparent de Mars sont^de 1 8" et 4", et son diamètre réel est d'environ 41 00 milles (.65981 91 mètres) .

438. Nous arrivons maintenant à une planète beaucoup plus magnifique Jupiter, la plus grande d'entre elles, dont le diamètre n'est pas moindre que 87000 milles (140010396 mètres) , et dont le volume est d'environ 1300 fois celui de la terre. Elle reçoit encore un plus grand relief parle cortège de quatre satellites ou lunes , que l'on appelle aussi planètes secondaires , qui tournent autour de ce globe et l'accompagnent constamment , comme fait la lune autour de la terre , et dans le même sens, formant avec leur corps principal , ou primaire, un beau système plein d'attraits , entièrement analogue à celui plus considérable dont leur corps central n'est qu'un membre , obéissant aux mêmes lois , et offrant 1 exemple le plus frappant et le plus instructif de l'existence du- pouvoir de la gravitation comme le principe régulateur de leur mouvement. Au reste , nous nous étendrons davantage là-dessus dans le chapitre suivant.

439. On voit toujours le disque de Jupiter traversé dans une certaine direction par des bandes ou zones noires (Pl. XIII, fig. 2), qui offrent l'aspect de cette planète telle qu'elle a été vue , le 23 septembre 1852, dans le réflecteur de 20 pieds à Slough. Ces zones , néanmoins , ne sont nullement semblables dans tous les temps; elles varient en largeur et en situation sur le disque, quoique jamais dans leur direction générale. On les a vues se rompre et se disperser sur tout le disque de la planète ; mais ce phénomène est extrêmement rare. On voit souvent des embranchemens qui s'en détachent, et des subdivisions telles qu'elles sont représentées dans la figure , aussi bien que des taches noires évidentes , comme des colonnes de nuages ; et ces phénomènes , observés attentivement , nous font conclure que cette planète tourne dans l'espace sinpuUèrement court de 9''. 55™. 50». (temps sidéral) sur un axe perpendiculaire à la direction des zones. Or , il est très remarquable , et ceci vient de la manière la plus satisfaisante à l'appui du raisonnement par lequel la figure sphéroïdale de la terre a été déduite de sa rotation , que le contour du disque de Jupiter n'est évidemment point circulaire , mais cUiptique , et considérablement aplati dans le sens de son axe de rotation. Cet aspect n'est point une illusion optique , mais est constaté victorieusement par des mesures micrométriques qui établissent le rapport de 1 0T à 1 00 entre les diamètres équatorial et polaire; et pour lever tous les doutes sur la rigueur des principes d'où nous avons tiré nos premières conclusions, et faire voir que leur application s'étend sans réserve jusqu'à ce système éloigné , le calcul nous fait connaître que c'est bien là le degré d'aplatissement qui correspond, d'après ces principes , aux dimensions de Jupiter, et au temps de sa rotation.

440. Le parallélisme des zones à l'éqaateur de Jupiter , leurs variations accidentelles, et l'aspect des taches qu'on y voit , rendent extrêmement probable que ces zones ont leur siège dans l'atmosphère de la planète, où elles forment

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