MILLES. MÈTRES
Diamètre extérieur de l'anneau extérieur -1 7641 8—2839'! 21 1 6
Diamètre intérieur de l'anneau extérieur.. . , . 155272=249881503
Diamètre extérieur de l'anneau intérieur 1 51 690=2441 1 6977
Diamètre intérieur de l'anneau intérieur 11 7339=1 88822361
Diamètre équatorial du corps 79160=127393367
Intervalle entre la planète et l'anneau intérieur. . 19090= 30721821
Intervalle des apneaux . 179'|= 2882283
Epaisseur des anneaux. ne surpassant pas. . . . 100= 160931
La %ure 3 de la planche XIII représente Saturne entouré de ses anneaux, le corps garni de zones noires , qui ont quelque ressemblance avec celles de Jupiter mais plus larges et d'un ton plus clair, et qui sont dues probablement à une cause semblable. Que les anneaux soient une substance solide et opaque c'est ce dont on ne saurait douter en ce qu'ils projettent leur ombre sur le corps' de la planète, et que réciproquement la planète projette la sienne sur eux , comme l'indique la figure. De ce que les zones sont parallèles au plan des anneaux , on peut conjecturer que l'axe de rotation de la planète est perpendiculaire à ce plan 'j et cette conjecture est justifiée par l'apparition accidentelle de grandes taches noires à sa surface , qui , quand on les observe , comme celles de Mars ou de Jupiter , annoncent une durée de rotation de lO"". 29"'. 17\ autour d'un axe ainsi placé.
442. L'axe de rotation , comme celui de la terre , conserve son parallélisme avec lui-même pendant toute la durée de la révolution de la planète dans son orbite^ il faut en dire autant du double anneau dont le plan a constamment la même ou à-peu-près la même inclinaison sur le plan de l'orbite , et par conséquent sur celui de l'écliptique, savoir , de 28° 40', et coupe ce dernier suivant une ligne , qui fait, avec celle des équinoxes , un angle de 170°; en sorte que les nœuds du double anneau se trouvent à 170° et 350° de longitude. Toutes les fois par conséquent , que la planète a l'une ou l'autre de ces longitudes , le plan du double anneau passe par le soleil, qui alors n'en éclaire que le bord; et comme au même instant , en raison de la petitesse de l'orbite de la terre , comparée à celle de Saturne , notre planète ne saurait être bien éloignée de ce plan, et doit , dans tous les cas , y passer un peu avant ou après ce moment , ce double anneau ne nous apparaît alors que comme une ligne droite très fine , qui croise
le disque, et le <lépasse de chaque côté^ et tellement fine , qu'elle se ûéedbe à tous les télescojies qui ne seraient pas d'une puissance extraordinaire. Ce phénomène remarquable a lieu à des intervalles de quinze ans 5 mais la disparition du double aaneau est généralement double , la terre passant deux fms dans son plan avant que le mouvement lent de Saturne ait pu le transport»" hors de i'orijite de notre planète. Cette seconde disparition a lieu au moment où nous écrivons (29 avril 1855). A mesure, cependant , que la planète s'éloigne de ces points de son orbite , la ligne visuelle fait un angle de plus en plus grand avec le plan du double anneau qui , selon les lois de la perspective , semble s'ouvrir peu à peu pour former une ellipse qui atteint sa plus grande largeur lorsque la planète est a 90" de Tun et de l'autre nœud. Au moment de la plus grande ouverture , le plus grand diamètre est presque exactement le double du plus petit.
445. On demandera sans doute comment un arceau si gigaMesque , s'il est composé de matières solides et pondérables, peut se soutenir sans s'écrouler et tomber sur la planète. La réponse à cette question se trouve dans «ne prodijgieuse vitesse de rotation du double anneau dans son propre plan, que l'observation a découverte au moyen de la différence d'éclat qui existe entre les diverses parties du double anneau; et cette rotation a une durée de révolution de 10**. 29™. 17\, ce qui , d'après ce que nous savons de ses dimensions et de la force de gravité dans le système de Saturne , est à-peu-près le temps périodique qu'emploierait un satellite à tourner autour du corps à une distance égale au rayon moyen des deux anneaux. C'est donc la force centrifuge , due à cette rotation , qui soutient le double anneau ; et quoique aucune des observations faites jusqu'à ce jour n'ait été assez délicate pour nous faire découvrir une différence dans les périodes entre l'anneau extérieur et celui intérieur , il est plus que pro bable que cette différence existe de manière à placer l'un indépendamment de l'autre dans le même état d'équilibre.
4iA. Quoique les anneaux soient , comme nous l'avons dit , à fort peu de chose près concentriques au corps de Saturne , néanmoins des mesures mierométriqtres récentes, d'une extrême délicatesse, ont démontré que la coïncidence n'est pas mathématiquement exacte , mais que le centre de gravité des anneaux oscille autour du corps en décrivant une très pétite orbite , probablement en vertu de lois d'une grande complication. Toute frivole que cette remarque puisse ^rakre , elle est de la plus haute importance pour la solidité du système des anneaux. En les supposant mathématiquement parfaits dans leur forme circulaire, et exactement concentriques à la planète , on peut démontrer qu'ils formeraient (en dépit de leur force centrifuge) un système dans l'état d'éqwiii&re incertain , que la plus légère force extérieure détruirait , non en opérant une rupture dans la substance des anneaux , mais en les précipitant , intacts , sur la surface de la planète : car l'attraction de ces anneaux sur un point ou une sphère situés excentriquement dans leur enceinte, n'est pas la même dans tous les sens , mais elle tend à amener le point ou la sphère vers la partie la plus rapprochée des anneaux, ou loin du centre. En supposant donc que le corps , par quelque cause quelconque , acquière une si petite excentricité que ce soit à l'égard du double anneau , la tendance de leur gravité mutuelle est , non de corriger , mais d'augmenter cette excentricité , et de réunir ensemble leurs parties les plus rapprochées {voy. chap. XI). Or , des forces extérieures , capables de produire une pareille excentricité, existent dans les attractions des satellites , comme on le verra au chapitre Xï ; et afin que le système puisse être stable , et avoir en lui , tandis qu'il est encore naissant et faible , le moyen de résister aux premières attaques d'une pareille tendance , et de s'y opposer par une force répulsive ou d'inertie , il suffit , comme on l'a fait voir , d'admettre que le double anneau soit clittrcfé dans quelque point de sa circonférence ; ^soit de ^quelque légère inégalité d'épftis-