‹ Traité d'astronomieChapitre 8 sur 116 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

terre. Ainsi , sur un globe de 16 pouces de diamètre , une pareille montagne serait représentée par une protubérance qui n'excéderait pas la centième partie d'un pouce, épaisseur environ du papier à dessiner ordinaire. Or, comme il n'existe aucun continent , ni même aucune partie de terre connue , quelque considérable qu'elle soit, dont l'élévation en général au-dessus de la mer approche seulement de la moitié de cette quantité , il s'ensuit que si nous voulions construire un modèle correct de notre terre , avec ses mers , ses continens et ses montagnes , sur un globe de 16 pouces de diamètre, toute cette étendue de pays, à l'exception de quelques points élevés , y serait nécessairement comprise sous l'épaisseur d'un papier à écrire bien mince ; et les plus hautes collines seraient représentées par les plus petits grains de sable visibles.

50. La plus profonde mine qui existe ne pénètre pas jusqu'à la moitié d'un mille ( 800 mètres ) au-dessous de la surface ; une égratignure , un trou d'épingle , qui la représenterait fidèlement sur la surface d'un globe tel que notre modèle , serait imperceptible sans une loupe.

31 . La plus grande profondeur de la mer ne surpasse probablement pas de beaucoup la plus grande élévation des continens , et serait par conséquent représentée par une excavation dans la surface du globe faite à-peu-près dans la même proportion • en sorte que l'Océan peut se concevoir comme une simple couch.c de liquide telle que la déposerait sur notre modèle une brosse plongée dans de la couleur et passée sur les parties destinées à représenter la mer : seulement, en concevant la chose ainsi , nous ne devons pas perdre de vue que la ressemblancie ne s'étend qu'à la proportion pour la quantité. Les lois mécaniques qui régle raient la distribution et le mouvement de cette espèce de pellicule , et son adhé sion à la surface , sont tout-à-fait différentes de celles qui gouvernent les phéno mènes de la mer.

52. Enfin, la plus grande étendue de surface de la terre qui ait jamais étié vue à-la-fois par l'œil de l'homme , est celle qui s'offrit aux regards de MM. Bio>t et Gay-Lussac dans leur célèbre expédition aérostatique jusqu'à la prodigieusie hauteur de 25,000 pieds , ou un peu moins de 5 milles (8,047 mètres). Pour esitimer la proportion de la surface visible depuis cette élévation à toute la superficie de la terre , il nous faut avoir recours à la trigonométrie , qui nous apprencd que la surface convexe d'un segment sphérique est à toute la surface de la sphène à laquelle elle appartient, comme le sinus verse, ou la hauteur du segment , es5t au diamètre de la sphère ; et, de plus , que cette hauteur , dans le cas en question , est presque exactement égale à l'élévation du point de vue au-dessus de la surface;. La proportion de Faire visible à toute la surface de la terre est donc ici de 5 miUïes à 8,000 milles, ou de 1 à 1 ,600. La partie visible depuis l'Etna , le Pic d(c Ténérlffe, ou Mowna-Roa , n'est que d'environ 1/4000.

35. Lorsque nous montons sur quelque lieu très élevé de la surface de la terre , soit dans un ballon , soit sur des montagnes , nous nous apercevons , par une imfinité de sensations désagréables, que la quantité d'air que nous respirons estinsufffisante. Le baromètre , instrument destiné à mesurer le poids de l'air qui pèse $mr une surface horizontale donnée , confirme cette impression , et nous fournit unte mesure directe du rapport de diminution de l'air qu'un espace donné renfermie à mesure que nous nous éloignons de la surface. D'après ces indices , nous apprenons que quand nous sommes montés à la hauteur de 1000 pieds (505 mètres )i, nous avons laissé au-dessous de nous environ 1 /50 de toute la masse de l'atmos^plîère; qu'à 10,600 pieds (ce qui est un peu moins que l'élévation du sommet dte l'Etna ) (1 ) , nous en avons traversé environ 1 /5 , et qu'à 1 8,000 pieds (5,486 mè^-

(1) ]La hauteur de l'Etna au-dessus de h Métlitçrra»ée (d'après uî,e opération harc'j-»

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