CHAPITRE XI
tenant calculer avec exactitude la hauteur de chaque marée , il est probable que leur rapport s'écarte peu, sur un point quelconque du globe, de celui qui existerait entre les allongemens de deux sphéroïdes , si l'on pouvait arriver à un équilibre. Or, ces allongemens, pour les sphéroïdes solaire et lunaire, sont respectivement d'environ 2 et 5 pieds ; en sorte que la valeur moyenne entre la haute et la basse marée sera dans le rapport de 7 à 3 , ou à peu près.
531 . Un autre effet de la combinaison des marées solaire et lunaire est l'accélération et le retard des marées. Si la lune existait seule , et se mouvait dans le plan de l'équateur, l'intervalle des marées (c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre deux arrivées successives au même lieu du même sommet de la vaguemarée) serait le jour lunaire (art. 115), formé par la combinaison de la période sidérale de la lune et de celle du mouvement diurne de la terre. De même , si le soleil existait seul, et qu'il se mût toujours dans le plan de l'équateur, l'intervalle des marées serait le jour solaire moyen. Ainsi , le véritable intervalle des marées , ou l'intervalle dans lequel ont lieu deux maxima successifs de leurs vagues superposées , variera selon que les vagues séparées seront près ou loin de coïncider , parce que , lorsque les sommets de deux vagues ne coïncident pas , la hauteur des deux vagues réunies a son maximum en un point intermédiaire entre eux. Ce défaut d'uniformité de durée de l'intervalle entre deux marées consécutives se fait particulièrement remarquer vers le temps de la nouvelle et de la pleine lune.
532. C'est à une toute autre cause qu'il faut attribuer la différence entre le moment de la haute et de la basse marée à un port quelconque , et celui de la culmination des deux astres, ou du maximum théorique de leurs sphéroïdes superposés. L'on appelle cette différence , l'établissement de ce port. Si l'eau était dépourvue d'inertie et libre de toute gêne j si elle n'avait pas à lutter contre le frottement du lit de la mer , contre l'inconvénient d'un canal long et étroit que la vague est obligée de parcourir avant d'arriver au port, etc. , les époques citées ci-dessus seraient identiques. Mais toutes ces causes tendent à créer une différence , et à faire que cette différence ne soit pas la même dans tous les ports. L'observation des établissemens des ports est un point d'une grande importance maritime; et elle n'est pas d'un moindre intérêt, théoriquement parlant, pour nous faire parvenir à la connaissance de la véritable distribution des marées sur toute la surface du globe. Dans ces sortes d'observations, il faut avoir grand soin de ne pas confondre la morte ean, qui a lieu lorsque le courant causé par la marée cesse d'être visible dans un sens ou dans l'autre, avec la haute ou la basse mer, qui s'annonce lorsque le niveau de la surface cesse de s'élever ou de s'abaisser. Ce sont des phénomènes tout-à-fait distincts, et qui dépendent de causes entièrement différentes , quoiqu'il faille convenir qu'ils peuvent quelquefois coïncider dans leurs époques. Nous craignons bien que les hommes de pratique ne les prennent trop souvent l'un pour l'autre - circonstance qui, toutes les fois qu'elle se présente , doit produire la plus grande confusion dans tous les travaux où l'on se propose de faire du système des marées un code de lois distinctes et intelligibles.
535. La déclinaison du soleil et celle de la lune affectent sensiblement les marées dans tous les ports. Comme le sommet de la vague tend à se placer verticalement sous l'astre qui la produit , lorsque ce sommet change de point d'incidence sur la surface , la vague doit tendre à changer de place aussi , et par conséquent , dans des périodes mensuelles et annuelles , à augmenter et à diminuer alternativement les marées principales. La période des nœuds de la lune trouve donc sa place ici. Ses excursions ou déclinaisons en-deçà et au-delà de l'équateur, dans une partie de cette période, sont de 29", et dans une autre , seule- .mentdelT"»