PREMIERE SECTION. XLV
Dclarabre et Carlini lui donne les corrections suivantes, sur lesquelles sont fondées ses Tables supplémentaires :
on=-f-64',99 — (o,îioi5)/,
oc = — 0,0000024625 — (0,00000001786)/.
Ces Tables solaires de Bessel, au nombre de six, ont été imprimées dans les Additions à la Connaissance des Temps pour i83i.
D'autres Tables solaires, également remarquables par leur exactitude, furent construites en i8o4» par le baron de Zach, et parurent à Gotha sous le titre de : Tabulœ motuum Solis no\'œ et iterum correctce, etc., in-4°. Une première édition de ces Tables avait été donnée au même lieu en 1792. Fondées sur les formules de Laplace et sur les observations que de Zach avait faites lui-même au Seebcrg, les Tables de i8o4 présentaient un accord frappant avec celles de Delambre, déduites, comme on sait, d'un nombre considérable d'observations faites par des observateurs très habiles. Cependant de Zach n'avait emprunté aux recherches de Delambre que les valeurs des masses de la Lune, de Vénus et de Mars, valeurs que Laplace avait rapportées au tome III de la Mécanique céleste, paru en 1802 (*). Dans un but assez futile, celui de
(*) Dès le mois de novembre i8o3, le baron de Zach avait demandé communication à Lalande d'une copie ou des épreuves des Tables de Delambre, et Lalande assure que la copie de ces Tables lui fut envoyée sur-le-champ. Voici la lettre de de 3^ch, qui est datée du 17 novembre i8o3 : « Ne pourrais-je pas avoir une copie ou les épreuves des Tables du Soleil de Delambre? Elles me seraient bien nécessaires à présent que j'emploie beaucoup le Soleil pour mes latitudes. Cela me dispenserait de chercher toujours les erreurs des Tables, ce qui est impraticable lorsque je suis absent du Seeberg. Delambre ne serait-il pas porté à faire ce sacrifice à la Science? car, comme il publie ses Tables, un mois de plus ou un mois de moins ne lui fait rien, mais à moi cela fait beaucoup et me fait gagner du temps et des avantages ». En mai 180^ parurent à Gotha les Tables solaires de de Zach. Leur accord parfait avec les Tables de Delambre parut surprenant et même suspect à Lalande et à Mathieu, qui accusèrent de Zach de plagiat. On peut juger combien ce reproche était peu fondé en voyant avec quelle estime Delambre, dans la préface de ses Tables, parle de l'Ouvrage de de Zach. Après avoir constaté les très petites différences, o'jQ, 1%^ et o'',i7, qui existent dans la longitude moyenne, la longitude du périgée et l'équation du centre, Delambre ajoute : « On peut donc accorder quelque confiance à nos Tables nouvelles, puisque tous les résultats que j'ai déduits de plus de 700 observations de Bradley et d'un nombre égal d'observations de Maskelyne
^IVl INTRODUCTION HISTORIQUE.
rendre ses Tables moins embarrassantes, de Zach avait cherché à en réduire le volume, résultat auquel il n'était parvenu qu'en doublant la longueur des calculs à effectuer. Aussi ces Tables de de Zach, malgré leur exactitude, eurent-elles peu de succès; les astronomes leur préférèrent toujours celles de Delambre. Le volume des Tables de Zach fut encore diminué dans l'édition in-8** qu'il publia à Florence, en 1809, sous le titre de Tables abrégées portatives du Soleil pour le méridien de Paris y etc. Dans cette édition, en efTet, le nombre des pages se trouve réduit à ly.
Nous arrivons ici à l'époque la plus mémorable de l'histoire de TAstronomie pratique. Les travaux qui s'y sont accomplis et poursuivis jusqu'à nos jours marquent l'ère d'un progrès nouveau et sont le plus grand eflbrt que Ton ait tenté pour donner aux Tables astronomiques tonte la précision et l'exactitude durables dont elles sont susceptibles. Nous allons les analyser rapidement.
En i853. Hansen et Olofsen firent paraître des Tables solaires très exactes, mais qui n*enrent pas la préférence sur celles de Delambre. Ces Tables nonvelles reposent sur la totalité des observations laites à Greenwich et à Kœnigsberg et sont déduites delà théorie même dont Hansen s'était servi en i838 pour construire ses Tables lunaires: l'époque en est fixée au commencement de i8ào. Outre la longitude du Soleil, son rayon vecteur et sa latitude^ les Tables dont nous parlons donnent encore l'ascension droite et la déclinaison de cet astre, l'équation du temps, la parallaxe, le demi-diamètre, etc., éléments qui entrent, comme on sait, dans la composition des Ephémérides, et que lesdites Tables font connaître avec beaucoup de précision. Comparées à un grand nombre d'observations du Soleil faites à Greenwich et à Kœnigsberg, pendant les années 1820, i843, i844i les Tables de Hansen ont donné pour l'ascension droite des différences dont la plus grande s'élève à 0^,70; on peut dire toutefois que leur moyenne
cl de Bouvard et enfin de quatre équinoxes déterminés chacun par plus de 3oo observations se sont trouvés si pleinement d'accord avec les observations que M. de Zach a faites et desquelles je n'ai pas eu la moindre communication. » 11 est incompréhensible que Lalande et Mathieu, qui ont eu connaissance de la préface des Tables de Delambre, se soient laisser aller au grave reproche qu'ils ont articulé contre de Zach.