‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notes (volume 2)Chapitre 19 sur 201 · PREMIÈRE SECTION. LV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION. LV

Tables du mouvement des satellites de Jupiter.

La découverte des satellites de Jupiter, que l'on doit à Galilée, marque une des plus mémorables époques de Thistoire de TÂstronomie au xvii^ siècle. La Géographie et la Navigation lui doivent la première solution du problème si important des longitudes, et la Physique céleste, la connaissance du mouvement progressif delà lumière et la mesure exacte de sa vitesse.

C'est le 7 janvier 1610 que le célèbre astronome florentin fit celle brillante découverte. En explorant le ciel avec une lunette d'approche qu'il venait de construire, il aperçut dans le voisinage de Jupiter trois petites étoiles très brillantes, qu'il prit d'abord pour des étoiles fixes; deux étaient à l'orient de la planète et la troisième à l'occident; mais, les ayant observées de nouveau le lendemain, il s'aperçut qu'elles avaient changé de place et qu'elles étaient cette fois toutes trois d'un même côté. Quelques jours plus tard, il découvrit le quatrième satellite, et, continuant les jours suivants ses observations, il ne tarda pas à reconnaître que ces étoiles étaient des planètes tournant autour de Jupiter de la même manière que la Lune autour de la Terre, et, par conséquent, des satellites. Il donna à ces astres le nom d^ astres de Médicis, en rhonneur des Médicis ses protecteurs, et s'empressa de publier sa découverte (mars 1610), ainsi que les observations qu'il avait faites dans un Ouvrage paru à Florence sous le titre de Nuncius sidère us (*).

Galilée, qui avait été le premier à apercevoir les satellites do

(') Simon Marius, astronome et mathématicien de Télecteur de Drandeltourg, revendiqua, en 161 4, la découverte des satellites de Jupiter; il prétendit les avoir aperçus en Allemagne dès le 29 décembre 1609. Mais, en supposant les prétentions de Marins fondées, ce qui est loin d'être prouvé, l'antériorité de la découverte n'en appartiendrait pas moins à Galilée; car Marins, datant ses observations d'après le calendrier non réformé, le 29 décembre 1609 correspond au 8 janvier 1610, et l'ob-» nervation de Marias se trouve par conséquent postérieure d'un jour à celle de Galilée.

LVI INTRODUCTION HISTORIQUE

Jupîler, fut aussi le premier qui eut Tidée de faire servir les con- (igurations et surtout les éclipses de ces astres à la détermination des longitudes terrestres. Encouragé dans ce projet par les tlats de Hollande, qui lui prorairentde grandes récompenses s'il y réussissait, il entreprit, aidé de ses disciples, un nombre considérable d'observations qui malheureusement sont demeurées sans résultat. A la mort de Galilée, le grand-duc de Toscane, Cosme II, chargea Vincent Reineiri, l'un de ses disciples, de continuer les observations commencées et d'en déduire des Tables du mouvement des satellites; ce savant y travailla pendant dix ans, mais sans succès, paraît-il, car il ne fit rien paraître. Il mourut en 1647, ^^"^ qu'il fût même possible de retrouver ses observations et celles de Galilée dont il était le dépositaire, ses papiers et tout ce qui lui appartenait ayant été dilapidés à sa mort. Ils ont été retrouvés depuis, et sont aujourd'hui en la possession de la Bibliothèque de Florence, dite Palatine.

Peiresc, conseiller au parlement d'Aix et l'ami de Gassendi, fui, après Galilée et Reineiri un des premiers qui entreprit de réduire en Tables les mouvements des satellites; il s'était associé Marins dans cette entreprise; mais, ayant appris dans la suite que Galilée était occupé d'un semblable projet, il s'abstint, par un sentiment des plus louables, de publier son travail. Hodernia et Marins s'occupèrentaussi de dresser des Tables de satellites, maissansy réussir; fondées sur un trop petit nombre d'observations, ces Tables étaient sans exactitude. Hevelius, qui avait formé le même projet, ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs et dut y renoncer. Enfin, en i666,Borelli essaya de déduire des observations de Hodernia et des siennes propres une théorie du mouvement des satellites et fit paraître ses TheoricœMedicœorumplanetarumex causfsphysicis deductœ, in-4**, Ouvrage intéressant à plus d'un titre et qu'ont loué Cassini, Lalande et Montucla. On lit, dans Y Histoire des Mathématiques Ac ce dernier, que, pour établir cette théorie, Borelli fit usage des principes de l'attraction. Il y a sans doute loin des idées de Borelli sur cette matière à celles que nous avons au jour— d'hui, mais il se peut qu'elles aient inspiré Newton.

Au même moment où Borelli publiait à Florence sa théorie des Planètes médicéennes, Cassini faisait paraître à Bologne un Ouvrage sur le même sujet intitulé De dif/icultatibus circa éclipses

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