‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notes (volume 2)Chapitre 3 sur 201 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

HISTOIRE DES ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES ET NAUTIQUES ET DES TABtES QUI ONT SERVI DE FONDEMENT A LEUR CALCUL

Ëphémérides astronomiques.

Le degré de perfection que l'Astronomie a atteint de nos jours est dû aux efforts réunis des géomètres et des astronomes. Les premiers, par une analyse profonde, sont parvenus à déterminer théoriquement toutes les inégalités des mouvements célestes et à nous donner l'explication physique des singuliers phénomènes que nous présentent ces mouvements. Les seconds, par un soin et une persévérance infatigables dans les observations et dans les calculs, sont arrivés à réduire en nombres les formules de la théorie et à construire des Tables numériques dont Tusage est aujourd'hui fort commode et fort répandu. C'est à l'aide de ces Tables fondamentales, relatives aux principaux corps du système solaire, que Ton peut composer des Ëphémérides, faisant connaître jour par jour et longtemps à Tavance la position des astres dans le ciel, ainsi que toutes les circonstances des phénomènes qui peuvent le plus intéresser les astronomes et les navigateurs.

Le plus ancien de ces Ouvrages dont la publication ait eu un cours suivi est celui de Jean Miiller, dit Regiomontanus, imprimé à iVuremberg en i474« On y trouve le lieu des planètes, leurs aspects et diverses prédictions d'éclipsés pour toutes les années écoulées depuis i475 jusqu'à i53i. Mathias, roi de Hongrie, qui

Soixiiu?!. — Astr. prat. b

X INTRODUCTION HISTORIQUE

en avait accepté la dédicace, fit présent à Tauteur d'une somme de huit cents écus d'or. Ces Ephémérides eurent un tel succès que, malgré le prix fort élevé de douze écus d'or que coûtait chaque exemplaire, l'édition entière se répandit dans toutes les contrées de l'Europe et fut rapidement épuisée. Peu de temps après la publication de cet Ouvrage, en 1476, le même auteur fit paraître son Kalendnriuin novum. Ouvrage du même genre que le précédent et qui fut réimprimé en 1482, i483, i485, 1489, i^pî» P">^ une dernière fois à Augsbourg en i499« ^^ calendrier et les Ephémérides qui le précédèrent furent imprimés par les soins de Bernard Walter, riche amateur d'Astronomie qui avait établi à ses frais une imprimerie à Nuremberg et chez lequel Regiomontanus s'était retiré, en 1 471, lors des troubles de Bohême. Avant Regiomontanus, il existait des Éphémérides, mais ces Ouvrages étaient si défectueux, si mal en ordre et si peu étendus, qu'il est inutile d'en faire ici une longue mention. Citons seulement pour mémoire les Tahiilœ astronomicœ et Ephemerides, de Salomon Jarchus, qui datent de ii5o; celles du célèbre Purbach, le maître de Regiomontanus, composées de i45o à i4tli sous le litre de Almanach perpetuum pro omnibus planetis ad plures annos, et enfin un volume d'Éphémérides que l'on conserve à la Bibliothèque nationale et qui date de l'an i442.

L'empressement avec lequel les EphéiAérldes astronomiques de Regiomontanus furent reçues par les diverses nations de l'Europe, ritalie, la France, la Hongrie, la Grande-Bretagne, etc., et la réputation que cet Ouvrage valut à son auteur, engagèrent les savants de ces pays à en calculer de semblables. En 1482, parurent, sans nom de lieu, les Ephémérides de J. StofQer pour une période de 36 ans, depuis 1482 jusqu'à i5i8. Ces Éphémérides furent ensuite étendues jusqu'à i55o et réimprimées plusieurs fois en Allemagne et en Italie, avec ou sans commentaires. Dans l'édition que Stoftler publia lui-même de ses Éphémérides, en i5i3, sous le titre de uilmanach nova plurimis annis ventiiris inservientia, etc., il annonce, pour le commencement de Tannée 1 524) un grand déluge qui devait bouleverser toute la surface de la Terre, ce qui ne l'empêcha pas de continuer ses calculs et de donner des prédictions pour les années qui devaient suivre ce terrible événement. Toutes les éditions des Éphémérides de StofQer sont rares, mais ce sont

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