‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notes (volume 2)Chapitre 4 sur 201 · PREMIÈRE SECTION. XI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION. XI

surtout celles imprimées à V^enise en i5o4 et i5o6 qu'il est bien difficile de se procurer.

Aux Éphémérides de Stoffler succédèrent celles de Bernard de Granollach : Sumario en el qîial se contienen las conjoncio^ nés y oposiciones, los éclipses de Sol et Liina, fiesta mobile desde el anno i488 hasta i55o; in-4**. Ce Bernard de Granollach, à ce que nous apprend Nicolas Antonio dans sa Bibliotheca Ilispaita, était un docteur en médecine de Barcelone; l'Ouvrage, quoique sans date, est probablement de 1487 ou de 1488. Puis, furent successivement publiées les Éphémérides de Zacutus, dont la première édition date de 1496^*) 5 celles de J. Angeli, imprimées à Vienne, et qui vont de i494 ^ i5oo; celles de Stadius qui -^'étendent de i554à 1606 : la dernière édition date de 1070. Les Ephémérides de Leovitius forment un grand volume in-folio et vont de i556 à 1606; celles de Pitatus, imprimées à Vienne, s'étendent de i552 à iSôa; celles de Moleti comprennent vingt années, depuis i564 jusqu'à i584) Scala en a donné qui vont de 1689 à 1600; celles de Magini s'étendent de i58i à i63o. Les Éphémérides de Carelli calculées pour le méridien de Vienne vont de 1558 à 1077; celles de Nicolas Simi de i554 à i568; celles de Mœstlini de i564 à i584; celles d'Everhardt de iSgo à 16 10. Enfin, en 1095, Dorigan publia des Éphémérides qui s'étendent de 1095 à 1654 et qui eurent trois éditions : la première parut à Franc fort-su r-l'Oder et date de 1095 ; la seconde est de 1099 et la troisième de 1609.

Au commencement du xvii® siècle, on imprima à Madrid des Efémerides générales de los movimentos de los cielos, in-folio, parSuarez de ArgueUo. Ces Éphémérides, qui vont de 1607 à 1618, furent calculées sur les Tables Alphonsines et sur celles de Copernic. Vers la même époque, parurent à Londres les Ephemeris front the year 1609 to the year 161 7 ; in-4° de J. Searle, ouvrage qui fut probablement le premier en ce genre publié en Angleterre. Kepler publia aussi des Éphémérides qui curent beaucoup de succès et qui furent successivement étendues de 161 7 jusqu'à

{•) Les autres éditions sont de i499> >3o2 et 1572. L'édition originale de i'iqô est fort rare; on n'en connait qu'un exemplaire, qui esta la Bibliothèque royale de Lisbonne.

XII INTRODUCTION HISTORIQUE

i636 : la première édition date de i6i6etvade 1617 à 1628; la seconde s'étend de 1629 à i636.

Les Epliémérides d'Argoli, imprimées pour la première fois à Rome en 1621, vont de cette époque à 1640; mais elles furent plusieurs fois réimprimées et étendues jusqu'en i-^oo. On a encore de la même époque : les Effemeridi nuove dei moti celés ti, in-folio, de Marc- Auguste Céleste, qui vont de 1629 a 1640; celles de J. Eichstadius, imprimées à Sletin et qui s'étendent de i636 à 1640; la suite parut à Dantzig en 1639 et i644 et fut prolongée jusqu'en 1675; celles de L. de Sil va, publiées à Barcelone sous le titre de Efémerides générales de los movimentos de los cielosy în-4°; et enfin les Ephémérides de F. Montebruni, imprimées à Rome en 1640 et qui s'étendent de 1641 à j66o. En i645, une autre édition de cet ouvrage fut donnée avec des additions et des commentaires.

Noël Duret, professeur de Mathématiques à Montbrison, fut le premier Français qui se livra à ces sortes de calculs. Les Ephémérides qu'il publia à Paris, en 1641, sous le titre de Ephemerides motuum cœlestium Richelianœ, vont de 163^ à 1700 et furent construites sur les Tables de Lansberg. En i652, parurent à Londres les Ephémérides de Vincent Wing, étendues de 1602 à i658, puis prolongées jusqu'en 1671. L'année précédente, l'auteur avait donné, en un volume in-8", des Ephémérides pour 3o années. Un peu plus tard, parurent au même lieu les Ephemeris of thc celestial motion de John Gadbury pour toutes les années comprises entre 1672 et 1681; la suite en fut donnée successivement en 1680 et 1719 et étendue jusqu'à 1740. Malsavia, sénateur do Bologne et général en chef des troupes du roi de Modène, publia aussi des Ephémérides qui s'étendent de 1661 à 1666. Cassini les avait enrichies de ses Tables et de ses observations, ce qui leur donna un grand prix. En 1662, parurent les Ephemerides motuum cœlestium de J. Hecker, pour toutes les années comprises entre 1666 et 1680. Ces Ephémérides, calculées sur les Tables Rudolphines, étaient assez exactes et furent les seules dont se servirent les astronomes jusqu'en i68o. Citons encore, comme ayant eu quelque réputation dans leur temps, les Ephémérides du mouvement du Soleil^ par Pierre Palati, étendues de 1664 à 1670 et imprimées à Rome la même année; celles de G.Kirch, parues à Leip-

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zi«i^ en 1681 et dont la suite va jusqu'en 1702 : Marguerite Kirch, sa femme, et plusieurs de ses filles y collaborèrent ; celles de H. Hofmann, qui s'étendent de 1701 à lyiS ; celles de Mezzavacca ou Mezzavachi,qui vont de 1675 à i684; la suite parut en 1701 et fut cHendue jusqu'en! 720 inclusivement; enfin celles de An t. Ghisleri, Kphemerides motuum cœlestium ab anno 1 72 1 ad annum 1 740. in-4**, entreprises en continuation de celles de Mezzavachi et dont la suite, parue en 1789, fut prolongée jusqu'en 1756.

C'est en 1678 que commença à paraître la Connaissance des Temps, sous la forme d'un petit in-i 2 de 60 pages, sans nom d'auteur. Comme tous les ouvrages de ce temps-là, il était dédié au Roi et avait pour titre : La Connaissance des Temps, ou Calen-* drier et Êpliémérides du lever et du coucher du Soleil, de la Lune et des autres planètes, avec les éclipses pour U année 1679, calculées sur Paris, et la manière de s^en servir pour les autres élévations, avec plusieurs autres Tables et Traités d^ Astronomie, de Physique et des Ephémérides de toutes les planètes en figures, A Paris ^ chez J,'B, Cognard, imprimeur du Roi, rue Saint- Jacques, à la Bible d^Or. Picard, l'un des plus célèbres astronomes de cette époque, et le fondateur de notre Observatoire, était l'auteur anonyme de cet Ouvrage, qu'il avait entrepris pour faire suite aux Ephémérides de Hecker qui finissaient en 1680. Dansée premier Volume, on trouve d'abord un calendrier annuel avec le lever et le coucher du Soleil et de la Lune, pour tous le* jours de l'année ; le lieu de la Lune dans le Zodiaque ; l'aspect des planètes soit entre elles, soit à l'égard de la Lune; un Tableau des éclipses pour l'année 1679; une Table des jours auxquels la Lune change ; une autre Table du lever et du coucher du Soleil pour Calais, Paris, Lyon, Marseille, avec la manière de s'en servir pour les autres contrées de la France. On y voit encore un Tableau des ascensions droites du Soleil, exprimées en heures et minutes seulement, avec l'équation de l'horloge (équation du temps) ; une Table de l'entrée du Soleil dans les douze signes du Zodiaque; un Tableau des planètes observables sur Thorizon de Paris en 1679; une Table des plus longs jours et des plus longues nuits de l'année pour différentes latitudes; une Table de réfraction, une autre Table des déclinaisons du Soleil; le passage de la Lune au méridien pour tous les jours de l'année, et enfin la longitude et la lati-

XLV INTBODUCTION HISTORIQUE.

tude des vingt-trois principales villes de France. Toutes ces Tables sont accompagnées d^explications pour en montrer et la disposition et Tusage, et des exemples, choisis dans l'Astronomie pratique et la Navigation, sont donnés à la fin de la plupart d'entre elles.

Dans les années suivantes, Picard augmenta son recueil de Tables et de Notices intéressantes. Dans la Connaissance des Temps de 1682, il fit paraître un petit Traité de Topographie, une Table des longueurs du pendule, et une Notice sur les dimensions de la Terre et sur sa mesure. Le Volume de i683 fut le dernier que publia ce savant astronome, mort un an après. Les Volumes des années suivantes furent rédigés sur le même plan par Lefebvre, que Picard avait attaché à la rédaction de la Connaissance des Temps dès 1682. En 1702, Lieutaud remplaça Lefebvre, à qui l'Académie venait de retirer le privilège et qu'elle avait même rayé de la liste de ses membres; Godin succéda à Lieutaud en 1780, et Maraldi à ce dernier en 1735.

C'est à la suite d'une dispute qu'il eut avec La Hire fils que Lefebvre se vit rayé de la liste des membres de l'Académie, et que le privilège de la Connaissance des Temps lui fut retiré. Comme les raisons qui amenèrent ce regrettable incident sont peu connues et intéressent particulièrement l'histoire des Lphémérides, nous allons les rapporter ici.

La Hire fils, dans l'un des Volumes d'Éphémérides publié en 1 701 , 1 702 et 1 703, sous le titre de Regiœ Scientiarum Academia^ . Ephenïerides, etc., in-4°, avait reproché à Lefebvre, auteur de la Connaissance des Temps, de s'être trompé d'une demi-heure dans la prédiction de l'éclipsé du i5 mars 1699, que celui-ci avait donnée dans la Connaissance des Temps de cette année. Lefebvre, dans le Volume de 1701, répondit à La Hire et fit voir que cette erreur était inhérente à Timperfection des Tables qu'il avait employées (les Tables Rudolphines) ; mais que, dans tous les cas, elle n'excédait pas 7", et, à cette occasion, traita Gabriel La Hire de « jeune novice » , de « mensonger et de menteur qui impose le faux et qui ne pourrait faire voir ce qu'il avance avec témérité dans ses Ephémérides ». Il s'en prit même à La Hire père, qu'il accusa de s'être trompé de 7™ à 8" dans le calcul de l'éclipsé de Lune du 20 novembre 1695, et, chose bien plus grave, d'avoir «falsifié son observation pour l'accommoder à son calcul ». Voici, en efiet, en quels termes

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