SECONDE SECTION. XCIII
paru en 1707. On trouve dans ces Ouvrages les calculs faits par Halley de vingt-neuf passages futurs, soit de Mercure, soit de Vénus, passages dont quelques-uns n'ont pas eu ou ne pourront avoir lieu par suite d'une erreur commise dans la latitude. Halley y emploie les périodes de 8, de 235 et de ^43 ans pour Vénus, et celles de 6, de 7, de i3, de 46 et de 266 ans pour Mercure, périodes qui ramènent, en effet, assez exactement les passages de ces astres sur le Soleil, et qui suflisent pour indiquer les années où il peut y en avoir. C'est encore à ce grand astronome que revient le mérite d'avoir signalé les conséquences que l'on pouvait tirer du passage de Vénus pour la détermination de la parallaxe solaire. La méthode de Halley, exposée d'une manière sommaire dans les Transactions philosophiques de 1691, reçut tous les développements convenables dans le Volume de ce Recueil publié en 1716.
Phénomènes relatifs aux disparitions de l'anneau de Saturne.
Les apparences si singulières que l'anneau de Saturne donne à la planète ont éveillé au plus haut degré l'attention des astronomes du XVII*' siècle et exercé pendant longtemps leur sagacité. Galilée, qui les observa le premier, se méprit étrangement sur leur véritable cause. Aidé d'une lunette d'une construction encore bien imparfaite, ce célèbre astronome crut voir aux extrémités de Saturne deux globes lumineux qu'il prit pour des satellites adhérents à la planète ; son étonnement dut être grand lorsque, après deux années d'observation, il vit les deux prétendus satellites varier de forme, se séparer du corps de la planète et finalement disparaître pour apparaître quelques mois après. Bien qu'il fût impossible à Galilée de deviner la véritable cause de ces apparences, il osa néanmoins en prédire le retour et fut assez heureux sur ce point pour voir ses prédictions se réaliser.
L'explication de Galilée n'est pas la seule que l'on ait hasardcV pour rendre compte des métamorphoses si bizarres que présente Saturne durant sa révolution. Roberval croyait que le phénomène dont nous parlons était causé par des vapeurs qui, s'éle-
XCIV INTRODUCTION UISTORIQUE.
vant de Téquateur de la planète, réfléchissaient la lumière du Soleil. Dominique Cassini Tattribuait à un amas de satellites assez nombreux et assez proches les uns des autres pour donner à la ligure de l'essaim la forme d'un anneau continu. Enfin d'autres astronomes pensaient que les aspects si variés de l'anneau pouvaient bien résulter de la figure même de Saturne vue plus ou moins obliquement de la Terre. Ce fut Hujgens qui, le premier, parvint à découvrir la véritable cause du phénomène et à en établir la théorie, (ju'il publia en iGSp, à peu près telle qu'elle est admise de nos jours. Il fit voir que les apparences de l'anneau étaient dues à un corps plat et circulaire, concentrique, non adhérent à la planète et incliné sur le plan de l'écliptique d'un angle d'environ a3°. Depuis, on a reconnu que l'anneau tournait d'occident en orient autour de l'axe même de la planète en io^32"*i5" et que l'inclinaison de son plan sur celui de l'écliptique était d'environ a8**2o'. Cette l)elle théorie d'Huygens ne fut pas admise, comme on le pense bien, sans contestations. Comme toutes les grandes découvertes, elle rencontra, en même temps que des panégyristes ardents, des détracteurs passionnés; mais elle ne tarda pas à être généralement admise et à recevoir de l'observation une confirmation directe.
Après avoir constaté la présence de l'anneau, on voulut en expliquer la formation. Maupertuis, dans son discours sur la figure des astres, pense que l'anneau a dû être formé par la queue d'une comète que Saturne aurait retenue dans sa sphère d'activité. Le noyau de la comète serait devenu satellite et la queue aurait formé l'anneau. De Mairan etBufTon s'accordent à peu près à dire que l'anneau a fait autrefois partie de la planète, et en est une sorte de désagrégation due à l'excès de la force centrifuge. On connaît l'opinion de Laplace sur ce point. L'illustre auteur de là Mécanique céleste regarde comme vraisemblable que les anneaux de Saturne sont des zones condensées, abandonnées par l'atmosphère de la planète et animées par la force centrifuge d'un mouvement de rotation autour de son axe.
TRAITÉ
DASTRONOMIE PRATIQUE