‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notes (volume 2)Chapitre 5 sur 201 · PREMIERE SECTION. XV · texte numérisé non relu

PREMIERE SECTION. XV

peu mesurés s^exprime Lefebvre à Tégard de La Hîi'e père, dans la préface de la Connaissance des Temps àe 1701, préface qui fui ensuite supprimée avec soin et qu'on ne retrouve plus sur aucun exemplaire. « Or, dit-il, puisque Ton reprend une faute commise par mégarde dans le calcul d'une éclipse, je rapporterai ici une autre faute faite par un célèbre astronome dans une autre éclipse de Lune, pour faire voir que ceux qui condamnent sont quelquefois plus criminels que les autres. L'astronome, auteur des Tables astronomiques (*) dont ce nouvel auteur (^) s'est servi pour supputer ses Ephémérides, ayant calculé par ses Tables l'éclipsé de Lune qui arriva le 20 novembre 1690, cet astronome communiqua son calcul dans une compagnie où j'ai l'honneur d'avoir été présent, et l'on trouva que cet astronome faisait finir l'éclipsé le 20 novembre à 8**42"* du soir, et que la grandeur de l'éclipsé devait être de 6 doigts i5'. Une autre personne donna aussi un calcul de la même éclipse; et l'on trouva que ce calcul faisait finir l'éclipse à 8**35"a8*, et que l'éclipsé ne devait être que de 5** 12'. Cependant l'astronome ci-dessus observa l'éclipsé dans la suite et trouva par son observation que l'éclipsé finit où il la fait finir, à 8'*4i"*> à une minute près de son calcul. Pour lors, cet astronome triompha, en faisant v>ir que son calcul était plus juste que celui des autres, qu'il traita avec mépris. Mais il arriva que M. ('«assini, étant à Bologne, en Italie, observa l'éclipsé fort exactement et envoya son observation à Paris, laquelle, étant réduite au méridien de cette ville, donna la fin à 8**34"3o". M. Chazelles, hydrographe à Marseille, observa aussi la même éclipse, et trouva que la grandeur de Téclipse était justement de 5*^ i5'. Notre astronome voyant ces observations en fut entièrement mortifié; car, ayant comparé son calcul et son observation avec l'observation de M. Cassini, on trouva qu'il s'écartait de 7" à 8" dans l'un et dans l'autre; et il fut aisé de voir qu'il avait accommodé son observation à son calcul. Quant à la grandeur de l'éclipsé, on trouva que cet astronome ne s'était trompé que d'un doigt tout entier; car il avait dit que l'étlipse serait de 6** i5' et elle ne fut que de 5*^ i5'; mais c'est peu de chose pour lui. »

< • ) La H ire père.

(') Gabriel La Hirc.

XVI INTRODUCTION HISTORIQUE

Le comte de Pontehartrain, alors chancelier de France, à qui le cas avait été déféré, trouva la conduite de Lefebvre si inconvenante, si irrévérencieuse envers TAcadémie, qu'il voulut tout d'abord l'exclure de cette assemblée ; mais, à la prière du Président et de quelques membres, il se laissa fléchir et permit à Lefebvre de continuer à y prendre séance, à la condition, toutefois, qu'il retirerait la préface de la Connaissance des Temps de i roi, qu'il en ferait une autre dans laquelle il rétracterait tout ce qu'il avait dit d'injurieux à l'égard de La Hire père et fils, et que de plus il leur en demanderait pardon en pleine assemblée. Lefebvre, à qui cette décision du Ministre fut communiquée, écrivit, dans la séance suivante (séance du i5 décembre 1700), qu'il était prêt à se soumettre à tout plutôt que de renoncer à l'Académie, et qu'il irait, aussitôt que sa santé le lui permettrait, faire telle réparation que l'on exigerait de lui. Il paraît que plusieurs membres, auxquels se joignirent les La Hire, prièrent le Président d'épargner à Lefebvre cette humiliation, mais la complaisance ne fut qu'apparente; car, à quelque temps de là, Lefebvre ayant été forcé de manquer quelquefois de suite aux séances de l'Académie, cet astronome en fut exclu sous prétexte que le règlement exige l'assiduité. « Ce fut, dit Lalande, de qui nous tenons ces déUiils {Bibliographie astronomique, p. 344)» une perte pour l'Astronomie ; il calculait mieux les éclipses que La Hire, parce qu'il employait la période de dix-huit ans, qu'il tenait peut-être de Rœmer. » Lefebvre mourut en 1706. Outre la Connaissance des Temps, qu'il rédigea de 1684 à 1701, on a encore de cet excellent astronome des Ephémérides pour tes années 1684 et i685, calculées sur le méridien de Paris, et des Tables astronomiques qui eurent la réputation de bien représenter les éclipses de Lune et de Soleil.

Nous avons dit qu'après Lefebvre, Lieutaud, Godin et Maraldi furent successivement chargés de composer la Connaissance des Temps; mais c'est surtout dans les années publiées par Godin, de ijSoà 1734» que de notables et utiles perfectionnements furent introduits dans la rédaction de cet Ouvrage. Aux données déjà nombreuses que renfermaient les Volumes des années 1702- 1727, Godin ajouta l'ascension droite du Soleil, exprimée, ainsi que sa déclinaison, en degrés, minutes et secondes; les éclipses des trois derniers satellites de Jupiter, et les distances du Soleil à la Terre

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