‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notesChapitre 14 sur 194 · XXII INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION HISTORIQUE

d*AngleteiTe fournissait à Tilluslre Astronome Roval pour les faire calculer. J. Pond et Stratfort, qui furent successivement chargés, après Maskelyne, de rédiger le Nautical AlmanaCy apportèrent dans la rédaction de cet Ouvrage un soin et une perfection qui ne tardèrent pas à le placer au-dessus de toutes les publications de ce genre, et même de la Connaissance des Temps qui, elle aussi, cependant, recevait à cette époque de notables améliorations. De nos jours et malgré le nouveau degré de perfection que le J\au/ical Almanac a acquis entre les mains de M. Ilind, cette prépondérance n'existe plus. La Connaissance des Temps est, de l'avis de tous, un Recueil aussi complet, aussi précis et aussi bien approprié aux usages de la Navigation et de TAstronomie que le Aaulical Alnianac.

Cette sorte d'Éphéméride à Tusage de la Marine avait été depuis longtemps projetée en France par J.-B. Morin, docteur on Médecine et professeur de Mathématiques à Paris. En i655, le P. Léonard Durilis fit paraître un essai en ce genre, en publiant ses Éphémérides maritimes pour observer en mer la longitude et ta latitude, aicc un nouveau moyen de perfectionner Céphéméride du Soleil pour avoir toujours sa déclinaison^ etc., in-folio, Ephémérides qui s'étendent de i65:> à iGjj. Un siècle plus lard, Pingre, à la prière de Le Monnier, entreprit d'en calculer de

semblables et donna son Etat du Ciel pour ran ijS^, calcula sur les Tables de Ilalley et rapporté à V usage de la Marine^ in-8". Cet Ouvrage, quoique conçu sur un plan excellent et rédigé avec le plus grand soin, fut si peu goûté de ceux auxquels il était destiné que, dès 1757, Fauteur dut renoncer à en continuer la publication. Citons encore, parmi les Ouvrages du même genre qui curent quelque succès : YAlmanacli nautico per el anno 1786, in-S", imprimé à Madrid Tannée précédente, et dont la publication, interrompue d'abord, fut reprise au commencement de ce siècle; les Ephémérides de D. Pereira, publiées à Lisbonne en i 789, sous les auspices de l'Académie de cette ville, et qui furent conl innées jusqu'en 1798; celles publiées à Amsterdam par ordre du Comité de Marine et auxquelles Nieuwlang mit le premier son nom; les Ephémérides de Damoiseau de Montfort , parues a Lisbonne en 1798, et qui vont de celle époque jusqu'à 1806; celles de Monteira de Kocha, publiées à Coïmbre en i8o4, et qui renferment

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d'importantes innovations, et enfin les Lphémérides de E. Veîga, publiées à Rome en 1788, sous le titre de Tavole deW EJfemeridi astronomiche per l^anno 1789, Éphémérides étendues jusqu'en 1798 et dont la suite fut donnée au même lieu par Oddi et continuées seulement pour 1799 et 1800 (*). De nos jours, on peut citer comme un modèle en ce genre The american Ephémérides and AauticalAlnianac, Ouvrage qui depuis 1849 ^^ pwblie à Washington par ordre du comité de Navigation. Depuis quelques années, c'est M. Simon Newcomb qui est chargé de la rédaction de ces Ephémérides.

Tables du mouvement de la Lune.

Jusque vers la fin du xvii^ siècle, les Tables astronomiques furent peu répandues et fort imparfaites. Basées sur la connaissance des effets plutôt que sur celle des causes, elles ne tardaient pas à présenter des divergences sensibles avec les observations, et avaient besoin d'être sans cesse rectifiées sur de nouvelles données de la pratique. Les progrès que les recherches de Clairaut, de d'AIembert et d'Euler firent faire à la théorie des mouvements célestes, contribuèrent beaucoup à les rendre plus parfaites; mais ce n'est qu'à partir du xviii® siècle, et grâce surtout aux travaux des Laplace et des Lagrange, qu'elles acquirent un degré suffisant d*exactitude. Nous allons, dans cette Notice, indiquer succinctement les principales Tables astronomiques qui ont paru depuis le commencement du siècle dernier jusqu'à nos jours, en nous attachant particulièrement à celles publiées par les soins ou sous les auspices des Bureaux de Longitudes de France et d'Angleterre, Tables qui ont servi pendant longtemps de fondement aux calculs de la Connaissance des Temps et du Nautical Almanac.

Les premières Tables astronomiques que l'on puisse citer comme se rattachant à la période remarquable que nous allons considérer sont celles du Soleil par La Caille ( 1768) et celles du Soleil et de la

(') Les Ephémérides d'Oddi, comme celles de Damoiseau, étaient principalement extraites de la Connaissance des Temps et du Nautical Almanac.

XXIV INTBODUCTION HISTORIQUE.

Lune par Tobie Mavcr. Ces dernières parurentà Londres en 1760, sous le titre de Tabulœ moluum Solis etLunœnovœ et correctœ, in-4°9 ^^ furent éditées par les soins et aux frais du Bureau des Longitudes d'Angleterre; les astronomes de tous les pays les adoptèrent presque immédiatement. Dans le discours qui est en tète des Tables du Soleil, Ma ver annonce qu'il n'a pas eu l'intention, en composant ses Tables, d'en donner précisément de nouvelles, mais seulement de perfectionner celles de La Caille, en leur faisant subir quelques changements que ses propres observations lui avaient indiquées. Ces changements, dont il rendcompte, consistent principalement dans la substitution des inégalités déduites de la théorie à celles que La Caille avait adoptées d'après Clairaut, et dans l'addition au mouvement séculaire du Soleil de la quantité 2-**. Mais il faut croire que ces corrections étaient peu heureuses, la dernière surtout; car Dclambre, ayant entrepris en 1786 une non > velle vérification des Tables solaires, sentit la nécessité de se rapprocher du mouvement trouvé par La Caille et dut même, un peu plus tard, l'adopter entièrement. Quant aux inégalités provenant des actions de Jupiter, de Vénus cl de la Lune, que Mayer considérait, elles diffèrent fort peu de celles introduites par La Caille, si ce n'est toutefois à l'égard de l'inégalité provenant de Vénus, que Mayer fait un peu plus faible, mais ù tort, car il a été reconnu depuis que l'équation de La Caille était préférable.

Si les Tables solaires de Mayer ne méritaient pas, comme on voit, la préférence que les astronomes leur avaient accordée, il est juste de dire que les Tables de la Lune du même auteur étaient d'une précision bien surprenante pour le temps où elles parurent, et qu'elles surpassaient de beaucoup en exactitude celles de Newton et de Ualley, les meilleures que l'on eût alors. Dans ces dernières, en effet, l'erreur pouvait aller jusqu'à 7" ou 8", tandis que dans celles de Mayer, cette erreur n'excédait pas 2". Mayer était parvenu à ce résultat heureux, en sacrifiant un peu la théorie à l'observation, c'(*st-à-dire en corrigeant celle-ci au moyen de cellelà, toutes les fois que les nombres déduits de la théorie différaient sensiblement de ceux fournis par l'observation. Quant à la théorie dont Mayer se servit pour construire ses Tables, elle ne diffère pas quant au fond de celle exposée par Euler dans son Thvoria motus Lunœ (lySS), comme Mayer en convient lui-même. Cet

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astronome publia ses Tables dans le tome II des Mémoires de la Société Royale de Gôttingue ( ijSS), et les envoya deux ans plus lard à Londres pour concourir au prix des Longitudes que le Pai^ Icment anglais avait institué dès 1714 (*)• Mais il ne fut pas assez heureux pour jouir de la récompense qui lui était promise, et il mourut en 176!!, laissantdeux exemplaires de ses Tables auxquelles il avait fait d'importantes corrections. Sa veuve les envoya Tannée suivante au Bureau des Longitudes d'Angleterre qui, sur le rapport de Bradley, accorda aux héritiers de Tauteur une première récompense de 3ooo livres sterling, et, peu de temps après, une seconde récompense de 2000 livres. Ce corps savant ordonna en outte la publication des Tables manuscrites de Mayer, qui parurent - à Londres en 1760, sous le titre que nous avons rapporté plus haut. Lalande s'en servit pour les calculs delà Connaissance des Temps, et Maskelvne, en 1767, les adopta pour la rédaction du Nautical almanac.

Malgré les soins dont les Tables de Mayer avaient été l'objet de la part de leur auteur et les améliorations que Bradley et Maskelync y avaient successivement introduites (ce dernier avait corrigé les longitudes moyennes de la Lune, celles de l'apogée et de son nœud), le Bureau des Longitudes d'Angleterre jugea nécessaire d'entreprendre une révision complète desdites Tables et chargea Charles Masson, alors astronome à l'Observatoire de Greenwich, du soin de ce travail important. Ce savant l'entreprit aussitôt sous la direction de Maskelyne; et, après avoir comparé le§ Tables de Mayer à 1200 observations inédites de Bradley (1750-1760) et introduit <lix inégalités nouvelles que Mayer avait négligées comme étant trop peu sensibles ou incertaines, il parvint à réduire l'erreur dont les Tables de Mayer étaient affectées à Zo" seulement, ce qui était un résultat inespéré. Ces nouvelles Tables de Mayer, corrigées par Masson, parurent à Londres en 1787 sous le titre de Mayer'sLunar Tables, improvedhy Charles Masson y published byorder of ihe Commissionen of Longitudes, in-4**, et furent un peu plus tard insérées par Méchain dans la Connaissance des

(•) Ce prix assurait une somme de qoooo livres sterling (5ooooo'') à celui qui trouverait la longitude en mer à J degré prés, et pouvait être réduit à i5ooo livres et à loooo livres, suivant que la précision atteinte serait de| de degré ou de l^

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