PREMIERE SECTION. XLIX
tenant compte de tous les termes qui ne sont pas inférieurs à un demi-centième de seconde, et en poussant, dans certains cas, les développements jusqu'aux termes du septième ordre inclusivement. Ces termes sont généralement fort petits et dépassent rarement un dixième de seconde; cependant leur considération est nécessaire lorsqu'on veut atteindre au degré de précision que les observations modernes comportent. Pour construire ces nouvelles Tables, Le Verrier avait à sa disposition : i° la longue suite d'observations méridiennes de la planète faites à Greenwich par Bradley, Maskclyne et Pond, observations qui ont été réduites jusqu'en i83o par M. Airy dans l'Ouvrage intitulé : Réduction of tlie Greemvich observations of planets froni i^So to i83o; 2** deux observations des passages de Vénus sur le disque du Soleil arrivés en 1561 et 1769; et 3" une très curieuse observation de l'occultation de Mercure par Vénus, arrivée le 28 mai 1737. Cette observation, faite à Greenwich par Bevis, a été rapportée dans les Transactions philosophiques^ mais son degré de précision n'ayant pas été tout d'abord connu de Le Verrier (les deux contacts n'avaient pu être observés à cause des nuages), celui-ci n'a pu la comprendre dans ses équations de condition, et, par conséquent, la faire concourir à la détermination des éléments de ses Tables; il s'est assuré cependant qu'elle s'accordait d'une manière satisfaisante avec les Tables du Soleil, de Mercure et de Vénus.
La tliéorie de Mars, que Le Verrier a ensuite considérée, lui a présenté une difflculté analogue à celle qu'il avait rencontrée dans la théorie de Mercure. Ce savant calculateur a reconnu que, pour établir une concordance parfaite entre la théorie et les observations de Mars, il était nécessaire et suffisant d'augmenter le mouvement de son périhélie de (^) environ ; et la conclusion qu'il en a tirée a été la même que pour Mercure, à savoir qu'il devait exister dans les environs de Mars une quantité de matière encore inconnue, quantité qui, en s'ajoutant à la masse de la Terre dans la proportion de ^, augmentait la parallaxe solaire de la 24^ partie delà valeur admise, laquelle à cette époque était représentée parle nombre S'', 57. Des déterminatioQS récentes de la parallaxe solaire ont confirmé assez exactement ce résultat, carie nombre 8'',86" trouve par Foucault correspond à une augmentation de 5^ de la valeur ci-dessus, valeur qui est celle donnée par Encke.