L INTRODUCTION HISTORIQUE
Les observations sur lesquelles reposent ces nouvelles Tables de Mars sont empruntées au grand Ouvrage deM.Airy dont nous avons donné le titre plus haut, et aux publications annuelles de l'Observatoire de Greenwich, qui en sont la continuation ; elles s'étendent de lySo à i858. Le Verrier s'est encore servi des observations de la planète faites à l'Observatoire de Paris à partir de iSSy, observations dont il a entrepris la discussion et la réduction jusqu'en 1 858. Ces observations se rapportent aux années iSSj, i838, i856, 1807 et i858.
Ces Tables de Mars ont paru en 1 861, en même temps que celles de Vénus, et ont été immédiatement adoptées par les rédactions de la Connaissance des Temps ci du Nautical Alnianac.
Après avoir passé en revue le système formé parles planètes inférieures, Le Verrier s'est occupé des planètes supérieures et a fait successivement paraître des Tables fondamentales de leur mouvement.
La théorie des quatre dernières planètes présente des difficultés particulières, à raison de la grandeur des masses perturbatrices. Pour Jupiter et Saturne, la difficulté est encore accrue par un rapport de commensurabilité qui existe entre leurs moyens mouvements, et qui est tel, que cinq fois le moyen mouvement de Saturne est à très peu près égal à deux fois le moyen mouvement de Jupiter. Cette commensurabililé approchée a une influence considérable dans la théorie des deux planètes et produit les grandes irrégularités observées dans leur mouvement, irrégularités en vertu desquelles le moyen mouvement de la première planète semble s'accélérer lorsque le moyen mouvement de la seconde se ralentit, et réciproquement. L'importance de ces variations exige que Ton ait égard, dans la détermination de leurs coefficients, aux termes qui dépendent des puissances supérieures des excentricités et des inclinaisons, et même à ceux qui sont de Tordre du carré et du produit des forces perturbatrices. Le calcul de ces derniers termes est particulièrement laborieux et délicat, à cause de leur multiplicité. L'impossibilité de les calculer tous oblige à discerner dans leur nombre infini ceux dont les valeurs sont sensibles et ceux qui au contraire resteront toujours inappréciables; et celle distinction exige beaucoup de tact et d'habileté. Le Verrier, dans sa Théorie de Jupiter et de Saturne, considère en particulier les