LU INTRODUCTION HISTORIQUE
thodes et les moyens d'observation se sont davantage perfectionnés. Cette conjecture n'étant guère susceptible d'être vérifiée par l'observation, il serait à désirer que la théorie de Saturne fût reprise d'après une méthode différente de celle employée par Le Verrier et que de nouvelles Tables du mouvement de cet astre fussent construites avec tout le soin désirable. Peut-être alors trouverait-on l'explication de l'anomalie singulière dont nous parlons, et pourrait-on prononcer sûrement sur sa véritable cause (').
Les Tables de Jupiter et de Saturne de Le Verrier ont paru en 1876, dans le tome XII des Annales de C Observatoire de Paris; elles sont fondées sur les observations faites à Greenwich de lySo à i83o, de i836 à 1869 et sur celles faites à Paris de iSSj à
Les théories d'Uranus et de Neptune, qui complètent l'ensemble des recherches entreprises par Le Verrier sur le système des huit planètes principales, ont présenté des difficultés de même ordre que les théories de Jupiter et de Saturne; toutefois les observalions auxquelles on les a comparées se sont trouvées représentées ici avec une grande exactitude. Les difficultés dont nous parlons tiennent non seulement à la grandeur des masses des deux planètes, mais encore à un rapport très approché de commensurabllilé qui existe entre leurs moyens mouvements et qui est tel, en effet, que deux fois le moyen mouvement de Neptune, moins le moyen mouvement d'Uranus, est une- très petite quantité (304' environ). Celle particularité, analogue à celle que nous avons rencontrée dans le système formé par Jupiter et Saturne, rend connexes les théories des deux planètes, et introduit dans les éléments de leurs orbites des inégalités à longue période dont le calcul est
(*) Un savant îj/'omèlre snédois, M. H. Gyldèn, qui, dans ces dernières années, s'est livre à un examen approfondi des Tables de Jupiter et <le Saturne, a trouvé qu'on élaldirait une ronrordanro presque parfaite entre le calcul et l'observation, en appliquant à la longitude vraie de Saturne la correction empirique
— 3", 9 cos[i9''o8(/ — iSi7f9)]'
Le Verrier qui, en 1877, avait eu un moment la pensée de joindre à ses Tables de Saturne des Tables rectificatives, était parvenu k un résultat à peu prés identique. {V'^oir les Comptes rendus de l'Académie des ScienceSf 2* semestre, année 1873, p. S'ig.)