‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notesChapitre 59 sur 194 · SECONDE SECTION. LXXXIX · texte numérisé non relu

SECONDE SECTION. LXXXIX

Il faul remonter bien haut dans l'histoire du monde pour trouver la première connaissance du retour des éclipses. Si Ton en croit les historiens chinois^ c'est plus de 2000 ans avant notre ère que la première éclipse aurait été observée à la Chine. On lit, en effet, dans les annales de ce peuple, que deux astronomes, Ho et Hi, furent condamnés à mort pour avoir négligé d^annoncer une éclipse de Soleil qui arriva vers Téquinoxe d^automne, en Tan ai 55 avant notre ère. Ce fait, qui semblerait prouver non seulement que les Chinois ont connu la cause des éclipses à une époque quasi-diluvienne, mais encore qu'ils ét^aient en mesure d'en prédire avec quelque certitude le retour, a trouvé, nous devons le dire, de nombreux contradicteurs. 11 est bien vrai qu'une éclipse de Soleil ait eu lieu vers l'équinoxe d'automne à la date susdite, mais il est douteux que l'observation ait pu en être faite à la Chine, vu l'époque reculée à laquelle la tradition chinoise place cet événement. Il est plus vraisemblable d'admettre que les Chinois, jaloux de leur antiquité fabuleuse et voulant en reculer encore les limites, auront calculé postérieurement cette éclipse et l'auront insérée dans leurs annales astronomiques. On donne d'ailleurs comme certain que cette prétendue négligence des astronomes chinois ne fut qu'un prétexte pour l'empereur Tchong-Rong de se débarrasser de deux personnages influents qui, élevés par lui au rang des plus hautes dignités, avaient trompé indignement sa confiance, en s'alliant avec des ennemis de r£mpire et en conspirant contre la sûreté de l'État.

cl en 1^4» Téclipse annulaire du Soleil qui arriva le i" avril, bien qu'annoncée longtemps à Tavance, jeta une telle perturbation dans les esprits que l'aulorilr crut utile de publier Tavis suivant, que Ton trouve inséré dans la Gazette de France du lundi 19 mars 1764 : « Les curés tant des villes que des campagnes sont invités à commencer plus tût qu'à Tordinaire Toffice du quatrième dimanche du i^réme, à cause de Téclipse totale de Soleil qui, sur les 10^ du matin, ra- 'nèDerà les ténèbres de la nuit. Ils sont priés en même temps d'avertir le peuple que les éclipses n'ont sur nous aucune influence ni morale ni physique; qu'elles ne présagent et ne produisent ni stérilité ni contagion, ni guerre ni accidents funestes, ^^ que ce sont des suites nécessaires du mouvement des corps célestes aussi naturelles que le lever et le coucher du Soleil ou de la Lune. » Cette éclipse, que la ^^We de France avait annoncée par erreur comme devant être totale, n'était qu'annulaire et ne devait point, en conséquence, ramener les » ténèbres de la nuit ». ^I^Igré cela et la précaution que Ton prit d'en informer le public, elle ne laissa pas que d'effrayer beaucoup de monde.

Soccuox. — Astr. prat. g

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