‹ Traité d'astronomie stellaire (volume 2)Chapitre 108 sur 211 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

xMOUVEMENT PROPRE DU SOLEIL.

!• — Historique*

124. Les étoiles se meuvent, — Jusqu'au commencement du xviii® siècle les astronomes crovaient les étoiles immobiles dans l'espace; elles étaient pour eux des repères immuables servant à jalonner, sur la sphère céleste, la route du Soleil et des planètes; d'où le nom de Fixes qui leur avait été donné.

C'est seulement en 171 8 que cette immobilité fut mise en doute par Halley, pour Aldébaran, Sirius et Arclurus, dont les latitudes obtenues par Flamsteed lui parurent différer de celles d'ailleurs fort peu exactes qu'avaient laissées autrefois les astronomes d'Alexandrie (*). Quelques années plus lard, Jacques Cassini convertit ces doutes en certitude par la comparaison des positions d'Arcturus el de r, Bouvier obtenues en 1672 àCayenne par Richer avec celles qu*on déduisait des observations des mêmes étoiles faites récemment à l'Observatoire de Paris (2); tandis que la première étoile s'était, en effet, notablement déplacée par rapport à ' ecliptique iixe, la seconde avait conservé la même situation par rapport à lui.

11 était dès lors démontré que les positions de certaines étoiles sur la sphère céleste variaient d'une façon progressive : la pre-

C ■ ) E. Hallky, Considérations on the change of latitude of the principal ^^^^rs fixed stars (Philosophical Transactions of the Royal Society of Lon- <^o/i, vol. XXX, 1717-1719).

C^)J. Cassini, />€* variations dans la situation et dans le mouvement de <^iverses étoiles {Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris, pour 1738, p- 33i cl suîv.)'

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mière généralisation de cette conclusion est due à Tobie Maver (1760) que (*) la comparaison de ses observations, réduites à lySô, à celles du Triduum de Rœmer (1706) {^) conduisit à une liste de 80 étoiles accusant un mouvement propre certain. Seize ans plus tard Maskelyne apporta à ces vues une confirmation nouvelle par la discussion des positions obtenues par lui en 1767 pour ses 36 étoiles fondamentales et de celles qu'en avait données Bradley quelques années plus tôt ('), discussion qui lui décela des mouvements propres considérables, surtout dans 7 d'entre elles et des plus brillantes du ciel : Sirius, Castor, Procyon, Pollux, Régulas, Arclurus et Altaïr.

Enfin, en 1781, Lalande, dans l'examen de 2i3 étoiles du Catalogue de Flamsteed comparées aux positions données par Lacaille, trouve, parmi elles, /{i étoiles ayant un mouvement propre nettement accusé (*).

12o. Le Soleil se déplace, — En 1761, ces résultats étaient expliqués par Lambert qui, dans ses Lettres cosmologiques , disait : « L'attraction étend son empire sur tout ce qui est matériel ; les étoiles elles-mêmes gravitent les unes vers les autres et il doit inévitablement en résulter des déplacements » ; et plus loin, après avoir énoncé nettement la nécessité d'un transport du système solaire dans l'espace; il ajoutait : <( Les mouvements propres des étoiles sont dus à deux causes combinées, leur déplacement effectif et le déplacement du Soleil lui-môme (^), et il y aura peutêtre là un moyen de conclure vers quelle région dii ciel notre Soleil prend sa course. »

(•) T. Mayer, De motu Jixarum proprio commentatio (Mémoire lu à l'Acadéinic de Gottingue, en janvier 1760; imprimé sculemenl en 1775).

{•) C'est ainsi qu'on appelle la liste des étoiles provenant do trois jours d'observation de Rœmer, les seules de ses nombreuses observations qui aient été sauvées lors du grand incendie de Copenhague en 17.^7; les observations de son successeur Ilorrebow ont été perdues en même temps.

(•^) Astronomical observations made at the Hoyal Observatory of Greenwich, vol. I, p. 9.

(*) Lkfrançais de [-.alande, Mémoire sur la quantité de la précession des équinoxes dans Paris {Histoire de t' Académie des Sciences, avec les Mémoires de Mathématiques et de Physique tirés des registres de cette Académie, i«'9<)-

{'-') Lettres cosmologiques, p. 171 et ^iG; 17G1.

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