‹ Traité d'astronomie stellaire (volume 2)Chapitre 115 sur 211 · CHAPITRE VII. — MOUVEMENT PROPRE DU SOLEIL. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — MOUVEMENT PROPRE DU SOLEIL. I

il utilisa dans le même but les trente-six étoiles de la Table des mouvements propres de Maskelyne.

Quant à leurs distances relatives, Ilerscliel les déduisait des rapports qu'il avait obtenus pour leurs éclats; elles sont, pour les six étoiles principales :

Sirius 1 , 00 La Lyre i , 3o

Arcturus i,'20 Aldébaran i,4o

La Chèvre 1,2 5 Procyon 1,40

1.6 résultat final de ses longs calculs est le suivant : « Dans Tétat actuel de nos connaissances sur les mouvements propres observés des étoiles, nous avons des raisons suffisantes pour assigner au rléplacement annuel du Soleil, tel quil serait vu par un œil placé à la distance de Sirius sur un rayon perpendiculaire à sa direction, la valeur angulaire de

avec une erreur moindre que o",i5. »

130. Résumé. — Tels sont les résultats des travaux de W. Herscliel sur le déplacement du système solaire dans l'espace ; nous les avons analysés en détail parce qu'ils ont un intérêt historique considérable et qu'en outre les principes adoptés par lui comme bases de ses déterminations sont ceux sur lesquels se sont appuyés lous les astronomes qui se sont occu])és, après lui, de cette question; les perfectionnements apportés par eux se rapportent seulement aux méthodes de calcul qui leur ont servi pour la mise en ceuvre des nombreux matériaux nouveaux que le temps avait mis à leur disposition.

131 . Objections de BesseL Sa méthode. — Mais les conclusions d'Herschel furent loin d'être tout d'abord généralement admises. Ainsi, en 1818, l'une des plus hautes autorités astronomiques de l'époque, Bessel, s'exprimait ainsi (*) :

Ki La théorie des mouvements propres nous est encore complètement inconnue, et je crois que de longtemps nous ne ferons pas beaucoup de progrès dans celte voie ; à la vérité, on ne peut mettre

(') Fundamenta Astrononiiœ, p. 3o8 et suiv.

UJ2 TRAITà d'astronomie STELLAIRE.

en Joule que, en vertu de leurs attractions réciproques, le Soleil et les étoiles fixes ne soient animés de mouvements particuliers; mais les mouvements apparents sont de tel ordre et les choses sont actuellement telles, que nous ne connaissons que leur premier coefficient différentiel, d'ailleurs assez erroné pour qu'il ne soit pas possible de les séparer Tun de Taulre. Herschel o soupçonné que le Soleil avait un mouvement particulier dirigé vers le ))oint d'^ = 246" et de Décl. =-f- 5o'', point de convergence des directions de plusieurs mouvements propres. Mais mes recherches, basées sur un nombre beaucoup plus grand de mouvements propres, n'ont point confirmé cette vue; si beaucoup d'entre eux paraissent en effet converger vers une région déterminée de la sphère, il en reste toujours un trop grand nombre qui sont tout à fait en dehors de celte condition. Quoique nous ne puissions rien en tirer de positif pour la théorie des mouvements propres, je pense néanmoins proposer aux astronomes la mélhode de recherche suivante. »

Si Ton considère le mouvement de chaque étoile comme s'effectuant suivant un grand cercle, il est facile de déduire des variations doL et do des coordonnées de l'étoile la position de celui des pôles de ce grand cercle d'où l'on voit son mouvement s'efiecluant toujours de la droite vers la gauche; soient a et d les coordonnées de ce pôle et ds l'arc parcouru par l'étoile sur le grand cercle, on aura en effet (*)

ds cos^cos(a — a) =' — r/a coso sino,

ds cosrfsin (a — a) = -+- </o,

ds sin r/ — -h di. cos* 0.

Si les mouvements propres slellaires étaient purement parallactiques les points «o, ^i, «^2» ••• ainsi obtenus seraient sur l'équateur parallactique. En réalité il n'en est pas ainsi; mais en raison (le Teflet de direction générale dii à l'existence du mouvemenl [)arallactique, il doit néanmoins y avoir parmi eux une zone de «condensation permettant de tracer le grand cercle qui se rapproche le plus de leur ensemble.

(') II résulte de ces formules que deux étoiles antipodes ont le même p»*»!»pour des mouvements diamétralement opposés.

Page 1