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CHAPITRE I. — OBJECTIFS ET MIROIRS. IQ

On voit par là que « si l'intensité des maxima diminue très rapidement, à tel point qu'elle n'est pas le cinquantième de celle du centre pour le premier anneau, ni le cinq-millième pour le huitième, la distribution de la lumière suit une loi toute différente ; la quantité de lumière répandue sur le premier anneau atteint presque le dixième de celle de la tache centrale, et elle diminue lentement sur les anneaux qui suivent; la somme totale de lumière relative aux différents anneaux est supérieure au septième de celle qui existe sur la tache centrale », et elle est le huitième de l'intensité totale.

6. Pouvoir séparateur. — Un objectif ou un miroir quelconque ne peut donc donner de deux points lumineux des images entièrement distinctes l'une de l'autre, qu'à la condition que les solides de diffraction qui leur correspondent ne se superposent point sur le plan focal, tout au moins dans les parties où ces solides comportent une action visuelle sensible. En d'autres termes, il existe pour chaque instrument une limite angulaire, le diamètre du disque lumineux central qui correspond à son ouverture, audessous de laquelle les images focales de deux étoiles d'éclat déterminé sont plus ou moins confondues.

La puissance de séparation d'un objectif ou d'un miroir, pour deux étoiles voisines, est donc en raison inverse du diamètre angulaire de la tache lumineuse centrale; sa mesure est donnée par

Elle est proportionnelle, toutes choses égales d'ailleurs, à l'ouverture, c'est-à-dire au diamètre de la portion circulaire laissée libre de l'objectif ou du miroir. C'est ce qu'en i856, après trentecinq années de mesures micrométriques de distances d'étoiles doubles avec plusieurs instruments d'ouvertures différentes, l'astro- Dome anglais Dawes, en énonçant le premier la loi précédente, a Bp^e\é pouvoir séparateur de l'ouverture employée (*).

(*) Catalogue of micrometrioal measurements of double stars, by ihc Rcv. W.-H. Dawes {Memoirs of the Royal Astronomical Society, vol. XXXV, p. i58; i856).

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Trois ans plus tard, lors de ses belles recherches sur la coiislruclion des télescopes, Foucault, retrouvant la même loi d'une façon tout à fait indépendante et par un autre procédé, donnait à cette grandeur le nom de pouvoir optique ( * ).

Numériquement, le résultat des travaux, de Dawes est le suivant : <( J'ai trouvé, comme un fait constant, qu'un pouce d'ouverture sépare juste une étoile double composée de deux éloiles de sixième grandeur, si la distance des cenlres est de 4^^,56, les circonstances atmosphériques étant assez favorables »; ce qui revient à dire qu'une ouverture de lo*"™ sépare juste deux étoiles de sixième grandeur distantes de

La formule donnée plus haut (u** 3), appliquée à la longueur d'onde de la partie lumineuse la plus interne du spectre de réfraction, conduit pour cette distance limite au nombre beaucoup plus grand

Mais il n'j a, dans cette différence, rien qui puisse infirmer la théorie, puisque la limite de séparation va évidemment en augmentant avec l'intensité du point lumineux ou la grandeur de l'étoile; et, en tenant compte de ces deux effets, on voit que les deux données sont sensiblement concordantes.

Dans la pratique, le nom de pouvoir séparateur a prévalu, mais on ne lui a pas conservé son sens théorique; on définit le pouvoir séparateur d'une façon plus expressive par la distance angulaire limite que Touvertiire permet de séparer.

De plus, dans la recherche des étoiles doubles, on ne s'astreint pas à la condition de tangence des deux disques centraux; rallongement de l'image focale, produit par l'empiétement de ces deux disques, est une preuve suffisante de duplicité: de sorte que, <lans ce cas, on peut, comme l'a fait M. Mascart, réduire le pouvoir séparateur à la moitié du nombre de Dawes; ce qui correspond au cas où le bord du disque de Tune des étoiles du couple passe par le centre de l'autre.

(') Lkon Foucault, Mémoire sur ta construction des télescopes en verre argenté {Annales de l'Observatoire de l'aris, vol. V, p. ii() cl suiv.; iHjg).

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