CHAPITRE I. — OBJKCTIFS ET MIROIRS
7. Constante de séparation, — Ce qui précède explique le nom de constante de séparation donné à la conslanle C du n° 3, qui définit, pour une longueur d'ondulation déterminée, les phénomènes de diffraction produits par un objectif ou un miroir quelconque; ses valeurs pour les différents rayons du spectre sont
les suivantes :
Rouge, raie A 0,760 i,974 4,«
Îraic D 0,589 i,495 3,o
maximum d'intensité lumineuse .. . 0,571 i}449 '^1^
raie 61 o,5i8 i,3i4 '->,<>
Bleu, raie H ^»397 ' î"07 2,0
Uhra-violet, raie P o,336 o,853 i ,8
Elles varient de plus du simple au double, de l'extrémité rouge du spectre au milieu de sa partie ultra-violette, et, par suite, le pouvoir séparateur d'une ouverture déterminée augmente de plus du simple au double dans les mêmes limites. Suivant le langage adopté, on dira que le pouvoir séparateur d'une ouverture de lo^™ a, pour ces différentes sortes de rayons, des valeurs (colonne 3 du tableau précédent) qui varient de /\\o pour les rayons rouges à i'',8 pour la portion ultra-violette moyenne. Ces considérations ont évidemment leur importance dans l'observation des étoiles doubles colorées; mais ce n*est pas le cas le plus fréquent, qui est celui de deux composantes jaunâtres ou blanches : en général, donc, dans l'observation des étoiles doubles, on peut admettre que le pouvoir séparateur d'un objectif de 10 estdc(*)
(*) Un autre fait important à signaler est relui qu'ont démontré les comparaisons faites par Burnham de ses mesures prises successivement sur les mêmes composantes d'un système binaire serre avec l'objectif de o",38 de Tobservatoire de Chicago, à celles prises avec l'objectif de o'»,9r de l'observatoire I.ick, au sommet du mont Hamilton. Les distances mesurées avec l'objectif de moindre ouverture ont toujours été trouvées plus grandes qu'avec l'autre. Cette différence, dont il faut évidemment tenir compte dans la combinaison des mesures individuelles. est une conséquence immé<Iiate de la théorie. Avec des étoiles faibles, le disque centrai donné par une grande ouverture est toujours beaucoup plus petit qu'avec ane ouverture moindre, et, par suite du procédé de mesure, les distances de deux disques voisins et souvent en partie confondus paraissent nécessairement plus randcs.
cm
8. Viiliiit des instruments de grande ouverture, — A la distance de l'étoile la plus voisine de nous, cet angle correspond à une longueur sensiblement égale à la distance moyenne du Soleil à la Terre; d'un autre côté, le système stellaire double le plus voisin de nous, système que nous n'avons aucune raison de croire bien différent de la moyenne de tous les systèmes stellaires doubles, est tel que la distance des étoiles qui le composent varie entre .\ et 28 rayons de l'orbite terrestre : leur distance angulaire varierait donc entre 4" et aS", si le plan dans lequel elles se meuvent était perpendiculaire au rayon visuel. Transportons ce système à la distance limite des étoiles visibles à l'œil nu, c'està-dire, d'après W. Struve, neuf fois plus loin, les distances angulaires précédentes deviendront o", 44 et s>/',55; remarquons d'ailleurs que, dans Timmeuse majorité des système doubles, le plan de l'orbite sera plus ou moins incliné sur la direction du rayon visuel correspondant, qu'en conséquence il convient, pour rester dans les données de la pratique, de prendre le quart du plus petit des nombres précédents comme distance angulaire moyenne de la plus courte distance apparente des composantes d'un système stellaire double situé vers les limites de la visibilité à l'œil nu.
En d'autres termes, l'étude complète de tous les systèmes stellaires doubles visibles à l'œil nu, et ce n'est là qu'une faible partie de tous ceux que renferme notre nébuleuse, exige que l'on puisse distinguer l'un de l'autre deux ])oints lumineux, deux étoiles dont la distance angulaire rie surpasse guère un dixième de seconde; elle exige donc un instrument de un mètre d'ouverture. Telles sont les considérations qui, pour ce genre d'observations, ont conduit à la construction de lunettes ou de télescopes de très grande ouverture.